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Varenne PHR 3

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  • Je laimais de tout mon cur,il restera grav dans ma m-moire jusqu la fin de mes

    jours. Ctait un petit garon for-midable. Les gens qui ne le sa-vaient pas, nauraient jamaispens quil tait malade ,confie Fatima, la grand-mrede Mal Pedebidou.Martine, sa deuxime grand-

    mre soupire: cest une nor-me peine, un chagrin dont on nese remettra jamais. Sa gorge seserre, elle ne peut en dire da-vantage.Leur petit-fils avait cinq ans

    et tait atteint dHTAP (Hy-pertension artrielle pulmo-naire). Il est dcd mardi22 novembre dans les bras deson papa, Yannick, lhpitalNecker, Paris. Il devait se fai-re oprer du cur le jeudi sui-vant.

    Un formidablelan dhumanit

    Que dire sa famille, sesgrands-mres, son pre, samre? Les mots sont drisoireset cest encore plus vrai quandon parle de la famille Pedebi-dou -El Mankouch. Plus quedes mots cest un vritable cridamour qua souhait lancerMaubourguet la famille.Younce et Marie, son oncle

    et sa tante racontent: tant degens sont venus nous voir, deMaubourguet et des alentours.Lensemble de la population a tl pour nous, on a eu des tmoi-gnages de soutien de partout, m-me de gens quon ne connaissaitpas. Les gens du voyage sont ve-nus faire une veille dans la nuitde jeudi vendredi et ils taientaussi aux obsques et sont restsjusqu ce que Mal parte. Le cu-r, Jean-Jacques Barrre a t par-fait. Il a toujours t l pour Mal,il venait souvent voir le petit. Lesmembres du club de rugby, lecharcutier de Maubourguet nous

    ont fait manger on ne sat-tendait pas tout a. Chacun a tenu, sa mani-

    re, partager une part de ladouleur de la famille, tre ltout simplement. Les com-merants ont baiss leurs ri-deaux, ce vendredi. Les mo-tards ont accompagn lecortge, toute la caserne deMaubourguet tait l, les pa-rents denfants malades, lesmembres de lassociationHTAP France Environ 1000personnes se sont runies au-tour de Malika et Yannick, lesparents de Mal, pendant lesobsques. Jean-Jacques Barr-re, le cur du village sourit : lglise tait bonde, je navaisjamais vu autant de monde. Il yavait mme de trs nombreusespersonnes dehors. Cest un mes-sage de vie, despoir quont ap-port ces gens. Un lan dhuma-nit tout simplement. Une gnrosit sans borne

    qui ne cesse de surprendre lafamille. Yannick, son papaconfie: tellement de gens sontpasss la maison pour le voir,nous ont appels, a serait im-possible de remercier tout le mon-de.Quand Jean-Jacques Barrre est

    venu le voir, il sest mis genouxpour dire une prire et sous lecoup de lmotion a eu du mal se relever. Il connaissait trs bienMal et a beaucoup de peine. JeanGuilhas et son quipe taient Paris pour le congrs des maires,ils voulaient nous faire la surpri-se de venir nous voir aprs lop-ration. Elle na jamais eu lieu,mais ils sont venus quand mmele matin et ont pass un momentavec nous. Mal avait russi fdrer tellement de gens au-tour de lui, il tait aim detous. Hanane, une de sestantes, lche: je laimais nor-mment . a a toujours tainsi. Dj quand Elodie et lesautres tatas avaient dcid

    dorganiser le dfil Estirac,elles avaient t surprises dunombre de personnes quitaient venues, de lengoue-ment des gens vis--vis de leurcause.

    Je navais jamaisvu autant demonde

    Elodie se rappelle, mue. On a servi 400 repas, on a r-colt entre 8000 et 9000 pourlassociation ce soir-l, ctaitnorme. On a eu raison de le fai-re, de faire cette soire pour quilvive a. Toute la solidarit, toutela joie quon a ressentie ce soir-l, on a pens que a suffirait, quea ferait avancer les choses. Mal-heureusement, la maladie la em-port, mais il serait toujours l,dans nos curs et on continuerade se battre pour lui. On va faireun calendrier pour 2012 quon vavendre pour rcolter des fonds.Lors de la messe, Marie Goupil,la coordinatrice rgionale de las-sociation, a fait un mouvant dis-cours. Ensuite, elle nous a de-mand si on souhaitait continuer uvrer pour lassociation. Ona tous dit oui, on veut aider lesautres personnes qui souffrent decette maladie, que les gens nou-blient pas, nous, on pensera tou-jours lui.

    La famille continue le combat aux ctsde lassociation

    La famille a mme dciddaller encore plus loin. Alexiaet Patrick racontent. Un mat-ch de rugby va tre organis auprofit de lassociation. Toute lafamille, les amis de la famillevont participer lultramarathonqui a lieu chaque anne entreToulouse et Port-La-Nouvelle.Avec derrire ces actions, un

    seul but, faire connatre la ma-ladie et rendre un hommage Mal. ctait un petit bonhom-me qui ne sest jamais plaint, iltait si courageux. Quand on levoyait jouer avec les autres en-fants, on voyait un enfant commeles autres pas un petit malade.On naurait jamais pens que a

    arriverait aussi vite. Cest la pirechose qui puisse arriver des pa-rents. Mal laisse un vide im-mense derrire lui. On doit sou-tenir sa mre, son pre, son frreThibault, et tous les parents den-fants malades. Ce nest pas par-ce quil nest plus l quil faut ar-rter de lutter. Pour le courage que

    Mal a eu, on continuera sesouvenir de lui. La vraie leon decourage, cest lui qui nous la don-ne mme si on ne dira jamaisassez quil est parti trop tt.

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    Maubourguet b La famille Pedebidou-El Mankouch raconte

    Le village runi autour de la familleMal Pedebidou est dcd ce mardi 22 novembre. Depuis, amis, membres de lassociation, lus tousont tenu apporter leur soutien sa famille. Des gestes qui les ont tous particulirement touchs.

    4 Jeudi 1er dcembre 2011 La Semaine des Pyrnes

    Lhommage Mal

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    La leon de courage, cest Mal qui nous ladonne.

    Le plus grand parmi nous, ctait lui , des mots qui rsument au mieux ce que ressent Jean-Jacques Barrre. Le cur du village connaissait bien Mal. Ctait son copain comme racon-tent les oncles du jeune garon. Jean-Jacques Barrre confie : je me sentais concern par lamaladie de Mal, la paroisse a essay de participer au soutien de lassociation HTAP France samanire. Jallais souvent le voir, jaimais passer du temps avec lui. Jai toujours eu beaucoup daf-fection pour toute sa famille, pour Malika, notamment qui est tout sauf une femme ordinaire.Cest une famille extraordinaire. Quand je lai vu sur son lit, je lai embrass, jai pleur et jai es-say de prier pour lui, pour la famille, et pour avoir la force de prononcer le sermon. Cest la fa-mille de Mal qui me la donne, les voir se serrer les coudes avec une telle force, une telle digni-t, ma donn ce dont javais besoin. Jai refus de choisir des chants tristes, je lai bni avec unebranche de laurier, jai voulu adresser un message de vie.

    Mal a construit une grande maison nous de la faire vivre

    Llan de solidarit autour de la famille a boulevers le prtre. Depuis, le mardi soir, jai reunormment de coups de fils de gens qui me demandaient : mais comment va-t-on faire ? Et,le jour des obsques lglise tait pleine. Les enseignants de son cole avaient fait faire aux en-fants des fleurs de toutes les couleurs et leur avaient fait planter leur prnom dans deux jardi-nires. Jai trouv a trs beau. Ils avaient galement apport une guirlande lumineuse dont ils sesont servis pour entourer le cercueil, pour que Mal reste dans la lumire. Je noublierai jamaisce moment-l, il sest fix en moi. Il a particulirement t mu par la beaut des textes lus parJacky, lassistante maternelle de lcole : tu avais peur de la souffrance, tu la supportais pour-tant avec courage. Tu nous as pris tout simplement la vie , ou encore celui de Lucette, une amiede Mal. Tu avais tant de choses nous dire. Tu tais avide de voir et dentendre, comme si tusavais que tu avais peu de temps pour apprendre et comprendre. Tout cela, ctait toi, Mal, etta richesse cest la ntre maintenant, nous de la garder et de la faire vivre . Jean-Jacques Bar-rre sourit. Il y aura mille et une faons de parler de Mal mais celle quil prfre, cest avec unechanson. Il tait un petit homme, pirouette . Mal a demand son pre de lui chanter lachanson juste avant de mourir. Pour moi, le petit homme ctait lui. En appelant tous sesgestes, toute cette fraternit, il a construit une grande maison. Elle est encore en carton parcequelle est fragile, quelle peut toujours se briser, mais nous de nous battre pour la faire vivrecette maison. Lui, la fait, avec sa simplicit denfant, comme une pirouette. Son temps de vie at trs court, a nempche quil tait grand, grand par ce quil a fait rayonner, ici, par ce formi-dable lan dhumanit quil a cr au-del de ce quon peut imaginer.

  • L HTAP est une maladierare. Ils sont quelquesmilliers de patients enFrance souffrir de cette pa-thologie. Dans le Sud-Ouest,ils ne sont que 30 faire par-tie de lassociation HTAPFrance.

    Marie-Goupil est lunedentre-eux.

    La Semaine des Pyrnes :Comment avez-vous connuMal et sa famille?

    Marie Goupil: Malika ma ap-pele un jour, elle tait lh-pital avec son fils, Toulouseet je lai immdiatement re-jointe. Pourtant, jai long-temps attendu avant de ren-contrer des enfants malades.LHTAP ma enlev le droitden avoir et je pensais que aserait trop dur daller voir unpetit bout de chou avec unepompe.

    Mais, quand Malika ma ap-pele jai dcid darrter deme poser des questions. Malma apport une force norme,une envie de lutter pour lui,tellement que jen oubliais mamaladie pour ne penser qului. Ctait ma lueur despoir.Elle sest teinte aujourdhuimais a ne doit pas nous em-pcher de continuer encorepour que son combat ne soitpas vain.

    Continuer pour quele combat ne soit pasvain

    La maladie de Mal a tou-ch normment de personnes Maubourguet?

    Oui. Mal tait malade de-puis trois ans dj. Cependant,il ne sest jamais arrt de sou-rire, ne sest jamais plaint. Sajoie de vive a touch norm-ment de personnes. Le plusgros combat dHTAP Franceaprs le soutien aux maladeset leur famille, cest de rus-sir faire connat