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  • Le 19, Crac Montbéliard 17 mai > 24 août 2014

    Buenos Aires Paris-marseille Carlos Kusnir

    Buenos Aires noir et blanc Jean-Pierre Bertrand

    Passages zurichois Atelier Wolfensberger

    Les Cahiers 2014 - n°2

  • Pu bL

    iC at

    io n

    s

    visites au 19

    autour des expositions

    • Le rDV Des profs et Des AnimAteurs spécial enseignants, animateurs et responsables asso- ciatifs. l’équipe du service des publics est disponible dans l’exposition pendant l’heure du déjeuner. n’hésitez pas à venir préparer vos visites !

    > Mercredi 21 mai entre 12h et 14h, entrée libre.

    • CLuB sAnDwiCh ViDéos une séléction de vidéos d’artistes à l’heure du déjeuner, le dernier mardi du mois. Pensez à réserver vos sandwichs par mail (agoetz@wanadoo.fr) ou par tél : 03 81 94 43 58. sandwichs : 2 euros

    > Mardis 27 mai et 24 juin - 12h30-13h30, entrée libre.

    • éCLAirAge#1 : Conférence “Buenos Aires, une modernité précaire” Philippe cyroulnik proposera une découverte de la scène artistique argentine en l’intégrant à son contexte histo- rique, culturel et politique.

    > Mardi 3 juin à 18h30, entrée libre.

    a ProMise of Change 14,8 x 21 cm - 32 pages

    8 euros texte : alain coulange

    édition : le 19, crac

    DoMinique Dehais Zone de production

    naissance d’une automobile

    14,8 x 21 cm - 134 pages 20 euros

    textes : p. cyroulnik, d.dehais, e. hermange

    et entretiens coédition : le 19, crac

    et vo éditions

    jean-MarC thoMMen a main levée

    17 x 24 cm - 64 pages 15 euros

    entretien : p. cyroulnik et Jm. thommen

    coédition : le 19, crac et le vog

    • Les matinées jeunes pubLics Visites/ateliers pour les enfants 4-12 ans au 19, les mercredis de 10h à 12h

    > 28 mai, 11 juin, 20 août et tous les mercredis du mois de juillet ces visites et ateliers sont proposés à tous les enfants qui souhaitent exercer leur regard et s’initier à une pra- tique – entrée libre, sur réservation, un minimum de 2 personnes inscrites est nécessaire.

    Les aCtivités Du serviCe Des PubLiCs

    • Visites des expositions, au 19 à 15h30, entrée libre > dimanche 18 mai, 22 juin

    dimanche 13 juillet, 24 août

    • Les Visites de groupes (enfants et aduLtes) Visites et ateliers Main-a-La-Pate des rencontres découvertes au plus proche des œuvres d’art. adaptées à tous publics sur réservation – entrée libre.

    Pour toute demande de renseignements, résevations ou pour préparer une visite, n’hésitez pas à contacter l’équipe de médiation au 03 81 94 13 47 ou jmboizeau@ orange.fr

    nez ànez

  • Les aCtivités Du serviCe Des PubLiCs

    Buenos Aires noir et blanc

    Jean-Pierre Bertrand

    Buenos Aires Paris-marseille

    Carlos Kusnir

    Passages zurichois Atelier Wolfensberger

    17 Mai > 24 août 2014

    il y a 42 ans, Jean-pierre Bertrand faisait un voyage à buenos aires comme opé- rateur sur un film consacré à borges. du- rant ce séjour il traversa la ville en taxi caméra au poing, filma borges le temps d’une rencontre et envisagea même de s’installer dans la pampa, paysage sans fin où le réel se dissout jusqu’à devenir fantomatique. il en ramena un matériau filmique et photographique exception- nel. comme il le fait souvent, Jean- pierre bertrand a choisi de pratiquer une remise en situation par un travail de composition et de mise en espace où il fait défiler les images fixes des pages d’un bottin, conçoit un environnement vidéo et constitue un bloc photogra- phique qui rompt avec la linéarité de la temporalité filmique dont il est issu. il met en forme une dialectique de l’ombre et de la lumière, un art décalé du cadrage au profit d’un va-et-vient entre suspens et mouvement du temps.

    il y a 42 ans, Carlos Kusnir quittait buenos aires pour un premier séjour en europe. il allait s’y installer définitivement à partir de 1979, d’abord à paris, ensuite à marseille. son travail l’amène à des passages fréquents à Zurich. de sa ville d’origine, il a gardé l’art de faire d’un rien un petit monument de peinture, de pra- tiquer le mélange des genres et de jouer le mineur pour faire de l’art majeur.

    buenos aires lie ces artistes aux pra- tiques si différentes dans un double mouvement : - ce que l’un a emporté de sa ville : une façon de donner ses lettres de noblesse à l’incongru, de donner un ton aux images et de la couleur au son, d’arra- cher les choses à leur ordinaire et de mettre en forme un art d’arranger les restes. - ce que l’autre a trouvé dans cette ville : un temps suspendu, un réel évanescent, une ville énigme et labyrinthe, inscrite dans le regard d’un écrivain. Quelque chose de la rémanence fugace d’une splendeur passée et les indices d’un désastre, une façon de faire se percuter l’instant et l’éternité, un art d’entremê- ler le présent et le passé.

    depuis quelques années, carlos kusnir, dans le cadre de séjours réguliers, travaille étroitement avec le lithographe thomi wolfensberger à Zurich dont l’atelier existe depuis le début du siècle. afin de prolonger cette collaboration dans l’exposition nous l’avons invité à présenter un choix d’estampes produites par son atelier.

    en fond : carlos kusnir, Sans titre, 2002, acrylique sur bois, collection Fonds communal de la ville de marseille

  • l’exposition de Jean-pierre Bertrand se déve- loppe en deux lieux et quatre œuvres.

    dans un premier espace : Borges/Buenos Aires est une traversée visuelle de buenos aires vue de la fenêtre d’une voiture. une ville en noir et blanc, floue comme le mou- vement de la mémoire, entre l’instantané et le flashback. une traversée d’où surgissent l’espace d’un instant des anonymes. ils sont les figures fugaces d’un traveling urbain qui emporte dans son mouvement ces fragments de vie et ces personnages dont il ne reste qu’un contour si flou qu’on reste en deçà de l’identité. la ville y devient un espace fanto- matique sur la ligne de crête entre apparition et disparition. le film se clôt sur la figure mutique de Jorge luis borges ponctuant son attente d’un mouvement de sa canne. il n’est pas sans rappeler cette mécanique du temps dont parlait baudelaire. cette mécanique, il l’accentue en jouant de la répétition de cette scansion du temps ponctuée par le va-et- vient de la main et la canne de l’écrivain.

    en vis à vis : Ceux de Buenos Aires, une nou- velle version en diaporama de pages de bottin reconstituées où se succèdent des listes d’abonnés du téléphone de la ville. il donne à voir une suite de noms sans corps et de lieux sans récit ; des anonymes englou- tis dans la succession de noms sans identité et de rues invisibles. un topos et une énu- mération dissous dans le mouvement même de leur apparition. déjà visibles mais pas en- core vraiment lisibles. comme des signes de persistances qui font retour à la surface du visible. des noms engloutis dans une typo-

    Buenos Aires noir et blanc Jean-Pierre Bertrand

    Ceux de Buenos Aires, diaporama

  • Une seconde de Buenos Aires, photos extraites de film

    graphie. ces listes sont comme des ombres qui portent en elle l’écho d’un présent déjà passé. cette litanie textuelle configure autant de présences que de disparitions passées ou à venir. des listes comme des annonciations ou des rappels. des dibbouks de l’urbanité, des fantômes de l’histoire.

    en contre point : Une seconde à Buenos Aires, série de photos qui, tirées du film, s’en séparent et permettent aux personnages d’advenir comme figures d’une scène, à la lisière d’un mouvement qui les déporte au-delà de l’image. non dans une immobilité qui fixe leur passage, qui fait se détacher la scène de l’histoire, mais comme des figurants dont l’histoire et le hors champ sont irré- ductibles. des personnages au bord de la disparition. une échap- pée de la petite histoire mais qui peut évoquer la grande. elle apparaît comme un arrêt dans la marche vers une catastrophe ou un suspens au bord de la dissolution dans la banalité de l’ordi- naire.

    dans l’autre espace : Avenida Corrientes, en quatre faces, le même film projeté avec chaque fois un léger différé et un ca- drage de l’image qui donne simultanément une impression de quelque chose de familier et un étrange sentiment de décalage. Quatre perspectives traversées de personnages semblent faire irruption de nulle part sans qu’on ne sache vers où ils vont. nous sommes plongés dans une situation où le réel est à la fois révélé et corrodé par les contrastes de l’ombre et de la lumière. mais, plus encore, l’effet simultané de répétition et de différenciation engendré par le différé produit une déconnexion relative de l’image au réel. les passants y sont quasiment des ombres dé- coupant, le temps d’une traversée, un espace saturé de lumière.

    jean-pierre bertrand est né en 1936. il vit et travaille à paris. artiste majeur de la scène artistique frança

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