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Textes des dlgus de l'preuve d'criture journalistique aux Jeux de la communication Infopresse

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  • REN PICARD

    LART ENGAG ?DPASS,

    Sherbrooke samedi 5 mars 2011 102e anne n12 LEADER DE LINFORMATION RGIONALE 1,85 $ taxes en sus latribune.cyberpresse.ca

    Lart engag aurait-il retrouv ses lettres de noblesse? Alors que certains avaient annonc la mort du phnomne, le gaz de schiste, le sisme en Hati ou mme le lock-out au Journal de Montral ont sembl faire renatre la flamme de lengagement chez les artistes du Qubec. Voyons-nous clore une nouvelle gnration de Lveille, Vigneault, Ferland, Vigneault et autres Charlebois, ou sagit-il dune simple parenthse un dsillusionnement gnralis? Regards sur lart engag, version 2011.

  • 2 / Actualits 2

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    SIMON-OLIVIER LORANGEJEUX DE LA COMMUNICATION INFOPRESSE

    SHERBROOKE Essouffl, lart engag? Peut-tre. Mort? Certainement pas!

    En ces pages, neuf jeunes journalistes se penchent en 1000 mots sur la question de limplication citoyenne au sein de la communaut artistique francophone qubcoise et canadienne. Chacun leur manire, ces reporters ont tent de dve-lopper un filon de ce thme plutt complexe.

    Mais malgr neuf repor-tages bien distincts, une ligne directrice semble se dessiner : les artistes ont vu dans les annes 2000, sinon dans la dcennie prc-dente, un ralentissement dans la prise de parole, de position.

    Or, malgr ce constat, il ressort galement quun vent nouveau semble souf-fler sur un phnomne qui, il y a 30, 40 ans, mobilisait tant de gens.

    * * *Dfi lanc, dfi relev.

    Emprisonns trs tt jeudi dernier dans un bureau pour un rallye de recherche et de rdaction de 9 heures, chacun des participants de lpreuve dcriture journa-listique aura su mener bien son reportage. Ont alors t

    interviews une multitude dintervenants, avec au premier chef Biz, rappeur du groupe Loco Locass, et Christian Vanasse, comdien et humoriste notamment connu pour son implication au sein du groupe Les Zapartistes.

    Par leur gnrosit, tous deux apportent la rflexion un clairage qui enrichit les textes produits. Difficile, donc, de ne pas les remer-cier pour le temps quils ont accord nos scribes.

    En outre, qui dit preuve dit ncessairement juges. Sonia Bolduc, Mario Clou-tier, Simon Kretz et Odile Tremblay ont donc aima-blement accept dvaluer le travail des dlgus.

    Sonia Bolduc est jour-naliste au quotidien sher-brookois La Tribune depuis 1998. Pendant 9 ans, cette diplme en rdaction et communication de lUni-versit de Sherbrooke sest consacre la couverture de lactualit sportive, tant mme pendant 4 annes lune des rares femmes dans la province occuper le poste de chef de ces pages reconnues plutt machos. Elle fait aujourdhui des reportages dans une pers-pective plus gnraliste, et ce, dans toutes les sections du journal.

    Mario Cloutier est chef de division, arts et cinma, au quotidien La Presse. Dtenteur dun baccalau-rat en cinma de lUni-versit Concordia et dun autre plus gnraliste avec mineure en journalisme lUniversit Laval, il a fait ses dbuts dans la presse quotidienne comme pigiste avant dentrer pour de bon au Devoir. Il y travaillera comme journaliste artis-tique puis comme corres-pondant parlementaire, rle quil poursuivra ensuite La Presse, avant de joindre en 2006 lquipe des arts.

    Chef de pupitre et adjoint au directeur de linforma-tion La Presse, Simon Kretz a lui aussi fait un dtour par le monde des sports avant de revenir vers les nouvelles gn-rales. Rdacteur en chef du magazine Go Plein Air de 1994 2000, ce diplm de lUniversit de Montral en histoire et sciences poli-tiques fera par la suite ses dbuts au pupitre de La Presse et deviendra chef de pupitre en 2004, poste quil occupe toujours.

    Odile Tremblay est quant elle critique, jour-naliste et chroniqueuse au quotidien Le Devoir depuis 20 ans. Dtentrice dun baccalaurat en ethnologie

    Nous serions bien ingrats de ne pas saluer le dvoue-ment et la gnrosit de lquipe du pupitre de La Tribune, qui a donn de son temps tard jeudi soir pour mettre en page les fruits du travail des parti-cipants.

    Pensons ici Marie-ve Girard, graphiste, qui a adapt la maquette du journal pour le format rduit des Jeux de la communication et qui a conu la une.

    Merci galement Josiane Guay, Jonathan Custeau, Bernard Custeau, Mlanie Nol et Cynthia Beaulne pour leurs talents de pupitreurs et leur colla-boration spontane au projet.

    Ceci naurait par ailleurs jamais t possible sans la bndiction de Maurice Cloutier, rdacteur en chef, qui a gracieusement accept de prter les instal-lations de La Tribune pour le montage du journal.

    Pas fort, mais pas mort

    Merci La Tribune

    de lUniversit Laval, elle avait auparavant travaill pendant 10 ans comme pigiste.

    Enfin, comme un bon texte nest rien sil ne fait pas preuve dune qualit de la langue irrprochable, mentionnons la collabora-tion de Joanie Dub titre de rviseure. Frachement diplme de lUniversit de Sherbrooke en communi-cation, rdaction et multi-mdia, elle a cr lanne dernire sa propre entre-prise, Oil Communication, spcialise en rvision linguistique et rdaction stratgique.

    * * *Notre but tant de lancer

    un dfi la fois stimulant et amusant aux partici-pants de lpreuve dcri-ture journalistique, nous esprons que tous les jour-nalistes dun jour ont trouv leur compte dans la formule que nous leur proposions cette anne.

    Dans tous les cas, spci-fions que le rflexe de remettre son texte quel-ques secondes de lheure de tombe est dj acquis par plusieurs dentre eux, signe que de grandes carrires sont ici prvoir...

    Bonne lecture!

  • Actualits/ 3 Sherbrooke sam

    edi 5 mars 2011 - L

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    ne

    3

    GABRIELLE LEFORTUNIVERSIT CONCORDIA

    SHERBROOKE Quand on parle de musique engage, un nom clipse souvent les autres : Loco Locass. Depuis plus de 16 ans, le groupe dfend firement la franco-phonie, lindpendance du Qubec, et les mouvements sociaux. Avec des paroles comme Jte ldis carr, catgorique / Jean Charest, Mike Harris : mme combat, mme charisme / Mme kermesse des biens et services publics / Clisse faut que a finisse (Librez-nous des libraux) et une matrise ingale de la langue franaise, cest difficile de passer inaperu.

    Vers la fin des annes 90, une gnration entire dartistes engags prenait la parole travers des textes enflamms. Parmis tant dautres, les Vulgaires Machins, Mes Aeux, les Cowboys Fringants et MononcSerge se dmar-quaient alors par leur plume bien aiguise et leurs opin-ions tranches. Depuis, le mouvement sest consid-rablement estomp. Selon Biz, un des membres de Loco Locass, le ralentisse-ment a commenc en 2005, aprs les nombreuses grves tudiantes. Cest comme si on stait essouffls , dit-il.

    Le facteur coolFranz Schuller, Prsident

    et Directeur artistique de la maison de disques Indica, a bien du mal trouver des exemples dartistes mer-geants engags travers leur musique. Il explique ce manque par un phnomne qui svit depuis quelques annes. Cest d une grande avance de la ...cool-itude..., selon moi. tre cool est devenu beaucoup plus important qutre engag . Il poursuit en disant que cette attitude est perptue par les mdias, qui pensent que porter attention de tels groupes leur donne une meilleure rputation.

    Lesthtique trendy de

    groupes comme Arcade Fire a cr un effet domino, comme lexplique Schuller, qui fait que tous les groupes veulent avoir le mme son. Il affirme que ce mouvement est goste, introspectif et narcissique, tout comme le mouvement hipster. Tout le monde veut tre grandiose et pique. Cest quoi lintrt avec cette scne ?

    Pour sa part, Biz affirme que lart engag peut devenir populaire, mais que cest la popularit dune chanson qui donne de la puissance au message. Le rle premier de lartiste est de faire de lart de qualit. Un artiste qui fait de la merde, personne ne lcoute , explique-t-il. Quand la forme est poche, a discr-dite le fond.

    Les paroles senvolent, les actions restent

    Biz fait remarquer quil y a une diffrence entre lengagement de lartiste travers son art, et son engagement en tant que citoyen. Selon lui, les deux approches nont pas le mme effet. Grce lart, on peut avoir un impact important. Les gens samusent et

    pensent en mme temps, explique-t-il.

    Mme son de cloche du ct dAudiogram, la maison de disques de Loco Locass. tienne Roy, du dparte-ment de marketing New Web et Radio chez Audio-gram, affirme quil y a deux poids deux mesures. Beau-coup dartistes sont impli-qus en tant que personnes sans pour autant exprimer dopinions politiques dans leurs chansons.

    Les gestes que posent les artistes ne sont pas directe-ment lis aux paroles de leurs chansons, bien que parfois les deux sentre-croisent. Cest le cas, par exemple, dAriane Moffatt, qui a non seulement parti-cip la 17e dition de la Semaine de prvention du suicide, mais galement crit la magnifique chanson Jeudi, 17 mai ce sujet. Roy remarque toutefois lui aussi que cest assez rare de trouver des artistes engags travers leur musique. Je ne sens pas de mouvement, pas de dmarche artistique concentre l-dessus.

    Pour Schuller, ce nest pas ncessaire que chaque

    artiste soit engag dans sa musique. Il y a par contre une norme diffrence entre un geste honorable et un coup de publicit. Si tu veux chanter des chansons damour et poser des actions engages, il ny a pas de problme. Est-ce que cest honnte? a reste voir , dit Schuller.

    Jrme Dupras, des Cowboys Fringants, ne fait pas la diffrence. Il affirme que laction sociale et politique est intgre la manire de vivre. Dupras est lui-mme instigateur de la Fondation des Cowboys Fringants, une fondation activement implique dans la sensibilisation et le finan-cement de projets sur le plan environnemental. Ctait une continuit de la manire de penser, expl