la lumière de l'ame - les yogas sutras de patanjali

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23. LA LUMIERE DE L'AME SA SCIENCE ET SES EFFETS LES YOGA SUTRAS DE PATANJALI Une paraphrase des YOGA SUTRAS DE PATANJALI Avec des commentaires par Alice A. Bailey Dédié avec reconnaissance à Foster Bailey Traduit par Gabrielle Francis Mis sur support informatique sous la responsabilité de l'Association Lucis Trust TABLES SOMMAIRE REMARQUES PRELIMINAIRES ESQUISSE DES SUJETS TRAITES BIBLIOGRAPHIE LIVRE I — LE PROBLEME DE L'UNION 1. AUM. (OM). L'enseignement suivant concerne la science de l'union. 2. Cette union, ou yoga, s'accomplit par la sujétion de la nature psychique et la répression de la chitta (ou mental). 3. Lorsque cela est accompli le yogi se connaît tel qu'il est en réalité. 4. Jusqu'ici l'homme intérieur s'est identifié à ses formes et à leurs modifications actives. 5. Les états mentaux sont au nombre de cinq et sont soumis au plaisir ou à la douleur. Ils sont douloureux ou non douloureux. 6. Ces modifications (activités) sont la connaissance correcte, la connaissance incorrecte, la fantaisie, la passivité (sommeil) et la mémoire. 7. La base de la connaissance correcte est la perception correcte, la déduction correcte, et le témoignage correct (ou preuve certaine). 8. La connaissance incorrecte est basée sur la perception de la forme et non sur l'état de l'être. 9. La fantaisie repose sur des images qui n'ont pas d'existence réelle. 10. La passivité (sommeil) est basée sur l'état de quiétude des vrittis (ou sur la non- perception des sens). 11. La mémoire est le maintien de ce qui a été connu.

Author: rorajma

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23. LA LUMIERE DE L'AME SA SCIENCE ET SES EFFETS LES YOGA SUTRAS DE PATANJALI Une paraphrase des YOGA SUTRAS DE PATANJALI Avec des commentaires par Alice A. Bailey Ddi avec reconnaissance Foster Bailey Traduit par Gabrielle Francis Mis sur support informatique sous la responsabilit de l'Association Lucis Trust

TABLES SOMMAIREREMARQUES PRELIMINAIRES ESQUISSE DES SUJETS TRAITES BIBLIOGRAPHIE LIVRE I LE PROBLEME DE L'UNION 1. AUM. (OM). L'enseignement suivant concerne la science de l'union. 2. Cette union, ou yoga, s'accomplit par la sujtion de la nature psychique et la rpression de la chitta (ou mental). 3. Lorsque cela est accompli le yogi se connat tel qu'il est en ralit. 4. Jusqu'ici l'homme intrieur s'est identifi ses formes et leurs modifications actives. 5. Les tats mentaux sont au nombre de cinq et sont soumis au plaisir ou la douleur. Ils sont douloureux ou non douloureux. 6. Ces modifications (activits) sont la connaissance correcte, la connaissance incorrecte, la fantaisie, la passivit (sommeil) et la mmoire. 7. La base de la connaissance correcte est la perception correcte, la dduction correcte, et le tmoignage correct (ou preuve certaine). 8. La connaissance incorrecte est base sur la perception de la forme et non sur l'tat de l'tre. 9. La fantaisie repose sur des images qui n'ont pas d'existence relle. 10. La passivit (sommeil) est base sur l'tat de quitude des vrittis (ou sur la nonperception des sens). 11. La mmoire est le maintien de ce qui a t connu.

12. La matrise de ces modifications de l'organe interne, le mental, doit tre ralise par une tentative inlassable et le non-attachement. 13. La tentative inlassable est l'effort constant en vue de rfrner les modifications du mental. 14. Quand la valeur de l'objectif vis est estime assez haut, et que les efforts pour l'atteindre sont soutenus avec persistance et sans relche, la stabilit mentale (matrise des vrittis) est assure. 15. Le non-attachement est la libration de toute convoitise pour tous les objets du dsir, qu'ils soient de nature terrestre ou traditionnelle, d'ici-bas ou de l'au-del. 16. Le parachvement de ce non-attachement a pour rsultat une connaissance exacte de l'homme spirituel, affranchi des qualits ou gunas. 17. La conscience d'un objet s'obtient par la concentration sur sa nature quadruple : la forme, par l'examen ; la qualit (ou guna), par la mise en uvre du discernement ; le dessein, par l'inspiration (ou la grce) et l'me, par l'identification. 18. Un degr plus avanc de samadhi est ralis lorsque, par la pense unifie, l'activit extrieure est calme. A ce stade, la chitta n'est sensible qu'aux impressions subjectives. 19. Le samadhi qui vient d'tre dcrit ne dpasse pas les limites du monde phnomnal ; il ne va pas au-del des dieux, ni de ceux qui ont affaire au monde concret. 20. D'autres yogis ralisent le samadhi et parviennent diffrencier l'esprit pur par la croyance suivie de l'nergie, de la mmoire, de la mditation et de la perception juste. 21. L'accs ce stade (la conscience spirituelle) est rapide chez ceux dont la volont est intensment alerte. 22. Ceux qui emploient la volont diffrent galement, car son usage peut tre intense, modr ou bnin. En ce qui concerne la ralisation de la vritable conscience spirituelle, il est encore une autre voie. 23. Par une dvotion intense Ishvara, la connaissance d'Ishvara est obtenue. 24. Cet Ishvara est l'me, insensible aux limitations, exempte de karma et de dsir. 25. En Ishvara (le Gurudeva), le germe de toute connaissance se dveloppe l'infini. 26. Ishvara (le Gurudeva) n'tant pas limit par des conditions temporelles, est l'instructeur des seigneurs primordiaux. 27. Le mot d'Ishvara est AUM (ou OM). C'est l le pranava. (voir Livre I, sutra 1) 28. L'mission du mot et la rflexion sur sa signification font trouver la voie. 29. De l provient la ralisation du soi (l'me) et l'limination de tous les obstacles. 30. Les obstacles la connaissance de l'me sont l'invalidit du corps, l'inertie mentale, l'interrogation irrationnelle, la ngligence, la paresse, la non impassibilit, la perception errone, l'inaptitude la concentration, l'chec dans le maintien de l'attitude mditative aprs qu'elle a t ralise. 31. La douleur, le dsespoir, l'activit corporelle inopportune et la mauvaise direction (ou mauvais contrle) des courants vitaux rsultent de la prsence d'obstacles dans la nature psychique infrieure. 32. Pour surmonter les obstacles et leurs suites, une application intense de la volont quelque vrit (ou principe) unique est exige. 33. La paix de la chitta (ou substance mentale) peut tre ralise par l'exercice de la sympathie, de la tendresse, de la fermet d'intention et de l'absence de passion l'gard du plaisir et de la douleur, comme envers toutes formes de bien ou de mal. 34. La paix de la chitta peut galement tre obtenue par la rgulation du prana ou souffle vital. 35. Le mental peut tre exerc la stabilit au moyen des modes de concentration se rapportant aux perceptions des sens. 36. Par la mditation sur la lumire et sur le rayonnement, la connaissance de l'esprit peut tre atteinte et la paix peut par l tre obtenue. 37. La chitta est stabilise et libre de l'illusion lorsque la nature infrieure est purifie et cesse d'tre prise en considration. 38. La paix (stabilit de la chitta) peut tre atteinte par la mditation sur la connaissance

que donnent les rves. 39. La paix peut aussi tre atteinte par la concentration sur ce qui est le plus cher au cur. 40. La ralisation s'tend aussi de l'infiniment petit l'infiniment grand ; et, d'annu (l'atome ou point) atma (ou esprit), sa connaissance est paracheve. 41. Celui dont les vrittis (modifications de la substance mentale) sont entirement matriss aboutit un tat d'identit et de similitude avec ce dont il est pris conscience. Le connaisseur, la connaissance et le champ de connaissance deviennent un, tout comme le cristal absorbe en lui les couleurs de ce qui, en lui, se reflte. 42. Quand celui qui peroit amalgame le mot, l'ide (ou signification) et l'objet, cela est appel la condition mentale d'un raisonnement critique. 43. La perception sans raisonnement critique s'obtient quand, la mmoire n'exerant plus son autorit, le mot et l'objet sont dpasss et que l'ide seule est prsente. 44. Ces deux mmes processus de concentration, avec ou sans activit du mental critique, peuvent galement s'appliquer aux choses subtiles. 45. Ce qui est grossier conduit ce qui est subtil et ce qui est subtil conduit, par degrs progressifs, l'tat de pur tre spirituel appel pradhana. 46. Tout cela constitue la mditation avec semence. 47. Lorsque cet tat hyper-contemplatif est atteint, le yogi arrive la pure ralisation spirituelle par le calme quilibr de la chitta (ou substance mentale). 48. Sa perception est maintenant infailliblement exacte. (ou : son mental ne rvle plus que la vrit). 49. Cette perception particulire est unique et rvle ce que le mental rationnel (usant de tmoignages, d'induction et de dduction) ne peut rvler. 50. Elle est adverse toutes autres impressions ou s'y substitue. 51. Quand cet tat de perception est son tour galement rejet (ou supplant), le pur samadhi est alors ralis. LIVRE II LES DEGRES CONDUISANT A L'UNION 1. Le yoga de l'action, conduisant l'union avec l'me, est aspiration ardente, lecture spirituelle et dvotion Ishvara. 2. Le but de ces trois questions est de provoquer la vision de l'me et d'liminer les obstructions. 3. Voici les obstacles producteurs de difficults : avidya (l'ignorance) et le sens du dsir de la personnalit, la haine et le sens de l'attachement. 4. Avidya (l'ignorance) est la cause de toutes les autres obstructions, qu'elles soient latentes, en voie d'limination, surmontes, ou pleinement oprantes. 5. Avidya est l'tat o se confondent le permanent, le pur, le bni et le soi avec ce qui est impermanent, impur, douloureux et le non-soi. 6. Le sens de la personnalit est imputable l'identification de celui qui connat avec les instruments de la connaissance. 7. Le dsir est l'attachement aux objets de plaisir. 8. La haine est l'aversion pour quelque objet des sens. 9. Un intense dsir pour l'existence sensible constitue l'attachement. Il est inhrent toute forme ; il se perptue et il est connu mme des trs sages. 10. Lorsque ces cinq obstacles sont subtilement connus, ils peuvent tre surmonts par une attitude mentale oppose. 11. Leurs activits doivent tre limines par le processus de la mditation. 12. Le karma lui-mme a sa racine dans ces cinq obstacles et doit porter ses fruits en cette vie ou en quelque vie ultrieure. 13. Tant que les racines (ou samskaras) existent, leurs fruits seront la naissance, la vie, et les expriences d'ou rsultent plaisir ou douleur. 14. Ces graines (ou samskaras) sont productrices de plaisir ou de douleur, selon que le bien ou le mal ait t leur cause originelle. 15. Pour l'homme illumin toute existence (dans les trois mondes) est considre comme douloureuse en raisons des activits des gunas. Ces activits sont triples, produisant des

consquences, de l'anxit et des impressions subliminales. 16. On peut se garder de la douleur qui est encore venir. 17. L'illusion faisant de celui qui peroit et de ce qui est peru une seule et mme chose est la cause (des effets produisant la douleur) dont il faut se garder. 18. Ce qui est peru a trois qualits, sattva, rajas et tamas (rythme, mobilit et inertie). Ce sont les lments et organes des sens. Leur usage produit l'exprience et la libration finale. 19. Les divisions des gunas (ou qualits de la matire) sont au nombre de quatre : spcifique, non spcifique, indique et insaisissable. 20. Le voyant est pure connaissance (gnosis). Bien que pur il considre, par l'intermdiaire du mental, l'ide offerte. 21. Tout ce qui est, existe pour le bnfice de l'me. 22. Pour l'homme qui a ralis le yoga (ou union) l'univers objectif a cess d'tre. Cependant il continue d'exister pour ceux qui ne sont pas encore libres. 23. L'association de l'me avec le mental et, de ce fait, avec ce que peroit le mental, provoque une comprhension de la nature de ce qui est peru, ainsi que de celui qui peroit. 24. La cause de cette association est l'ignorance, ou avidya. Cela doit tre surmont. 25. Quand l'ignorance prend fin par l'absence d'association avec les choses perues, cela constitue la grande libration. 26. L'tat d'asservissement est surmont par une discrimination parfaitement maintenue. 27. La connaissance (ou illumination) ralise est septuple et progressivement atteinte. LES HUIT MOYENS 28. Lorsque les moyens de yoga ont t pratiqus avec constance et que l'impuret a t surmonte, la clart se fait, menant vers les hauteurs de l'illumination totale. 29. Les huit moyens de yoga sont : les commandements ou yama, les rgles ou nijama, la posture ou asana, le contrle correct de la force vitale ou pranayama, le transfert ou pratyahara, l'attention ou dharana, la mditation ou dhyana et la contemplation ou samadhi. MOYEN I. LES COMMANDEMENTS 30. L'innocuit, la vrit envers tous les tres, l'abstention de vol, d'incontinence et d'avarice, constituent yama ou les cinq commandements. 31. Yama (ou les cinq commandements) constitue le devoir universel, sans considration de race, lieu, temps ou circonstances. MOYEN II. LES REGLES 32. La purification interne et externe, le contentement, l'ardente aspiration, la lecture spirituelle et la dvotion Ishvara constituent nijama (ou les cinq rgles). 33. Quand des penses contraires au yoga sont prsentes, il faudrait cultiver celles qui leur sont opposes. 34. Les penses contraires au yoga sont le comportement nuisible, la fausset, le vol, l'incontinence et l'avarice, commis tant personnellement qu'incits tre commis ou approuvs ; qu'ils surgissent la suite de l'avarice, de la colre ou de l'erreur (ignorance) ; que la faute soit lgre, moyenne ou grande. Il en rsulte toujours une douleur et une ignorance extrmes. Pour cette raison, les penses contraires doivent tre cultives. 35. En prsence de celui qui a perfectionn l'innocuit toute inimiti cesse. 36. Quand la vrit l'gard de tous les tres a atteint son point de perfection, l'efficacit de ses paroles et de ses actes devient manifeste. 37. Quand l'abstention de vol atteint son point de perfection, le yogi peut obtenir tout ce qu'il dsire. 38. Par l'abstention d'incontinence l'nergie est acquise. 39. Quand l'abstention d'avarice atteint son point de perfection il s'ensuit une comprhension de la loi de renaissance. 40. La purification interne et externe provoque l'aversion pour la forme ; pour la forme de soi-mme comme pour toutes les formes. 41. La purification suscite aussi un esprit calme, la concentration, la conqute des organes et l'aptitude discerner le soi. 42. Rsultant du contentement, la batitude est ralise.

43. D'une aspiration ardente, et de la suppression de toute impuret, rsulte le perfectionnement des sens et des pouvoirs corporels. 44. De la lecture spirituelle rsulte un contact avec l'me (ou "un" divin). 45. Par la dvotion Ishvara le but de la mditation (ou samadhi) est atteint. MOYEN III. POSTURE 46. La posture adopte doit tre stable et aise. 47. La stabilit et l'aisance de la posture se ralisent grce un effort lger et soutenu, et par la concentration du mental sur l'infini. 48. Quand cela est atteint, les couples de contraires ne font plus obstruction. MOYEN IV. PRANAYAMA 49. Quand la posture (asana) correcte a t ralise, elle est suivie d'une matrise correcte du prana et d'un processus appropri d'inspiration et expiration du souffle. 50. La matrise correcte du prana (ou des courants vitaux) est externe, interne ou immobile ; elle est subordonne au lieu, au temps et au nombre et elle est aussi prolonge. 51. Il y a un quatrime stade qui surpasse ceux dans lesquels il est question des phases interne et externe. 52. Grce cela, ce qui obscurcit la lumire disparat graduellement. 53. Et le mental est prpar la mditation concentre. MOYEN V. LE TRANSFERT 54. Le transfert (ou pratyahara) est l'asservissement des sens par le principe pensant et leur retrait hors de ce qui fut jusqu'ici leur objet. 55. Comme rsultat de ces moyens, il s'ensuit la complte soumission des organes sensoriels. LIVRE III L'UNION REALISEE ET SES RESULTATS 1. La concentration consiste fixer la chitta (substance mentale) sur un sujet particulier. Ceci est dharana. 2. La concentration soutenue (dharana) est la mditation (dhyana). 3. Quand la chitta s'absorbe en ce qui est la ralit (ou l'ide enclose dans la forme) et n'a plus conscience ni d'une sparation ni du soi personnel, il s'agit de la contemplation ou samadhi. 4. Quand la concentration, la mditation et la contemplation constituent un acte continu, sanyama est alors ralis. 5. Rsultant de sanyama s'ensuit le rayonnement de la lumire. 6. Cette illumination est graduelle ; elle se dveloppe stade aprs stade. 7. Ces trois derniers moyens de yoga ont un effet subjectif plus intrieur que les prcdents moyens. 8. Ces trois-l, cependant, sont eux-mmes externes au regard de la vritable mditation sans semence (ou samadhi) qui ne se base pas sur un objet. Celle-ci est libre des effets de la nature sparatrice de la chitta, (ou substance mentale). 9. La squence des tats mentaux se droule comme suit : le mental ragit ce qui est vu ; il s'ensuit alors la phase de la matrise mentale ; puis vient la phase ou la chitta (substance mentale) ragit ces deux facteurs. Ceux-ci finalement disparaissent et la conscience qui peroit se donne libre cours. 10. Cette habitude mentale tant cultive, il s'ensuivra une stabilit de la perception spirituelle. 11. Le fait de contracter cette habitude et de soustraire le mental sa tendance construire des formes-penses, a pour rsultat final un pouvoir constant de contemplation. 12. Quand la matrise du mental et le facteur matrisant sont en condition d'quilibre rciproque, il s'ensuit un tat de fixit sur un seul point. 13. Par ce processus les aspects de chaque objet sont connus ; leurs caractristiques (ou leur forme), leur nature symbolique et leur usage spcifique selon les conditions du temps (stades de dveloppement) sont connues et il en est pris conscience. 14. Les caractristiques de chaque objet sont, ou acquises, ou manifestes, ou latentes. 15. Le stade de dveloppement conditionne les diverses modifications de la nature psychique versatile et du principe pensant.

16. La mditation concentre sur la triple nature de chaque forme amne la rvlation de ce qui a t et de ce qui sera. 17. Le son (ou mot), ce qu'il dsigne (l'objet) et l'essence spirituelle (ou ide) qui y est incorpore, sont gnralement confondus dans le mental de celui-qui-peroit. Par la mditation concentre sur ces trois aspects survient la comprhension (intuitive) du son mis par toutes les formes de vie. 18. La connaissance des incarnations prcdentes devient accessible quand le pouvoir de voir des images-penses est acquis. 19. Grce la mditation concentre, les images-penses dans le mental d'autrui deviennent apparentes. 20. Quoi qu'il en soit, comme l'objet de ces penses n'est pas apparent pour celui-quipercoit, il ne voit que la pense et non l'objet. Sa mditation exclut ce qui est tangible. 21. Par la mditation concentre sur la diffrence entre la forme et le corps, les proprits du corps qui le rendent visible l'il humain sont abolies (ou retires) et le yogi peut se rendre invisible. 22. Le karma (ou effets) est de deux sortes : le karma immdiat, ou le karma futur. Grce la mditation parfaitement concentre sur l'un et l'autre, le yogi connat la teneur de son exprience dans les trois mondes. Cette connaissance provient aussi de signes. 23. L'union avec autrui doit tre ralise par une mditation concentre sur les trois tats du sentiment : la compassion, la tendresse et l'impassibilit. 24. La mditation exclusivement centre sur la vigueur de l'lphant veillera cette force, ou lumire. 25. De la mditation parfaitement concentre sur la lumire veille rsultera la conscience de ce qui est subtil, cach ou distant. 26. De la mditation, fixe sans dfaillance sur le soleil, s'ensuivra la conscience (ou la connaissance) des sept mondes. 27. Une connaissance de toutes les formes lunaires survient par la mditation fixe sur la lune. 28. La concentration sur l'toile polaire donnera la connaissance des orbites des plantes et des toiles. 29. De l'attention concentre sur le centre appel plexus solaire, s'ensuit la connaissance parfaite quant la condition du corps. 30-31. L'attention tant fixe sur le centre de la gorge, il s'ensuivra la suppression de la faim et de la soif. Par l'attention fixe sur le conduit ou nerf situ au-dessous du centre de la gorge, l'quilibre est atteint. 32. Ceux qui ont atteint la matrise de soi peuvent tre vus et il peut tre pris contact avec eux par la convergence de la lumire dans la tte. Ce pouvoir se dveloppe par la mditation concentre. 33. Toutes choses peuvent tre connues dans la vive lumire de l'intuition. 34. L'entendement de la conscience mentale vient par la mditation concentre sur le centre du cur. 35. L'exprience (des couples de contraires) provient de l'inaptitude de l'me distinguer entre le soi personnel et le purusha (ou esprit). Les formes objectives existent en vue de l'utilisation (et exprience) de l'homme spirituel. Par la mditation sur ce fait survient la perception intuitive de la nature spirituelle. 36. Rsultant de cette exprience et de cette mditation, l'oue, le toucher, la vue, le got et l'odorat suprieurs se dveloppent, produisant la connaissance intuitive. 37. Ces pouvoirs sont des obstacles la prise de conscience suprieure, mais s'utilisent en tant que pouvoirs magiques dans les mondes objectifs. 38. Par la libration l'gard des causes de servitude grce leur affaiblissement, et par la comprhension du mode de transfert (retrait ou pntration), la substance mentale (ou chitta) peut entrer dans un autre corps. 39. La vie montante (l'udana) tant subjugue, il y a libration l'gard de l'eau, du sentier pineux et du bourbier ; le pouvoir d'ascension est ainsi acquis.

40. Par la sujtion du samana, l'tincelle devient la flamme. 41. Au moyen de la mditation concentre sur la relation entre l'akasha et le son, un organe d'oue spirituelle se dveloppera. 42. Par la mditation concentre sur la relation existant entre le corps et l'akasha, l'ascension hors de la matire (les trois mondes) et le pouvoir de voyager dans l'espace sont acquis. 43. Lorsque ce qui voile la lumire est limin, un tat d'tre survient alors, qualifi d'extracharnel (ou incorporel) et libr des modifications du principe pensant. C'est l'tat d'illumination. 44. La mditation concentre sur les cinq formes qu'assume chaque lment, produit la matrise sur chaque lment. Ces cinq formes sont la nature grossire, la forme lmentale, la qualit, l'infiltration et la raison d'tre fondamentale. 45. Par cette matrise le pouvoir d'exigut et les autres siddhis (ou pouvoirs) sont atteints, ainsi que la perfection corporelle et l'affranchissement de toutes entraves. 46. La symtrie de la forme, la beaut de la couleur, la force et la duret du diamant, constituent la perfection corporelle. 47. La matrise sur les sens s'obtient par la mditation concentre sur leur nature, leurs attributs particuliers, l'gosme, la capacit d'infiltration et le but utile. 48. Rsultant de cette perfection survient une rapidit d'action semblable celle du mental, la perception indpendante des organes et la matrise sur la substance racine. 49. L'homme qui peut faire une discrimination entre l'me et l'esprit atteint la suprmatie sur toutes conditions et devient omniscient. 50. Par l'attitude impassible l'gard de cette ralisation et l'gard de tous les pouvoirs de l'me, celui qui s'est dlivr des semences de la servitude atteint l'tat d'unit isole. 51. Il devrait y avoir refus total de toutes les sductions de toutes les formes de l'tre, mme des formes clestes, car une rcidive des mauvais contacts reste possible. 52. La connaissance intuitive se dveloppe par l'usage de la facult de discrimination lorsqu'il y a concentration totale sur les moments et leur succession continue. 53. De cette connaissance intuitive est ne la capacit de distinguer (entre tous les tres) et de s'instruire de leurs genres, de leurs qualits et de leur situation dans l'espace. 54. Cette connaissance intuitive, qui est la grande libratrice, est omniprsente et omnisciente et inclut le pass, le prsent et le futur dans l'ternel maintenant. 55. Quand les formes objectives et l'me ont atteint une condition d'gale puret, l'unification est alors ralise et la libration en rsulte. LIVRE IV L'ILLUMINATION 1. Les siddhis ou pouvoirs suprieurs et infrieurs s'acquirent par l'incarnation, ou par les drogues. Les mots de pouvoir et le dsir intense, ou par la mditation. 2. Le transfert de la conscience, d'un vhicule infrieur un vhicule suprieur, fait partie du grand processus crateur et volutif. 3. Les pratiques et mthodes ne sont pas la vraie cause du transfert de la conscience, mais elles servent carter les obstacles, tout comme le laboureur prpare le sol pour les semailles. 4. La conscience de "je suis" est l'origine de la cration des organes travers lesquels le sens de l'individualit est une cause de jouissance. 5. La conscience est une, mais produit cependant les formes varies du nombre. 6. Parmi les formes assumes par la conscience, ce qui est le rsultat de la mditation est seul affranchi du karma latent. 7. Les activits de l'me libre sont affranchies des couples de contraires. Celles des autres gens sont de trois sortes. 8. De ces trois sortes de karma mergent les formes ncessaires la maturation des effets. 9. Il y a identit de rciprocit entre la mmoire et l'effet producteur de cause, mme lorsqu'ils sont spars par l'espce, le temps et le lieu. 10. Le dsir de vivre tant ternel, ces formes cres par le mental sont sans commencement connu. 11. Ces formes sont cres et gardes en tat de cohsion par le dsir, la cause fondamentale, la personnalit, le rsultat effectif, la vitalit mentale ou volont de vivre et le

support de la vie ou de l'objet dirigs vers l'extrieur ; en consquence, lorsque ceux-ci cessent d'exercer une attirance, alors les formes, elles aussi, cessent d'tre. 12. Le pass et le prsent existent en ralit ; la forme assume dans le concept temporel du prsent est le rsultat du dveloppement de certaines caractristiques et elle contient en elle les semences latentes de la qualit future. 13. Les caractristiques, qu'elles soient latentes ou actives, participent de la nature des trois gunas (les trois qualits de la matire). 14. La manifestation de la forme objective est due la concentration sur un seul point de la cause productrice (l'unification des modifications de la chitta ou substance mentale). 15. Ces deux choses : la conscience et la forme, sont distinctes et spares ; bien que les formes puissent tre semblables, la conscience peut fonctionner sur diffrents niveaux de l'tre. 16. Les nombreuses modifications du mental unique produisent les formes diverses, dont l'existence dpend de ces nombreuses impulsions mentales. 17. Ces formes sont connues ou non, selon les qualits latentes de la conscience qui les peroit. 18. Le seigneur du mental, celui qui peroit, est toujours conscient de la substance mentale constamment active, la cause productrice d'effets. 19. Comme il peut tre vu ou connu, il est vident que le mental n'est pas la source de l'illumination. 20. Il ne peut pas non plus connatre simultanment deux objets : lui-mme et ce qui est extrieur lui-mme. 21. S'il est dit que la connaissance du mental (chitta) peut tre le fait d'un mental se tenant l'cart, ce postulat implique un nombre infini de "connaissants" ; l'enchanement des ractions du souvenir irait ainsi vers une confusion sans fin. 22. Quand l'intelligence spirituelle, qui se tient seule et libre des objets, se reflte dans la substance mentale, il s'ensuit alors la connaissance consciente du soi. 23. Alors la substance mentale, refltant la fois le connaissant et le connaissable, devient omnisciente. 24. La substance mentale galement, refltant, comme elle le fait, une infinit d'impressions mentales, devient l'instrument du soi et agit en tant qu'agent unificateur. 25. L'tat d'unit isole (retire en la vraie nature du soi) constitue la rcompense de l'homme qui peut faire une distinction entre la substance mentale et le soi, ou homme spirituel. 26, 27, 28. Le mental est alors enclin la discrimination et une illumination croissante considre comme la vritable nature du soi unique. Cependant, par la force de l'habitude, le mental percevra des objets ressortissant la perception sensorielle. Ces reflets sont par nature des obstacles et la mthode employer pour les surmonter est la mme. 29. L'homme qui dveloppe le non-attachement, mme en ce qui concerne son aspiration aprs l'illumination et l'tat d'unit isole, devient finalement conscient du nuage adombrant de la connaissance spirituelle. 30. Quand ce stade est atteint, les obstacles et le karma sont alors surmonts. 31. Quand, par l'limination des obstacles et la purification des enveloppes, la totalit de la connaissance est devenue accessible, il ne reste l'homme rien de plus faire. 32. Les modifications de la substance mentale (ou qualits de la matire) ont pris fin au moyen de la nature inhrente aux trois gunas, car elles ont ralis leur dessein. 33. Le temps, qui est la succession des modifications du mental, prend fin galement pour faire place l'ternel maintenant. 34. L'tat d'unit isole devient possible lorsque les trois qualits de la matire (les trois gunas ou pouvoirs de la nature, A.A.B.) abandonnent leur emprise sur le soi. La pure conscience spirituelle se retire dans l' "Un".

MANTRAS

Je suis pure connaissance... L'appel au feu

PHRASES OCCULTESDans la Salle de l'Ignorance... Dans la Salle de l'Enseignement... Dans la Salle de la Sagesse... Les quatre nobles vrits Il ne suffit pas de connatre le chemin... Avant que l'homme puisse fouler le Sentier... Quand le souffle de feu afflue... Quand l'toile cinq pointes... Que ton me prte l'oreille... Que celui qui est en qute de la Vrit... Pour lui qui se tient devant l'Etincelle... Etoile cinq pointes Celui qui est quintuple est entr dans la paix... Que vois tu, libr ?...

LIVRES "Avant que l'me puisse voir, il faut avoir obtenu l'harmonie intrieure et rendu les yeux de chair aveugles toute illusion. Avant que l'me puisse entendre, l'image (l'homme) doit tre devenue sourde aux fracas comme aux murmures, aux cris des lphants barrissants comme au bourdonnement argentin de la luciole d'or. Avant que l'me puisse comprendre et se souvenir, elle doit tre unie au Parleur silencieux, comme l'esprit du potier la forme sur laquelle l'argile est modele. Alors l'me entendra, et se souviendra. Alors l'oreille intrieure parlera la voix du silence." Extrait de La Voix du Silence 11

Ce passage est extrait de la traduction franaise de La Voix du Silence. (N.d.l.t.)

[[email protected]] REMARQUES PRELIMINAIRES La science du Raja Yoga, ou "Science royale de l'me", telle qu'elle fut prsente par son principal interprte Patanjali, trouvera en la cinquime raceracine son ultime dmonstration ; car, d'aprs la loi cyclique, la cinquime race-racine doit invitablement atteindre son point culminant dans sa cinquime sous-race. Or, dans l'conomie des races, ce point est illustr par l'emploi correct du mental et son utilisation par l'me, en vue de l'accomplissement d'objectifs de groupe et du dveloppement, sur le plan physique, de la conscience de groupe. Jusqu' prsent, l'intellect a t soit prostitu des fins matrielles, soit difi. La science du Raja Yoga fera reconnatre le mental en tant qu'instrument de l'me et de moyen pour l'aspirant d'acqurir l'illumination du cerveau physique, ainsi que la connaissance des sujets se rapportant au domaine de l'me. Le mental tant le cinquime principe, la cinquime race-racine doit, d'aprs la loi de l'volution, tre intimement relie lui et sa cinquime sousrace correspondante dans un sens plus troitement qu'aucune autre. Les tudiants feront bien de ne pas perdre de vue les rapports suivants : 1. 2. 3. 4. 5. La cinquime race-racine aryenne. La cinquime sous-race anglo-saxonne. Le cinquime principe manas ou mental. Le cinquime plan mental. Le cinquime rayon connaissance concrte. [[email protected]]

Les Yogas divers ont tous jou leur rle dans le dveloppement de l'tre humain. Dans la premire race purement physique, la race lmurienne, l'humanit dans son enfance fut justiciable du Hatha Yoga, le Yoga du corps physique, par lequel divers organes, muscles et autres parties de la forme humaine sont consciemment employs et manipuls. A cette poque, le problme se posant aux adeptes tait d'enseigner aux tres humains qui n'taient gure plus que des animaux le but, le sens et l'emploi de ces diffrents organes afin qu'ils puissent consciemment les dominer, et de leur apprendre la signification du symbole que reprsente la forme humaine. En ces jours primitifs, c'est par la pratique du Hatha Yoga que l'tre

humain atteignait le portail de l'initiation. La plus haute initiation par laquelle l'homme tait capable de passer tait la troisime, aboutissant la transfiguration de la personnalit. Aux temps atlantens, deux Yogas assuraient le progrs des fils des hommes : premirement, le Yoga nomm Laya Yoga, ou Yoga des centres. Il provoquait chez l'homme une stabilisation du corps thrique et des centres, tout en dveloppant la nature astrale et psychique. Plus tard, le Bhakti Yoga, issu du dveloppement du corps motionnel ou astral, s'incorpora au Laya Yoga, formant ainsi les assises du mysticisme et de la dvotion, qui constiturent le stimulant de base de notre race-racine aryenne. L'objectif vis tait, en ce temps, [[email protected]] la quatrime initiation. Le thme de ces grandes initiations a fait l'objet de considrations plus tendues dans mon ouvrage antrieur : Initiation Humaine et Solaire. Actuellement dans la race aryenne, la matrise du corps mental et le contrle de l'intellect s'obtiennent par la pratique du Raja Yoga et c'est la cinquime initiation, celle de l'adepte, qui est le but de l'humanit en voie d'volution. Tous les Yogas ont donc jou leur rle et servi un dessein utile ; mais il deviendra vident que tout retour aux pratiques du Hatha Yoga ou celles ayant affaire spcifiquement au dveloppement des centres et s'appuyant sur diffrents types de mditation et d'exercices de respiration peut, d'un certain point de vue, tre considr comme rtrograde. On arrivera la conclusion que la pratique du Raja Yoga, jointe la prise en mains, par l'homme dont la conscience est axe dans l'me, du point directeur de contrle rend inutiles toutes les autres formes de Yoga, car le Yoga le plus lev inclut automatiquement tous les autres, non en ses pratiques, mais en ses rsultats. Quand leur tude sera entreprise, elle fera apparatre la raison pour laquelle l'occasion favorable s'est jusque l fait attendre. L'Orient a conserv pour nous des rgles depuis des temps immmoriaux ; a et l, des Orientaux (ainsi que quelques adeptes occidentaux) ont eu recours ces rgles et se sont plis la discipline de cette science astreignante. C'est de cette manire que fut prserve, au bnfice de la race, la continuit de la Doctrine secrte, de l'Eternelle Sagesse, et que furent rassembls les membres dont est constitue la Hirarchie de notre plante. A l'poque du Bouddha et grce son [[email protected]] action stimulante, il se produisit une grande runion d'Arhats. Ceux-ci taient des hommes ayant atteint la libration par un effort personnel dlibr. Cette poque, en ce qui concerne notre race aryenne, a marqu pour l'Orient un point culminant. Depuis lors, la mare de la vie spirituelle a continuellement reflu vers l'Occident, o nous pouvons maintenant nous attendre une ascension semblable, dont l'apoge se situera entre les annes 1965 et 2025. les adeptes

de l'Orient et de l'Occident uvrent en collaboration pour atteindre ce but car ils suivent toujours la Loi. Cette impulsion montante (comme ce fut le cas au temps du Bouddha) est une impulsion du deuxime rayon et n'a aucune relation avec une impulsion quelconque du premier rayon, comme celle qui provoqua l'intervention de H.P. Blavatsky. Les impulsions du premier rayon naissent dans le premier quart de chaque sicle et atteignent leur point culminant sur le plan physique dans le dernier quart. L'intrt que suscite actuellement le Raja Yoga, L'tude de cette science et les rgles qu'elle offre au perfectionnement humain, sont des symptmes de la tendance gnrale caractrisant l'impulsion de ce deuxime rayon montant. Cet intrt ne cessera de s'accrotre. C'est ainsi qu'arrive le jour opportun. Les tudiants devraient tous avoir entre les mains trois livres : la Baghavad Gta, le Nouveau Testament et les Yoga Sutras, car le tableau complet de l'me et de son dveloppement est contenu dans ces trois ouvrages. La Gta nous donne, en dix-huit chapitres, une description de l'me de Krishna, le second aspect en sa vritable nature qui est Dieu en manifestation. Cette description atteint son point culminant dans ce merveilleux chapitre o Krishna [[email protected]] se rvle Arjuna, l'aspirant, comme tant l'me de toutes choses et le point de gloire derrire le voile de toute forme. Le Nouveau Testament nous dcrit la vie d'un Fils de Dieu en pleine manifestation, grce laquelle l'me, en sa vraie nature et libre de tout voile, parcourt la terre. En tudiant la vie du Christ, nous comprenons clairement ce que signifie le dveloppement des pouvoirs de l'me en vue d'atteindre la libration et de devenir, en toute sa gloire, un Dieu marchant sur la terre. Dans les Yoga Sutras, nous trouvons contenues les lois de ce devenir et les rgles, mthodes et moyens dont la pratique rend l'homme "parfait comme notre Pre cleste est parfait". Un systme graduel de dveloppement se droule devant nos yeux, conduisant l'homme du stade o il n'est qu'un tre bon et moyen et par le stade de l'aspirant, de l'initi et du matre jusqu'au point suprme de l'volution o se trouve actuellement le Christ. Jean, le disciple aim, a dit : "Nous serons pareils lui car nous le verrons tel qu'il est." L'me qui se rvle l'homme en incarnation sur le plan physique travaille toujours l'accomplissement de la transformation suprme. Le Christ lui-mme a dit : "Vous ferez de plus grandes uvres que moi", nous promettant ainsi le rgne, la puissance et la gloire, condition que notre aspiration et notre endurance soient assez grandes pour nous conduire le long du chemin pineux de la Croix

et nous permettent de fouler le sentier "qui conduit toujours plus haut", jusqu'au sommet du Mont de la Transfiguration. Comment se produit cette grande transformation ? Comment l'homme victime de ses dsirs et de sa nature infrieure [[email protected]] devient-il l'homme victorieux, triomphant du monde, de la chair et du diable ? Ce changement a lieu lorsque le cerveau physique de l'homme incarn devient conscient du Soi, de l'me ; et cette connaissance consciente ne devient possible que lorsque le Soi vritable peut "se reflter dans la substance mentale". L'me est, par nature, libre de toute chose, et se tient toujours en l'tat d'unit isole. L'homme en incarnation doit cependant parvenir, dans la conscience de son cerveau physique, raliser ces deux tats d'tre. Il doit se librer consciemment de tous les objets de dsir et se dresser en un tout unifi, dtach, libr de tout voile et de toute forme dans les trois mondes. Le but est atteint lorsque cet tat d'existence consciente prouve par l'homme spirituel conditionne galement l'tat de conscience de son incarnation physique. L'homme n'est plus alors ce que fait de lui son corps physique quand il s'identifie lui : la victime du monde ; il marche libre, la face resplendissante (I Cor., 3) et la lumire de son tre rayonne sur tout son entourage. Ses dsirs ne stimulent plus les activits de sa chair, son corps astral ne le subjugue plus ni ne le domine. Grce l'absence de passion et l'tablissement de l'quilibre entre les contraires, l'homme s'est dlivr des sautes d'humeur, des impressions, des dsirs, des convoitises et des ractions motives qui caractrisent la vie de l'homme moyen. Il atteint l'tat de paix ; le dmon de l'orgueil, la personnification de la nature mentale mal employe et les perspectives dformes de l'intellect sont par lui surmontes. Il se tient [[email protected]] debout, libr des trois mondes. Sa vie sur terre est caractrise par la nature de l'me ; les qualits et les activits inhrentes la nature aimante du Fils de Dieu sont runies l'amour et l'action (les aspects deuxime et troisime). Il peut alors dire comme le Christ : "Tout est accompli." La date de naissance de Patanjali n'est pas connue ; il existe ce sujet de nombreuses controverses. La plupart des autorits de l'Occident situent cette date entre les annes 820 et 300 avant Jsus-Christ, bien qu'une ou deux d'entre elles fixent cette date aprs Jsus-Christ. Cependant, les cercles autoriss de l'Inde que l'on peut supposer connatre la question prconisent une date trs antrieure, allant mme jusqu' 10.000 ans avant Jsus-Christ. Patanjali fut un compilateur des enseignements qui jusqu' lui avaient t donns oralement au cours de plusieurs sicles. Il fut le premier faire de cette doctrine un enseignement crit l'usage des tudiants ; c'est pourquoi il est considr comme le fondateur de l'cole du Raja Yoga. Ce systme a cependant t

pratiqu depuis le dbut de la race aryenne. Les Yoga Sutras constituent l'enseignement de base de l'cole trans-himalayenne laquelle appartiennent une grande partie des Matres de la Sagesse. Beaucoup d'tudiants estiment que la doctrine des Essniens, ainsi que d'autres coles d'entranement et de pense mystiques, troitement en rapport avec le fondateur du christianisme et les premiers chrtiens, se basent sur le mme systme et que leurs instructeurs ont t forms par la grande cole trans-himalayenne. Il faut prciser ici que les Sutras ont t dicts et paraphrass [[email protected]] par le Frre Tibtain et que leurs commentaires, crits par moi, ont t soumis Sa rvision et Ses observations. Il faut noter galement que la traduction n'est pas littrale et n'est donc pas, proprement parler, une dfinition exacte de chaque terme sanscrit original. Ceci est une tentative ayant pour objet de rendre le sens exact en un anglais clair et comprhensible, pour autant qu'il soit possible de le faire au moyen de cette langue dnue de souplesse et d'imagination. En tudiant ces Sutras, l'tudiant pourra trouver utile de comparer l'interprtation qui en est donne ici avec les diverses autres traductions qu'il pourra se procurer. ALICE A. BAILEY. New York, mai 1957 ESQUISSE DES SUJETS TRAITES LIVRE I. LE PROBLEME DE L'UNION a. b. c. Dfinition des natures infrieure et suprieure Considration des obstacles et de leur suppression Expos du systme du Raja Yoga dans son ensemble Thme : La nature psychique versatile Les cinq obstacles et leur suppression Dfinition des huit moyens Thme : Les moyens de ralisation La mditation et ses stades Vingt-trois rsultats de la mditation Thme : Les pouvoirs de l'me

LIVRE II. LES DEGRES CONDUISANT A L'UNION a. b.

LIVRE III. L'UNION REALISEE ET SES RESULTATS a. b.

LIVRE IV. L'ILLUMINATION

a. b.

Conscience et forme Union ou fusion Thme : L'Unit isole BIBLIOGRAPHIE des traductions et commentaires des YOGA SUTRAS DE PATANJALI ayant servi la prparation du prsent ouvrage.

The Yoga Sutras of Patanjali The Yoga Darsana The Yoga Sutras of Patanjali The Yoga Aphorisms of Patanjali The Yoga Sutras of Patanjali Yoga Philosophy A Compendium of Raja Yoga Philosophy Raja Yoga The Yoga System of Patanjali [[email protected]]

M.J. Dvidedi. Ganganatha Jha. Charles Johnston. W.Q. Judge. Rama Prasada. Tookaram Tatya. Rajaram Tookaram. Swami Vivekananda. J.H. Woods.

LIVRE I LE PROBLEME DE L'UNION a. b. c. Dfinition des natures suprieure et infrieure Considration des obstacles et de leur suppression Expos du systme Raja Yoga dans son ensemble Thme : La nature psychique versatile

[[email protected]] 1. AUM. (OM). L'enseignement suivant concerne la science de l'union. AUM est le Mot de la Gloire ; il signifie le Verbe fait chair, et la manifestation sur le plan matriel du deuxime aspect de la divinit. Ce rayonnement, la face du monde, des fils de la justice se ralise par l'observation des rgles ici contenues. Quand tous les fils des hommes auront dmontr qu'ils sont galement fils de Dieu, le Fils cosmique de Dieu resplendira de mme avec une gloire plus intense encore. Paul, le grand initi, en eut la vision lorsqu'il dit que "toute la cration gmit en travail d'enfantement, en attente de la manifestation des fils de Dieu." (Rom. VIII) Le Raja Yoga, ou Science de l'Union, donne les rgles et les moyens par lesquels : 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. Le contact conscient peut tre tabli avec l'me, le second aspect, le Christ intrieur. La connaissance du soi peut tre ralise et sa matrise maintenue sur le non-soi. Le pouvoir de l'go ou me peut se faire sentir dans [[email protected]] la vie quotidienne et les pouvoirs de l'me peuvent s'y manifester. La nature psychique infrieure peut tre subjugue et les facults psychiques suprieures peuvent tre dmontres. Le cerveau peut tre mis en rapport avec l'me, dont les messages seront perus. La "lumire dans la tte" peut tre intensifie afin que l'homme devienne une "Flamme vivante". Le Sentier peut tre trouv et l'homme devient lui-mme ce Sentier.

Les triples rapports indiqus ci-dessous pourront se rvler utiles l'tudiant, surtout s'il se rappelle que c'est la colonne centrale qui contient les termes applicables l'me ou deuxime aspect. L'union raliser est celle des troisime et deuxime aspects. Cela est parachev la troisime initiation (en terminologie chrtienne Transfiguration). Une synthse ultrieure s'effectue alors entre les troisime et deuxime aspects runis et le premier aspect : Premier Aspect Esprit Deuxime Aspect Ame Troisime Aspect Corps

Pre Monade Soi divin Vie Energie La Prsence

Fils (Christ) Ego Soi suprieur Conscience Force L'Ange de la Prsence

Saint-Esprit Personnalit Soi infrieur Forme Matire L'tre humain

Il faut distinguer clairement entre le Principe christique tel qu'il est indiqu ci-dessus, aspect hautement spirituel auquel tout tre humain doit atteindre, et le mme terme s'appliquant une personnalit d'un rang sublime reprsentant ce Principe, qu'il s'agisse de rfrences historiques concernant [[email protected]] l'Homme de Nazareth ou de cas diffrents. 2. Cette union, ou yoga, s'accomplit par la sujtion de la nature psychique et la rpression de la chitta (ou mental). Celui qui cherche l'union a deux choses faire : 1. 2. Acqurir la matrise de la "nature psychique versatile". Empcher le mental d'endosser les nombreuses formes qu'il engendre si facilement. Celles-ci sont souvent nommes "les modifications du principe pensant".

Ces deux choses conduisent la matrise du corps motif, donc du dsir, et la matrise du corps mental, donc du manas infrieur ou facult mentale. L'tudiant doit se rappeler que le dsir incontrl et un mental dsordonn interceptent la lumire de l'me et sont la ngation de la conscience spirituelle. L'union est impossible tant que se dressent des barrires ; le Matre, en consquence, dirige l'attention de l'tudiant (au dbut de son instruction) sur le travail pratique accomplir pour dgager cette lumire, afin qu'elle puisse "briller en un lieu obscur", c'est--dire sur le plan physique. Il faut se rappeler que la nature infrieure, occultement parlant, peut, une fois matrise, manifester la nature suprieure. Lorsque le second aspect du soi personnel infrieur, le corps motif, est subjugu ou transmu, la lumire du Christ (le deuxime aspect goque) peut alors tre vue. En sa lumire la Monade, le Pre, [[email protected]] l'Un, se rvlera par la suite. De mme, lorsque le premier aspect du soi personnel infrieur, le corps mental, est subjugu, l'aspect Volont de l'go peut tre connu et par ses uvres le dessein du Logos Luimme sera connu.

Il est, dans la vie spirituelle, quelques lignes de moindre rsistance, au long desquelles se dgagent certaines forces ou nergies. a. b. Emotives intuitives ou bouddhiques Mentales monadiques au cur de l'aspirant. la tte de l'aspirant.

spirituelles ou atmiques logoques

L'tudiant reoit en consquence, comme cl de toutes ses entreprises, le MOT de rpression ou de matrise. La chitta est le mental, ou substance mentale, le corps mental, la facult de penser et de construire des formes-penses, la somme des processus mentaux. C'est le matriau, rgi par l'go ou me, dont sont construites les formespenses. La nature psychique est kama-manas (dsir-intellect), le corps motif ou astral, lgrement teint de mental. Il est le matriel de tous nos dsirs et impressions. C'est par l qu'ils s'expriment. Ces deux types de substance ont leur propre ligne d'volution suivre, et ils la suivent. les esprits ou tincelles divines sont, selon le plan logoque, emprisonns par eux, tant tout d'abord attirs eux par l'action rciproque de l'esprit et de la matire. Ces esprits, en matrisant ces substances et en restreignant leurs activits instinctives, acquirent de l'exprience et finalement la libration. Ainsi se ralise l'union avec l'me. C'est une union connue et exprimente dans le corps [[email protected]] physique sur le plan de la plus dense manifestation, grce la matrise consciente et intelligente exerce sur la nature infrieure. 3. Lorsque cela est accompli le yogi se connat tel qu'il est en ralit. Cela peut tre dcrit comme suit : L'homme qui connat les conditions et les a remplies selon les indications du prcdent sutra, 1. 2. 3. 4. 5. Voit le soi. Prend conscience de la vritable nature de l'me. S'identifie avec la Ralit intrieure et non plus avec les formes qui la dissimulent. Demeure au centre et non plus la priphrie. Ralise la conscience spirituelle.

6.

S'veille la rcognition du Dieu intrieur.

La mthode et le but se trouvent dcrits en termes clairs et nets en ces trois versets et la voie est ouverte aux instructions plus dtailles qui suivront. L'aspirant affronte son problme, le fil directeur menant sa solution lui est offert, et la rcompense l'union avec l'me se prsente son regard inquisiteur. 4. Jusqu'ici l'homme intrieur s'est identifi ses formes et leurs modifications actives. Ces formes sont les modifications mentionnes dans les diverses traductions, donnant une ide de la vrit subtile [[email protected]] concernant la divisibilit infinie de l'atome : ce sont les gaines dissimulatrices, les transformations continuellement changeantes qui empchent la vraie nature de l'me de se manifester. Celles-ci sont les choses extrieures qui font obstacle au rayonnement du Dieu intrieur et dont il est dit en langage occulte qu'elles "projettent une ombre devant la face du soleil". La nature inhrente des vies qui constituent ces formes actives versatiles s'est jusqu'ici avre trop forte pour l'me (le Christ intrieur des chrtiens) et les pouvoirs de l'me n'ont pu s'exprimer pleinement. Les forces instinctives de l' "me animale", ou le volume de l'agrgat des vies qui forment les gaines ou corps, emprisonnent l'homme rel et limitent ses forces. Ces vies sont des units intelligentes sur la courbe descendante de l'arc de l'volution et leur travail a pour but leur expression propre. Quoi qu'il en soit, leur objectif diffre de celui de l'Homme intrieur et, en consquence, elles font obstacle ses progrs et la ralisation de son tre. Il "s'emptre dans leurs activits" et doit se librer avant d'entrer en possession de son hritage de pouvoir, de paix et de flicit. Il ne peut atteindre " la mesure de la pleine stature du Christ" (Eph. IV, 13) avant qu'aient disparu toutes les modifications susceptibles d'tre ressenties et que les formes soient transformes, leurs activits apaises et leur agitation calme. L'tudiant est exhort ne pas perdre de vue la nature de cet aspect de l'volution qui se droule paralllement la sienne. C'est dans la comprhension correcte de ce problme qu'il prendra conscience du travail pratique accomplir et [[email protected]] que le Yogi en herbe pourra alors se mettre l'ouvrage. Les formes infrieures sont continuellement et perptuellement actives, assumant indfiniment les formes des dsirs impulsifs ou des formes-penses mentales dynamiques. Lorsque cette activit protiforme est subjugue et que

le tumulte de la nature infrieure est calm, alors seulement devient-il possible l'entit intrieure directrice de s'affranchir de cet esclavage et d'imposer sa propre vibration aux modifications infrieures. Cela se ralise par la concentration. L'effort concentr de l'me pour se fixer en une position d'observateur, de spectateur et de voyant. Quand elle y parvient, le "spectacle" infrieur prsent par les formes rapidement changeantes de la pense et du dsir disparat aussitt ; le contact peut tre tabli avec le royaume de l'me, le champ vritable de la connaissance de l'me, qui peut alors tre peru. 5. Les tats mentaux sont au nombre de cinq et sont soumis au plaisir ou la douleur. Ils sont douloureux ou non douloureux. Dans l'original, le mot "plaisir" n'est pas employ ; l'ide transmise, plus technique, est gnralement traduite par "non douloureux". Quoi qu'il en soit, l'ide sous-entendue est celle d'un obstacle mis la ralisation, du fait des paires de contraires. L'tudiant doit se souvenir que c'est la chitta ou substance mentale qui entre en ligne de compte dans ce sutra, avec les modifications qu'elle subit aussi longtemps que sa versatilit et son activit restent les agents directeurs. Il ne doit pas perdre de vue le fait que nous avons affaire la nature psychique infrieure, terme appliqu, en occultisme, [[email protected]] aux processus mentaux infrieurs aussi bien qu'aux ractions astrales ou motives. Toute activit de la nature infrieure est le rsultat de kama-manas, ou du mental teint de sensation, de l'lment dsir-volont de l'homme infrieur. Le systme Raja Yoga a pour objectif de substituer ces impulsions l'action intelligente et rflchie de l'me ou homme spirituel, dont la nature est amour, dont les actes sont sages (compris dans leur sens occulte) et dont le motif est le progrs de groupe. En consquence, la raction appele douleur doit tre dpasse, de mme que celle qualifie de plaisir, car l'une et l'autre dpendent de l'identification avec la forme. Le non-attachement doit s'y substituer. Il est intressant de noter que les modifications de l'organe interne, le mental, sont au nombre de cinq. Manas, ou mental, principe animateur de la chitta ou substance mentale, est le cinquime principe et se manifeste, comme toute autre chose dans la nature, en tant que dualit. Cette dualit est : 1. 2. Le mental concret infrieur, se prsentant comme l'activit du corps mental. Le mental abstrait, se prsentant comme l'aspect infrieur de l'go.

Dans le microcosme qu'est l'homme, cette dualit devient une triple

modification sur le plan mental, triplicit qui nous offre un tableau en miniature de la manifestation macrocosmique et consiste en : 1. 2. 3. L'atome mental permanent, aspect infrieur de la Triade spirituelle ou me. Le corps goque, causal, ou karana sarira. Le corps mental, le plus haut aspect du soi personnel [[email protected]] infrieur.

Le corps mental lui-mme a cinq modifications ou activits ; il est donc le reflet, ou la correspondance du cinquime principe, tel qu'il se manifeste sur le cinquime plan, le mental. Les modifications constituent l'ombre infrieure de manas (ou mental en sa manifestation microcosmique), et ce mental est un reflet de mahat (le mental universel), ou mental se manifestant dans le microcosme. C'est l un grand mystre mais il se rvlera l'homme qui, surmontant les cinq modifications du mental infrieur, s'identifie avec ce qui est suprieur et qui, grce au non-attachement, ayant ainsi rsolu le mystre du "Makara", suit la Voie des Kumaras. Une suggestion s'offre ici aux tudiants plus avancs dans cette science ; elle concerne le problme sotrique du Makara, que fait entrevoir La Doctrine Secrte de H.P. Blavatsky. 6. Ces modifications (activits) sont la connaissance correcte, la connaissance incorrecte, la fantaisie, la passivit (sommeil) et la mmoire. Il existe un vaste champ de savoir que le voyant doit connatre un jour ou l'autre. Les psychologues occultes admettent gnralement trois modes de perception : 1. La connaissance directe par la voie des sens, chaque sens dont il fait usage mettant celui qui l'emploie en contact avec une gamme distincte de vibrations se prsentant comme des manifestations de formes. Dduction ou infrence. L'emploi, par le sujet connaissant, des capacits de raisonnement du mental en corrlation avec ce qui n'est pas directement peru. Pour l'tudiant en [[email protected]] occultisme, c'est faire usage de la Loi des Correspondances ou d'Analogie. La connaissance directe du Yogi ou voyant, centr sur la conscience du soi ou go sur son propre plan. Cela s'accomplit par le bon usage du mental en tant qu'organe de vision et de transmission. Patanjali dit :

2.

3.

"Le voyant est pure connaissance (gnosis). Quoique pur, c'est par le

truchement du mental qu'il considre l'ide offerte." Livre II, Sutra 20. La dduction n'est pas une mthode sre pour parvenir la connaissance, et les autres modifications se rapportent en premier lieu au mauvais usage de la facult constructrice d'images (imagination), la passivit tat de demi-transe et au maintien des formes-penses dans l'aura mentale par l'emploi de la mmoire. Chacun de ces sujets est trait par Patanjali dans un sutra distinct. 7. La base de la connaissance correcte est la perception correcte, la dduction correcte, et le tmoignage correct (ou preuve certaine). Une des notions les plus rvolutionnaires dont l'tudiant en occultisme doit prendre conscience et laquelle il doit s'adapter, est le fait que le mental constitue un moyen permettant d'acqurir la connaissance. En Occident, l'ide la plus courante a fait du mental l'lment qui, dans le mcanisme humain, utilise la connaissance. Le "processus consistant tourner et retourner les choses dans l'esprit" et lutter en un labeur mental ardu, afin de rsoudre des problmes, n'a en dfinitive rien faire avec le dveloppement de l'me. Ce [[email protected]] n'est qu'un stage prliminaire auquel doit se substituer une mthode diffrente. L'tudiant en Raja Yoga doit se rendre compte du fait que le mental est destin tre un organe de perception. Il ne saurait autrement arriver la juste comprhension de cette science. Le processus qui doit tre suivi l'gard du mental peut tre dcrit peu prs comme suit : 1. 2. Matrise juste des modifications (ou activits) du principe pensant. Stabilisation du mental et emploi subsquent de celui-ci par l'me en tant qu'organe de vision, sixime sens et synthse globale des cinq autres sens. Rsultat : Connaissance correcte. 3. Usage juste de la facult de perception afin que le nouveau champ de connaissance, avec lequel le contact est maintenant tabli, soit vu tel qu'il est. Ce qui est peru est interprt avec justesse par l'acquiescement ultrieur de l'intuition et de la raison. La transmission juste au cerveau physique de ce qui a t peru ; le tmoignage du sixime sens est correctement interprt, et la preuve en est transmise dans son sens occultement exact. Rsultat : Raction correcte la connaissance transmise, de la part du

4. 5.

cerveau physique. Quand ce processus est tudi et pratiqu, l'homme sur le plan physique devient de plus en plus averti des choses de l'me et des mystres du domaine de l'me, ou "Royaume de Dieu". Tout ce qui concerne le groupe et la nature de la conscience de groupe lui est rvl. Il aura pris note du fait [[email protected]] que ces rgles sont, actuellement dj dans les affaires du monde, considres comme les prmisses essentielles tout tmoignage probant. Quand ces mmes rgles seront mises en application dans le domaine du travail psychique ( la fois infrieur et suprieur), il en rsultera une simplification de la confusion actuelle. Dans un livre ancien crit l'intention des disciples d'un certain degr se trouvent les paroles suivantes, valables pour tous les disciples, novices ou accepts. La traduction en donne le sens et n'est pas littrale : "Que celui qui regarde au dehors prenne garde que la fentre travers laquelle il voit transmette la lumire du soleil. S'il le fait la pointe de l'aube (de son entreprise, A.A.B.), il doit se souvenir que le globe solaire n'a pas encore paru. Les lignes nettement dessines ne peuvent tre perues ; des phantasmes et des ombres, des espaces sombres et des zones obscures brouillent encore sa vision." A la fin de cette phrase se trouve un curieux symbole qui suscite dans l'esprit du disciple la pense suivante : "Garde le silence et rserve ton opinion." 8. La connaissance incorrecte est base sur la perception de la forme et non sur l'tat de l'tre. Ce sutra est quelque peu difficile paraphraser. Sa signification consiste en ceci : la connaissance, la dduction, une dcision base sur les apparences ainsi que sur la forme par laquelle toute vie s'exprime dans chaque rgne de la nature, constituent (pour l'occultiste) une connaissance fausse et [[email protected]] mensongre. A ce stade du processus volutif, aucune forme d'aucune sorte n'est la mesure de la vie qui y rside, ni ne peut en tre une expression adquate. Nul vritable adepte ne juge une expression quelconque de la divinit d'aprs son troisime aspect. Le Raja Yoga dresse l'homme fonctionner dans son second aspect et se mettre, grce ce second aspect, en rapport avec la "vraie nature" latente en toute forme. C'est l' "tre" qui est la ralit essentielle et tous les tres luttent pour exprimer la vrit de leur tre. En consquence, toute connaissance acquise par l'entremise des facults infrieures et base sur l'aspect forme, est une connaissance incorrecte.

L'me seule peroit correctement ; l'me seule a le pouvoir de prendre contact avec le germe ou principe de Buddhi (dans la phrasologie chrtienne le Principe christique) qu'on trouve au cur de tout atome, qu'il s'agisse de l'atome de la matire qui fait l'objet des tudes de laboratoire du savant, de l'atome humain au creuset de l'exprience quotidienne, de l'atome plantaire dans lequel se trouve le cercle infranchissable de tous les rgnes de notre nature, ou de l'atome solaire qui est Dieu en manifestation par l'intermdiaire d'un systme solaire. Le Christ "savait ce qui tait en l'homme" et pouvait en consquence tre un Sauveur. 9. La fantaisie repose sur des images qui n'ont pas d'existence relle. C'est--dire que ces images n'ont pas d'existence relle pour autant qu'elles sont forges par les hommes eux-mmes, construites dans leurs propres auras mentales, stimules par leur [[email protected]] volont ou leur dsir, et par consquent dissipes quand l'attention se dirige ailleurs. "L'nergie suit la pense" est un dogme fondamental du systme Raja Yoga et reste vridique mme quand il se rapporte ces fantasmagories. Ces images fallacieuses forment en tout premier lieu trois groupes, que l'tudiant fera bien de considrer. 1. Les formes-penses qu'il construit lui-mme, qui ont une vie vanescente et dpendent de la qualit de ses dsirs ; n'tant donc ni bonnes ni mauvaises, ni basses ni nobles, elles peuvent tre vitalises par des tendances infrieures ou des aspirations idalistes, avec tous les stades intermdiaires qui peuvent se trouver entre ces extrmes. L'aspirant doit veiller ne pas prendre ces images pour des ralits. On peut illustrer ce fait en voquant ici la facilit avec laquelle les gens estiment qu'ils ont vu l'un des Frres (ou Matres de la Sagesse), alors qu'ils n'ont peru qu'une forme-pense de l'un d'Eux ; le dsir tant le gnrateur de la pense, ces gens sont victimes de la forme de perception errone que Patanjali appelle fantaisie. Les formes-penses cres par la race, la nation, le groupe ou une organisation. Les formes-penses d'un groupe de n'importe quel genre (allant de la forme plantaire la forme construite par quelque association de penseurs) constituent la somme de la "grande illusion". Il y a ici une suggestion pour l'aspirant srieux. La forme-pense nomme le "Gardien du Seuil" cre par un homme ds sa premire apparition sous une forme [[email protected]] physique. Etant cre par le soi personnel infrieur et non par l'me, elle n'est pas

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durable et n'assure sa cohsion que par l'nergie infrieure de l'homme. Quand l'homme commence fonctionner en tant qu'me, cette "image" qu'il a cre par sa "fantaisie" ou sa raction l'illusion, est dissipe en un suprme effort. Elle n'a pas d'existence relle lorsqu'il n'y a chez l'aspirant plus rien pour la nourrir ; s'en rendant compte, il devient capable de s'affranchir de son emprise. Ce sutra, bien qu'apparemment court et simple, est l'un des plus profondment significatifs. Il est un objet d'tude pour de hauts initis qui s'instruisent sur la nature du processus crateur de la plante et se proccupent de la dissolution de la maya plantaire. 10. La passivit (sommeil) est base sur l'tat de quitude des vrittis (ou sur la non-perception des sens). Il peut tre ncessaire de donner ici quelques claircissements sur la nature des vrittis. Les vrittis sont les activits du mental qui aboutissent un rapport conscient entre le sens mis en jeu et ce qui est senti. A part une certaine modification du processus mental ou une prise de conscience de "je-suis-moi", les sens peuvent tre actifs sans toutefois que l'homme en soit conscient. L'homme est conscient de ce qu'il voit, gote ou entend ; il dit : "Je vois, je gote, j'entends", et c'est l'activit des vrittis (de ces perceptions mentales qui sont en relation avec les cinq sens) qui le rend apte reconnatre ce fait. En se dgageant de la perception sensorielle [[email protected]] active, en cessant d'utiliser la conscience "extravertie" et en dtournant cette conscience de la priphrie vers le centre, il peut provoquer une condition de passivit, une absence d'veil mental, qui n'est ni le samadhi du Yogi, ni la ralisation de l'objectif unique auquel aspire l'tudiant en yoga, mais une forme de transe. Cette tranquillisation auto-impose est non seulement nuisible l'accomplissement du plus haut Yoga, mais elle est dans bien des cas extrmement dangereuse. Les tudiants feront bien de se rappeler que c'est le mental et son emploi correct qui sont le but du Yoga, et que l'tat nomm "vide mental" ou condition de rceptivit passive, comportant la rupture ou l'atrophie des rapports sensoriels, ne fait pas partie du processus. Le sommeil dont il est question ici n'est pas le passage du corps un tat d'assoupissement, mais la mise en sommeil des vrittis. C'est la ngation des contacts des sens, sans que le sixime sens le mental supple leurs activits. Dans ces conditions de sommeil, un homme est expos l'hallucination, aux illusions, aux fausses impressions et aux hantises. Il y a plusieurs sortes de sommeils et il n'est pas possible, dans un

commentaire tel que celui-ci, d'en donner plus qu'une courte liste : 1. 2. Le sommeil ordinaire du corps physique, dans lequel le cerveau ne rpond aucun contact sensoriel. Le sommeil des vrittis, ou des modifications des processus mentaux qui relient l'homme son entourage au moyen des sens et de la facult mentale. Le sommeil de l'me qui, occultement parlant, couvre [[email protected]] la priode de l'exprience humaine allant de la premire incarnation humaine de l'homme jusqu'au moment o il "s'veille" une connaissance du plan, et tente d'inciter l'homme infrieur s'aligner sur la nature et la volont de l'homme intrieur spirituel. Le sommeil du mdium ordinaire, o le corps thrique est partiellement expuls du corps physique et spar galement du corps astral, crant ainsi une condition de trs rel danger. Samadhi ou le sommeil du Yogi, rsultant du retrait conscient et scientifique de l'homme rel hors de sa triple enveloppe infrieure, en vue d'un travail sur des niveaux levs, prparatoire d'un service actif aux niveaux infrieurs. Le sommeil des Nirmankayas, qui est une condition de concentration spirituelle dont le foyer se trouve dans le corps spirituel ou atmique ; concentration si intense que la conscience extravertie se retire non seulement des trois plans de l'activit humaine, mais encore des deux expressions infrieures de la Triade spirituelle. Aux fins de ce travail, le Nirmankaya est "endormi" l'gard de tous les tats, sauf celui du troisime, ou plan atmique.

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11. La mmoire est le maintien de ce qui a t connu. Cette mmoire concerne plusieurs groupes de ralisations, actives ou latentes ; elle traite de certains ensembles de facteurs connus, lesquels peuvent tre numrs comme suit : 1. 2. Les images-penses de ce qui est tangible, objectif et [[email protected]] ayant t connu par le penseur sur le plan physique. Les images kama-manasiques (ou dsir-mental infrieur) de dsirs passs et de leur assouvissement. Cette "facult de forger des images" que possde l'homme moyen est base sur ses dsirs (dsirs nobles ou bas, idalistes ou dgradants, dans le sens d'un abaissement) et leur satisfaction envisage. Cela est aussi vrai de la mmoire d'un glouton

par exemple, et de l'image latente qu'il se fait d'un bon dner, que de la mmoire du saint orthodoxe se basant sur l'image qu'il se fait des joies clestes. 3. L'activit de la mmoire qui rsulte de l'entranement mental, de l'accumulation de faits acquis, de la consquence de lectures ou d'enseignements reus, et ne se base pas uniquement sur le dsir mais sur l'intrt intellectuel. Tous les contacts divers que la mmoire retient et reconnat comme manant des perceptions des cinq sens infrieurs. Les images mentales latentes dans la facult gnratrice du souvenir. Elles constituent la somme de la connaissance acquise et des prises de conscience suscites par l'emploi correct du mental en tant que sixime sens. Toutes ces formes de la mmoire doivent tre abandonnes sans rmission ; elles doivent tre tenues pour des modifications du mental, du principe pensant, et font partie en consquence de cette nature psychique versatile qui doit tre domine avant que le Yogi puisse esprer se librer des limitations et de toute activit infrieure. C'est l le but. [[email protected]] 6. Enfin (car il est inutile d'numrer des subdivisions plus complexes), la mmoire comprend aussi les expriences accumules acquises par l'me au cours de ses multiples incarnations, et emmagasines dans la vritable conscience de l'me.

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12. La matrise de ces modifications de l'organe interne, le mental, doit tre ralise par une tentative inlassable et le non-attachement. Un sutra aussi facile saisir que celui-l ne demande que quelques brves explications : intellectuellement, son sens est clair ; il est cependant difficile de le mettre en pratique. 1. L'organe interne est videmment le mental. Les penseurs occidentaux feront bien de se souvenir que l'occultiste oriental n'estime pas que les "organes" soient des organes physiques ; il se base en cela sur le fait que le corps physique, en sa forme dense ou concrte, n'est pas considr comme un principe, mais simplement comme le produit tangible de l'activit des principes rels. Les organes, occultement parlant, sont des centres d'activit tels que le mental, les divers atomes permanents et les centres de force dans les diverses enveloppes. Tous

ont leurs "ombres", ou rsultats objectifs, et les manations ainsi produites constituent les organes physiques externes. Le cerveau, par exemple, est l' "ombre" ou organe externe du mental, et l'investigateur dcouvrira que le contenu de la cavit encphalique correspond aux aspects du mcanisme humain qu'on trouve sur le plan mental. Il faut mettre l'accent sur [[email protected]] cette dernire phrase ; elle apporte une suggestion ceux qui sont capables d'en tirer profit. 2. La tentative inlassable signifie littralement l'exercice constant, la rptition incessante et un effort ritr en vue de substituer le nouveau rythme l'ancien et d'effacer, en imprimant la marque de l'me, les habitudes et modifications profondment enracines. Le Yogi, ou Matre, est l'aboutissement d'une patiente endurance ; son uvre est le fruit d'un effort soutenu, bas non sur un enthousiasme spasmodique, mais sur l'apprciation intelligente du travail accomplir et du but atteindre. Le non-attachement est par excellence ce qui en dfinitive incite toutes les perceptions des sens accomplir leurs fonctions lgitimes. Par le non-attachement aux formes de connaissance avec lesquelles les sens mettent l'homme en contact, leur emprise sur lui se relche de plus en plus et le temps vient enfin o l'homme, libr, devient le matre de ses sens et de tous les contacts sensoriels. Cela n'implique nullement un tat dans lequel ils seraient atrophis ou inutiles, mais une situation qui permet au Yogi de les utiliser, au gr de son choix et pour autant qu'il le juge bon, pour accrotre son efficacit dans le service et les entreprises de groupe.

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13. La tentative inlassable est l'effort constant en vue de rfrner les modifications du mental. Ce sutra est l'un des plus difficiles traduire de faon en donner le vritable sens. L'ide qu'il contient est celle d'un effort constant fourni par l'homme spirituel, en vue de rfrner les modifications ou fluctuations du mental et d'exercer [[email protected]] un contrle sur la nature infrieure psychique versatile, afin d'exprimer pleinement sa propre nature spirituelle. C'est ainsi et seulement ainsi que l'homme spirituel peut, sur le plan physique, vivre jour aprs jour la vie de l'me. Dans sa traduction, Charles Johnston cherche dgager cette signification par la phrase suivante : "L'emploi correct de la volont est l'effort continu pour se maintenir en un tat d'tre spirituel." L'ide implique est l'application au mental (considr comme un sixime

sens) de la mme rpression laquelle sont soumis les cinq sens infrieurs ; leurs activits en direction de l'extrieur sont interrompues et ils sont empchs de ragir l'impulsion ou l'attrait de leur champ de connaissance spcifique. 14. Quand la valeur de l'objectif vis est estime assez haut, et que les efforts pour l'atteindre sont soutenus avec persistance et sans relche, la stabilit mentale (matrise des vrittis) est assure. Tous les fidles du Raja Yoga doivent tre en premier lieu des dvots. Seul, un intense amour pour l'me et pour toute la connaissance que l'me comporte, conduira l'aspirant assez srement vers son but. L'objectif en vue l'union avec l'me et en consquence avec l'Ame suprme et toutes les mes doit tre estim avec justesse. Les raisons en faveur de sa ralisation tant correctement values et les rsultats attendus tant au pralable dsirs (ou aims) avec le plus grand srieux, l'aspirant fournira un effort assez intense pour lui permettre d'obtenir la matrise des modifications du mental et, en consquence, de sa nature infrieure tout entire. [[email protected]] Quand cette valuation est assez juste et quand l'aptitude aller de l'avant dans le travail de sujtion et de matrise s'accomplit sans relche, un temps viendra alors o l'tudiant prendra conscience de ce que signifie la rpression des modifications et le comprendra de plus en plus. 15. Le non-attachement est la libration de toute convoitise pour tous les objets du dsir, qu'ils soient de nature terrestre ou traditionnelle, d'ici-bas ou de l'au-del. Le non-attachement peut aussi tre dcrit comme tant absence de soif. C'est le terme occulte le plus correct puisqu'il implique la fois l'ide de l'eau, symbole de l'existence matrielle, et du dsir, qualit distinctive du plan astral, dont le symbole est galement l'eau. La notion de l'homme en tant que "poisson" est ici curieusement exacte. Ce symbole (comme c'est le cas de tous les symboles) a sept significations, dont deux trouvent ici leur place : 1. Le poisson est le symbole de l'aspect Vishnou, le principe christique, l'aspect second de la divinit, le Christ en incarnation, qu'il s'agisse du Christ cosmique (S'exprimant travers un systme solaire) ou du Christ individuel, sauveur en puissance dans chaque tre humain. C'est l le "Christ en vous, l'esprance de la gloire." (Col. 1 : 27) Si l'tudiant veut bien entreprendre aussi l'tude de l'Avatar de Vishnou en tant que poisson, il en apprendra encore davantage. Le poisson nageant dans les eaux de la matire, extension de la mme

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ide, mais rabaisse son expression actuelle la plus manifeste : l'homme en tant que personnalit. [[email protected]] L o n'existe aucune convoitise pour quelque objet que ce soit, o ne se trouve pas le dsir de renatre (toujours conscutif l'ardent dsir de l' "expression formelle" ou manifestation matrielle), le vritable tat d'absence de soif est atteint ; l'homme libr se dtourne de toutes les formes des trois mondes infrieurs et devient un vritable sauveur. Dans la "Bhagavad Gita" se trouvent ces paroles illumines : "Car ceux qui possdent la sagesse, unis dans la vision de l'me, renonant au fruit des uvres, librs de la servitude des renaissances, atteignent le havre o nulle affliction ne demeure." "Quand ton me passera au-del de la fort de l'illusion, tu ne feras plus de cas de ce qui fut enseign ou sera enseign." "Quand, s'tant soustraite l'enseignement traditionnel, ton me se dressera, stable et ferme en sa vision d'me, ton gain sera alors l'union avec l'Ame." (Gta II, 52 et 53) J.H. Woods rend ce texte clair dans sa traduction du commentaire de Veda Vyasa reproduit ci-dessous : "L'absence de passion est la conscience d'tre un Matre, que possde celui qui s'est libr de l'avidit pour les objets, qu'ils soient vus ou rvls." "Si la substance mentale (chitta) s'est libre de l'avidit pour les objets vus, tels que les femmes, la nourriture, la boisson ou le pouvoir ; si elle s'est libre de l'objet rvl (dans les Vdas), tels que l'accs au Ciel, l'tat dsincarn ou la dissolution en la matire originelle ; si mme tant en contact avec des objets supernormaux ou non, elle est, par la vertu de sa grandeur, consciente de l'imperfection des objets elle aura conscience d'tre un Matre..." Le [[email protected]] mot "traditionnel" carte la pense de l'tudiant de ce qui est gnralement considr comme l'objet de la perception sensible dans le monde des formes-penses, cette "fort de l'illusion" suscite par les ides que l'homme entretient sur Dieu, le ciel ou l'enfer. La sublimation de tout cela et l'expression la plus haute qui y est donne dans les trois mondes, est ce "dvachan" qui reprsente le but pour la majorit des fils des hommes. Toutefois, L'exprience dvachanique doit en dfinitive se transformer en ralisation nirvanique.

L'tudiant pourra avec fruit se souvenir que le ciel, objet de son dsir et de son aspiration en mme temps que produit de l'enseignement traditionnel et de toutes les expressions des credos doctrinaux a, pour l'occultiste, des sens multiples. En vue de rendre ce qui prcde plus clairement intelligible, le texte suivant pourra tre d'une certaine utilit : 1. Le Ciel, tat de conscience sur le plan astral, concrtise le dsir impatient de l'aspirant pour le repos, la paix et le bonheur ; il est bas sur les "formes de la joie", il est un tat de plaisir sensible et, comme chaque individu l'difie son propre usage, il est aussi divers que ceux qui y aspirent. A l'gard du ciel, le non-attachement doit tre ralis. Il est conu comme offrant des jouissances s'adressant au soi infrieur et l'homme priv de son corps astral pour passer sur le plan mental. Le Dvachan, tat de conscience sur le plan mental dans lequel passe l'me quand, prive de son corps astral, elle fonctionne dans son corps mental, ou se trouve limite par lui. [[email protected]] Le Dvachan est d'un ordre plus lev que le Ciel ordinaire et la flicit prouve est plus mentale que le sens donn ce mot ne le comporte gnralement ; elle reste nanmoins dans le monde infrieur de la forme et sera dpasse quand le non-attachement sera reconnu. Le Nirvana, condition dans laquelle passe l'adepte quand les trois mondes infrieurs ne sont plus "lis" lui par ses inclinations ou son karma et dont il fait l'exprience aprs : a. b. c. avoir pass certaines initiations. s'tre libr des trois mondes. avoir organis son corps Bouddhique.

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A strictement parler, les adeptes qui ont ralis le non-attachement, mais ont choisi de se sacrifier en demeurant parmi les fils des hommes afin de les servir et les aider, ne sont pas, techniquement, des Nirvanis. Ils sont des Seigneurs de Compassion s'tant engags souffrir conjointement certaines conditions analogues (bien que non identiques) aux conditions rgissant les hommes encore attachs au monde de la forme, et tre rgis par elles. 16. Le parachvement de ce non-attachement a pour rsultat une connaissance exacte de l'homme spirituel, affranchi des qualits ou gunas. L'tudiant fera bien, en considrant ce sutra, de se rappeler certains points : 1. Que l'homme spirituel est la monade,

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Que le processus volutif, port son plus haut point, provoque non seulement la libration de l'me hors des limitations [[email protected]] des trois mondes, mais encore la libration de l'homme spirituel hors de toutes les limitations, mme celle de l'me elle-mme. Le but est l'absence de forme ou dgagement de la manifestation objective et tangible. Le vritable sens en apparat l'tudiant quand il se souvient de l'unit de l'esprit et de la matire en tat de manifestation ; soit, que nos sept plans sont les sept sous-plans du plus bas des plans cosmiques, le plan physique. En consquence, seul "le temps de la fin" et la dissolution d'un systme solaire rvleront la vritable signification de l'absence de forme. Les gunas sont les trois qualits de la matire, les trois effets produits quand l'nergie macrocosmique, la vie de Dieu qui persiste indpendamment de toute manifestation formelle, anime la substance, ou l'imprgne d'nergie.

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Les trois gunas sont : 1. 2. 3. Sattva Energie de l'Esprit Monade Rajas Energie de l'Ame Ego Pre Fils rythme ou vibration harmonieuse. mobilit ou activit.

Tamas Energie de la Matire Personnalit.

Saint-Esprit inertie.

Ces trois gunas correspondent la qualit de chacun des trois aspects exprimant la Vie unique. En un commentaire aussi bref que celui-ci il n'est pas possible de s'tendre le moins du monde sur ce sujet, mais on peut acqurir quelque ide sur ce que signifie la ralisation du non-attachement en ce qui concerne, soit le macrocosme, soit le microcosme : les trois gunas ont t employes et une exprience complte a t acquise par l'utilisation de la forme. La conscience, la perception ou connaissance s'est dveloppe par l'attachement un objet ou une forme ; toutes les ressources ont t mises en uvre et l'homme spirituel (logoque [[email protected]] ou humain) n'en a plus ni l'usage ni le besoin. Il est en consquence libr des gunas, dgag de la manifestation formelle rsultant de l'attachement et il entre en un nouvel tat de conscience sur lequel il est inutile de spculer.

17. La conscience d'un objet s'obtient par la concentration sur sa nature quadruple : la forme, par l'examen ; la qualit (ou guna), par la mise en uvre du discernement ; le dessein, par l'inspiration (ou la grce) et l'me, par l'identification. Il apparat donc que le prcepte "comme un homme pense ainsi est-il" (Prov. XXIII, 7) se base sur des faits occultes. Toute forme, de quelque sorte qu'elle soit, a une me et cette me ou principe conscient est identique celle qui se trouve en la forme humaine ; identique en nature, mais non quant l'tendue ou au degr de son dveloppement. Cela est galement vrai des grandes Vies ou Existences suprahumaines en lesquelles l'homme "vit, se meut et a son existence" (Actes XVII, 28) et au stade de dveloppement Desquelles il aspire. Tandis que l'aspirant choisit avec soin les "objets" de sa mditation, il construit lui-mme, grce ces objets, l'chelle qui lui permettra en dfinitive d'atteindre l'absence d'objet. Son mental prenant de plus en plus l'attitude mditative de l'me, le cerveau devient galement de plus en plus soumis au mental, tout comme celui-ci l'est l'me. L'homme infrieur s'identifie ainsi graduellement l'homme spirituel, qui est [[email protected]] omniscient et omniprsent. Cette attitude mditative rsulte d'un quadruple processus : 1. Mditation sur la nature d'une forme particulire, en se rendant compte, tandis que la forme est soumise la rflexion qu'elle n'est que le symbole d'une ralit interne, notre monde objectif tangible tout entier tant fait d'un certain genre de formes (humaines, subhumaines ou suprahumaines) qui expriment la vie d'une multitude d'tres sensibles. Mditation sur la qualit de quelque forme particulire, permettant ainsi d'arriver l'apprciation de son nergie subjective. On doit se souvenir que l'nergie d'un objet peut tre considre comme la couleur de cet objet. Les paroles de Patanjali (IV, 17) deviennent alors illuminantes cet gard et servent de commentaire ce second point. Cela s'appelle "participation avec discernement" ; par elle, l'tudiant atteint la connaissance de l'nergie en lui, laquelle est une avec l'objet de sa mditation. Mditation sur le dessein d'une forme particulire quelconque. Cela implique la considration de l'ide qui se trouve, sous-jacente, l'arrire-plan de toute manifestation de forme et de son dploiement d'nergie. Cette prise de conscience conduit l'aspirant plus avant vers une connaissance de la partie du plan ou dessein du Tout, qui

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constitue l'agent moteur de l'activit de la forme. Ainsi, le contact avec le Tout s'tablit par l'entremise de la partie ; il s'ensuit une expansion de la conscience, comportant flicit ou joie. La batitude suit toujours la certitude consciente de l'unit de la partie avec le Tout. La mditation sur les tattvas nergies ou principes ainsi que sur les tanmattras ou lments composants de l'esprit-matire, [[email protected]] entrane la connaissance du dessein ou plan concernant les manifestations microcosmiques ou macrocosmiques ; or, avec cette connaissance vient la flicit. On peut trouver en ces trois mditations des correspondances avec les trois aspects, esprit, me et corps ; elles constituent une tude rvlatrice pour l'tudiant srieux. 4. Mditation sur l'me, sur l'Un qui utilise la forme, lui infuse l'nergie menant l'activit et travaille l'unisson du plan. Cette me, tant une avec toutes les mes et avec l'Ame suprme, contribue servir le plan unique et possde la conscience de groupe.

Ainsi, par ces quatre degrs de mditation sur un objet, l'aspirant atteint son but, la connaissance de l'me et des pouvoirs de l'me. Il s'identifie consciemment avec la ralit unique et cela dans son cerveau physique. Il trouve la vrit qui est lui-mme, en mme temps que la vrit cache en chaque forme et chaque rgne de la nature. Il arrivera donc, en dfinitive (quand il aura acquis la connaissance de l'me elle-mme), la connaissance de l'Ame-Tout et deviendra un avec elle. 18. Un degr plus avanc de samadhi est ralis lorsque, par la pense unifie, l'activit extrieure est calme. A ce stade, la chitta n'est sensible qu'aux impressions subjectives. Le mot "samadhi" donne lieu des interprtations diverses et s'applique diffrents stades de la ralisation du yogi, ce qui suscite quelque difficult l'tudiant moyen se livrant l'tude des divers commentaires. L'une des faons les plus faciles de saisir la signification de ce mot consiste [[email protected]] peut-tre se souvenir que le mot "Sama" se rfre la facult qu'a la substance (chitta) de prendre forme ou de se modifier en conformit avec les impressions extrieures. Ces impressions atteignent le mental par la voie des sens. Quand l'aspirant en Yoga peut exercer un contrle sur ses organes de perception sensorielle et les empcher de continuer transmettre au mental leurs ractions ce qui est peru par eux, deux choses se produisent alors : a. Le cerveau physique devient silencieux et calme.

b.

La substance mentale, ou corps mental, la chitta, cesse d'assumer les manifestations diverses et devient galement calme.

C'est l'un des stades de dbut du Samadhi mais non le samadhi de l'adepte. C'est un tat d'activit intrieure intense, se substituant l'activit extrieure. L'aspirant ragit cependant aux modifications rsultant de perceptions plus subjectives encore. Il prend conscience d'un champ de connaissance nouveau, bien qu'ignorant encore ce qu'il est. Il se rend compte de l'existence d'un monde qui ne peut tre connu par l'entremise des cinq sens, mais que rvlera l'emploi correct de l'organe mental. Il acquiert une perception de ce qui peut apparatre derrire les mots qu'on trouve dans l'un des sutras suivants ; dans la traduction de Charles Johnston, cette ide est exprime en termes particulirement clairs : "Le voyant est pure vision... il regarde au dehors travers le vtement du mental." (Livre II, Sutra 20) Le sutra prcdent traitait de ce qu'on peut appeler la [[email protected]] mditation avec semence ou objet ; ce sutra-ci suggre le stade suivant : la mditation sans semence, ou dnue de ce qui pourrait tre reconnu comme objet par le cerveau physique. Il pourrait tre avantageux de mentionner ici les six stades de mditation dont traite Patanjali car ils constituent une indication au sujet du processus intgral de dveloppement dont il est question dans ce livre : 1. 2. 3. 4. 5. 6. Aspiration. Concentration. Mditation. Contemplation. Illumination. Inspiration.

Il est utile de remarquer ici que l'tudiant commence par aspirer ce qui gt au-del de son savoir, et aboutit tre inspir par ce qu'il a cherch connatre. La concentration (ou centralisation intense) a pour rsultat la mditation et la mditation s'panouit en contemplation. 19. Le samadhi qui vient d'tre dcrit ne dpasse pas les limites du monde phnomnal ; il ne va pas au-del des dieux, ni de ceux qui ont affaire au monde concret. Ici, il convient de noter que les rsultats acquis par les dveloppements qui

font l'objet des sutras dix-sept et dix-huit, ne conduisent l'aspirant qu' la lisire du domaine de l'me, ce nouveau champ de connaissance dont il a pris conscience. Il est encore confin aux trois mondes. Il n'est arriv qu' tranquilliser les modifications du corps mental, afin que l'homme [[email protected]] (sur le plan physique et dans son cerveau physique) puisse prendre connaissance pour la premire fois de ce qui se trouve au-del de ces trois mondes, c'est-dire l'me, son rayon de vision et son savoir. Il a encore renforcer la chane qui le rattache l'me (et dont il est trait dans les sutras vingt-trois vingthuit). Puis, ayant transfr sa conscience en celle de l'homme rel ou spirituel, il doit commencer travailler de ce nouveau point de vue ou terrain favorable. Cette ide a t exprime par quelques traducteurs comme tant la condition dans laquelle l'aspirant devient conscient "du nuage de pluie des choses connaissables". Le nuage de pluie n'a pas produit de prcipitation suffisante pour faire tomber la pluie, des hauteurs clestes jusqu'au plan physique, ou pour que les "choses connaissables" deviennent connues du cerveau physique. Le nuage est peru comme le rsultat d'une intense concentration et de l'apaisement des modifications infrieures ; mais, avant que l'me le Matre ait pris la barre, la connaissance de l'me ne peut se dverser dans le cerveau physique travers le sixime sens, le mental. La science du Yoga est une science relle, et le vritable samadhi ou ralisation ne sera accompli que lorsque les tudiants l'aborderont au moyen des stades appropris et par l'emploi des mthodes scientifiques. 20. D'autres yogis ralisent le samadhi et parviennent diffrencier l'esprit pur par la croyance suivie de l'nergie, de la mmoire, de la mditation et de la perception juste. Dans les groupes prcdents de Yogis dont il a t question, la perception tait limite au monde phnomnal, bien qu'il [[email protected]] faille comprendre par l uniquement les trois mondes de la perception mentale, de la perception astrale et des sens physiques. Les nergies productrices de concrtion, ainsi que le pouvoir moteur de la pense dont rsultent des effets sur le plan physique y sont connus et un contact est tabli. Ici, cependant, le Yogi se transfre en des domaines plus spirituels et subtils et prend conscience de ce que le soi (en sa vritable