fables de lessing

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FABLES

DE LESSING,MISES EN VERS.'

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2010 with funding fromUniversity of

Ottawa

http://www.archive.org/details/fablesdelessingOOIess

H

1

FABLES

DE LESSING,MISES EN VERSr^^ET DEDIEES'^

"^-^^

1

A SON ALTESSE ROYALE ET MINENTISSBE

/

MONSEIGNEUR LE PRINCE PRIM^,grand-duc de francfort;

ParMEMBRBASSOCI

m.

GRTRY neveu,

d'mulation de eige, et de

DU MUSEUM DE FRAKCFORT, DE EA SOClfxi e' athne de vauceuse.

PARIS,^M. FLAMAND,beau-frre de l'Auteur, qua Voltaire, n.i.

) BELIN, quai des Augustins, n. 55. Chez < j^ebr^y, rue Saint-Honore', vis--vis \ Et LAHU rue du Coq no. 4,,

celle

du Coq.

DE L'IMPRIMERIE DE BERTRAND-POTTIER.l8ll.

..

y

i

^Ur^

PRFACE.

fle

JUEL

sentiment douxftitigu,

et consolint

prouve

voyageur

lorsqu'aprs avoir paret aride,

couru une plaine longue

ses

yeux

se reposent enfin sur le verdoyant

ombrage

d'un bouquet de peupliers

!

Qu'on

me

par-

donne

cette

comparaison

,

mais ce fut

le sen-

timent que j'prouvai la lecture des fables

de Lessing, puisquede

,

passionn pour ce genre

littrature, je croyais, aprs les

charmantes

productions des abbs Lernoiuiier et(

Hubert

se taire sur

La

Fontaine ^

c'est le

nommer);

je croyais, dis-je,

ne pouvoir plus rencontrerEchaufla re-

de

fabuliste ingnieux et naturel.,

par cette lecture piquanteconnaissance quej'ai

anim par

voue Son Altesse

,

6

PREFACE.le

Royaledonc

Grand-Duc de Francfort

,

je pris,

aussitt la rsolution

de donner

dans

notre langue et par le secours de la posie

une

existence des fables dignes de figurer

dans notre rpertoire de mensonges ncessaires et

moraux.

Ce

n'est

que hriss ded'abord

difficults

,

que ce

travail s'ofrit

mondu

imagination.

hessing , qui, dans ses conceptions dramatiques, a

mis toute

la force

style, tous les,

degrs de l'intrt le plus attachant

qualitslit-

qui

le

rangent dans la classe des premiers

trateurs

de son pays, a cru devoir revtir

ses fables d'un laconisme

que

les ressources

prolixes de notre langue

me prsentaient d'unemots,

manire effrayante

;

%q?>

si

l'on

peut

s'exprimer ainsi, sont clous sur ses penses.J'avais lutter contre ce laconisme,

jug

si

ncessaire par Lessingj et c'est en

me

rapro,

chant presque toujours du sens

littral

que

PRFACE.j'ai

r

essay de le respecter. Ai-je russi?efforts,,

Quecri-

mes

du moins

,

me

tiemient lieu de

talent

et

me

servent dsarmer

mes

tiques.

Ce

fut jeune encore

que Lessing composa,

ses fables;

on peut

le conjecturer ainsi

la

lectureet

de

celle qui

ouvre

le livre

premier,

dans laquelle, se mettant en scne avec lail

Muse de la Fable,par cettequ'il s'excuse,

se laisse

nommer colier

dit. C'est

encore dans cette fable

avec autant d'adresse que de

modestie, d'avoir prfr la prose la posie

pour ce genre de

travail.

Traducteur ou imij'ai

tateur, et quoiqu'crivant en vers,

d

suivre Lessing dans les raisons qu'il a all-

gues ce

sujet. C'est ici le

moment de m'ac;

cuser de quelques infidlits

elles

ont t

motives par des personnalits que Lessing alaiss chcipper et

qui pouvaient bien int-

s

PRFACE.compatriotes,

resser ses

mais

quisel.

,

parmi

nous, auraient perdu tout leur

Je

me suis;

mme

permis de passer

trois

de

ses fables

Tirsias , les Furies ^ le Corbeau j et lesrateurs allemands,

litt-

je l'espre

^

me

sauront

gr de

mon

silence.

Une dcouverte plus intressante nous fl-appedans la premire fable de Lessing:c'est

l'hom,

mage tous

qu'il

rend au prince des fabulistes

notre divin La Fontaine.les crivains

En

cela,

il

ressemble

qui se sont exercs danslittrature:

cette partie

aimable de la

de mme,

avant de toucher

le seuil sacr

du temple de

Delphes, on commenait par invoquer Apollon.

Je ne puis

rsister ici

au dsir de

citer

encore F abb hemonnier-^santtais!

mortel intresfois,

Je ne

l'ai

entendu qu'une

j'-

dj priv de la vue; j'aurais lu, sans

doute, dans ses traits, cette

bonhomie franche

,

PRFACE.et

9crits.

piquante la

fois

qui rgne dans ses

Voici ce qu'il dit en parlant de l'immortelnarrateurce:

Avec du

gnie

,

une me grande leve,

et hardie, Corneille.y>

on fera une belle scne

Avec du,

gnie,

comme une me tendreon mar-

et sensible

une

oreille dlicate ,

chera sur les pas de Kacine.

Avec du gnie,onse mettra

y>

du got

et

de la patience

,

ct de Boileauj

mais

La

Fontaine!,...tait

Avant sope,

le;

pays des fablesprit

une

friche y^

immense Esope enmeilleur sol:

une portionil

il

prit le

(il choisissait),

le

mit en valeur

cette

terre tait

neuve

bonne

rcolte. Phdre., ensuite,:

laboura les

sillons ' sope fin

belle moisson encore.s'est

En-

La;

Fontaineil

empar de leur hrijardin dlicieuxfruits....:

tage rit

en a

fait

unde

va-

de fleursd'un

et

Il

a clos ce

jardin

mur;

sur la porte est crit:

io

.

PRFACE.ici ,

promenez-vous

mais ne touchez

rien.

Et dans un autre endroit, onlogue charmantcf:

lit

cet apo-

Un hommeles

eut,

un:

fils.

Une

fe, prsente

a

sa naissance

dit

Cet enfant sera clbre

dans;

courses de chevaux et par ses voyalui

^t%^5

jeil

ferai prsent

d'une monturel'enfcint

quand

sera grand.

Ds que

put

se tenir

cheval, le pre;

l'instruisit

dans

l'art

de l'quitation

tous les prceptes lui

furent cent fois rpts. >}

La

fe arrivaail:

avec

son prsent;

c'tait

un cheval;

le

je^me:

homme saute dessus le pre lui crie Oublie, mon fils, oublie toutes mes leons,bienet laisse-toi

saisis les crins, tiens-toij)

emporter. L'enfant s'appelait

La

Fontaine;

Pgase

tait sa

monture.

:>j

Messir,

Ivccteurs feront sans doute , avec plai:

une remarque singulire

c'est

que plu-

,

PRFACE.sieurs fables

11

de Lessing peuvent servir d'a,

vant-propos

de

suite

,

et

mme

de correctif

celles de La Fontaine. Cet empressement se

rapprocher d'un modle inimitable doit nousintresser dans le Pote

Allemand

,

et

nous

prouver quel pointrite

il

rendait justice au

m-

du Fabulisteil

Franais. Il a nglig sou-

vent,

est vrai

,

de

faire suivre

ou prcder;

ses fables

par un

trait

de moraleles

condition

presque rigoureuse quese sont

autres crivains

impose

:

il

est

prsumer que cettele

ngligence entrait dansqu'il s'tait trac.

plan de laconismeses fables,,

La morale dedela pice

quelquefois

un peu

trop nigmatique;

est

dans

le sens

mme,

elle

prend

parfois

aussi

une tournure trop pigram-

matique. Plac entre ce double cueil,qualit de traducteur

ma

me fera-t-elle

pardonner

d'avoir cherch franciser la manire alle-

mande de

Lessing

,

en terminant presque

,, , ,

12

PRKFACE.untrait

toutes ses falDles par

moral, mais quis'est

toujours suggr par son gnie,

prsent

chaque

fois

et

naturellement et

ma plume?

renferm en deux,

mme