amenagment forestiers durable_fao

Author: donia-abdelwahed

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  • Dpartement des forts Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture

    Document de travail sur les forts et arbres plants

    FONDS FIDUCIAIRE NERLANDAIS D'APPUI L'AMNAGEMENT FORESTIER DURABLE DANS LES PAYS FAIBLE COUVERT

    FORESTIER

    RLE DES PLANTATIONS FORESTIRES ET DES ARBRES HORS FORTS DANS L'AMNAGEMENT FORESTIER

    DURABLE:

    RPUBLIQUE DE TUNISIE RAPPORT PAR PAYS

    S. Rouchiche et H. Abid

    Dcembre 2003

    Service de la mise en valeur des ressources forestires Division des ressources forestires Document de travail FP/27F Dpartement des forts FAO, Rome (Italie)

  • ii

    Avertissement Les documents de travail sur les forts et arbres plants rendent compte des questions et activits en relation avec les plantations forestires. Ces documents de travail ne refltent aucune position officielle de la FAO. Le site Internet de la FAO (http://www.fao.org/forestry) doit tre consult pour toute info rmation officielle. Le but de ces documents est de fournir des informations sur les activits et les programmes en cours, ainsi que de stimuler le dbat. Les commentaires et opinions sont les bienvenus. Pour plus d'informations, prire de contacter: M. Jim Carle, Forestier principal (plantations et protection) Service de la mise en valeur des ressources forestires Division des ressources forestires Dpartement des forts FAO I-00100 Rome (Italie) ml: [email protected] ou [email protected] Pour citation: FAO (2003). Rle des plantations forestires et des arbres hors fort dans l'amnagement forestier durable en Rpublique de Tunisie, par S. Rouchiche et H. Abid. Documents de travail sur les forts et les arbres plants, Document de travail 27. Service de la mise en valeur des ressources forestires, Division des ressources forestires, Rome (non publi).

  • iii

    Avant-propos Les populations des pays en dveloppement confronts la dsertification et une grave dgradation des terres, en particulier dans les zones arides et semi-arides, peuvent connatre une inscurit alimentaire extrme et une pauvret effroyable. Dans la plupart des pays, leurs rapports aux forts et aux arbres sont intrinsquement lis entre eux et interdpendants. Les populations pauvres reconnaissent que les forts et les arbres protgent les sols, leau et la diversit biologique, fournissent un abri et de lombre pour leurs villages ainsi quune protection pour les coutumes culturelles, et aident lutter contre la dsertification. Afin de les pourvoir en nourriture, bois de chauffe, fourrage, mdicaments et matriaux de construction partir des maigres ressources disponibles, ils adoptent des comportements de survie, surexploitent les forts et les terres de parcours, et provoquent des taux alarmants de dboisement et de dgradation forestire, ce qui ronge encore plus leurs moyens de subsistance. Les approches dcentralises, participatives, intersectorielles et multidisciplinaires approches de la politique, de la planification, de la mise en oeuvre et du suivi sont nouvelles pour de nombreux pays en dveloppement faible couvert forestier. Elles requirent de nouveaux cadres institutionnels ainsi quune formation et des comptences dans la planification forestire et lamnagement forestier. La voix du secteur forestier, qui a en gnral t marginalise, doit tre prise en compte dans les comits de planification et les groupes de travail intersectoriels pour en tirer les priorits nationales de dveloppement et les stratgies nationales de dveloppement forestier. Ce faisant, il devrait examiner la valeur vritable et les rles potentiels des forts naturelles, des forts artificielles et des arbres hors forts dans lappui la restauration des paysages et les moyens de subsistance durables dans les paysages urbains et ruraux. Il est essentiel dintgrer les arbres et forts plants dans des approches plus holistiques afin de fournir des services environnementaux et des avantages pour la biodiversit, et de satisfaire les besoins court et long terme des populations. Il est galement ncessaire de rendre la technologie moderne et la connaissance traditionnelle disponibles dans des approches plus orientes vers les populations partager par le biais de rseaux nationaux et internationaux, et des systmes et dmonstrations solides de vulgarisation et dappui technique. Cette tude de cas a t effectue dans le cadre du Programme de partenariat FAO-Pays-Bas pour soutenir lamnagement forestier durable dans les pays faible couvert forestier dans les rgions du Proche-Orient et dAfrique. Elle fait partie dune srie de six tudes effectues en Iran, en Oman et en Tunisie dans la rgion du Proche-Orient pour constituer la base de lAtelier de Thran, du 28 au 31 octobre 2002 et le Mali, lEthiopie et la Namibie dans la rgion Afrique pour constituer la base de lAtelier de Nairobi, du 26 au 29 novembre 2002. Les tudes de cas, choisies pour reprsenter les conditions cologiques, sociales, culturelles, environnementales et conomiques uniques prdominantes dans les rgions, ont t accomplies pour valuer les rle des forts plantes et des arbres hors forts dans lappui lamnagement forestier durable et la restauration des paysages dans les pays faible couvert forestier. Les forts naturelles, les terres de parcours, les ressources en terres boises, les arbres hors forts, lagroforesterie, la foresterie urbaine et pri-urbaine jouent tous des rles importants dans lappui aux paysages sociaux, culturels, environnementaux et conomiques, en particulier dans les pays faible couvert forestier.

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    Cette tude de cas se concentre sur les questions principales, les contextes politique/juridique/institutionnel, le statut des forts et des terres de parcours, les contraintes, les opportunits, les lacunes dans les connaissances, les leons apprises et les actions proposes pour progresser. Il sagit dun premier pas dans la traduction des politiques et des actions proposes vers la mise en oeuvre.

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    Remerciements Les informations tires de ltude de cas ont t rcoltes partir dune collaboration entre la FAO et les consultants nationaux, les autorits gouvernementales et dautres intervenants nationaux collaborateurs. Les auteurs remercient le Sige de la FAO pour lassistance prcieuse fournie, en particulier MM. Jim Carle et Syaka Sadio de la Division des ressources forestires de la FAO, Rome, pour leur appui et pour les efforts significatifs quils ont mis dans la prparation et le lancement de la mission. Nous tendons nos remerciements lensemble du personnel de la FAO rencontr au Sige, qui a fourni une assistance utile au cours des sessions dinformation et de la phase de recherche documentaire. Nos remerciements vont galement MM. Mustapha Sinaceur, Reprsentant de la FAO et Mohamed Ajroud, Charg de programme FAO, ainsi quau personnel de la Reprsentation de la FAO en Tunisie, pour leur constante sollicitude. Nous souhaitons faire part de notre gratitude MM. Ahmed Redha Fekih, Directeur gnral de la foresterie (Tunisie), Ahmed Bouzid, Chef de la Direction du dveloppement du sylvopastoralisme, et lensemble du personnel technique de la Direction gnrale de la foresterie pour la logistique et les informations prcieuses fournies la mission pendant ses visites de terrain en Tunisie. Les auteurs souhaitent exprimer leur gratitude toutes les institutions visites et remercient tous les officiels rencontrs. En particulier, nous sommes reconnaissants envers lensemble du personnel forestier de terrain de Kef, Jendouba, Nefza, Ain Draham et Beja, qui ont offert leur cordiale hospitalit la mission et ont contribu ses efforts en partageant leur exprience de la foresterie et en fournissant des rapports annuels et autres documentations utiles. Le consultant international souhaite exprimer ses remerciements particuliers M. Mongi Ben MHamed, Directeur du Projet damnagement forestier intgr, M. Ghazi Gader, Chef du Service de lconomie forestire, M. Mouldi Ben Said, Directeur assistant du dveloppement forestier et M. Selmi Khemais, Chef du Service de linventaire forestier.

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    TABLE DES MATIRES

    LISTE DES ACRONYMES........................................................................................................ 1 SOMMAIRE EXECUTIF........................................................................................................... 2 INTRODUCTION....................................................................................................................... 5 1. PRESENTATION GENERALE....................................................................................... 6

    1.1 CONTEXTE.....................................................................................................................6 1.1.1 Brve description gographique et historique du pays...................................................6 1.1.2 Caractristiques dmographiques et conomiques .......................................................6 1.1.3 Gouvernement et administration .................................................................................6 1.1.4 Cadre politique et juridique ........................................................................................7 1.1.5 Systmes de planification et plans nationaux de dveloppement ....................................7

    1.2 CARACTRISTIQUES ENVIRONNEMENTALES.....................................................................8 1.2.1 Gologie ...................................................................................................................8 1.2.2 Physiographie et sols ..................................................................................................8 1.2.3 Climat.......................................................................................................................9 1.2.4 Ressources biologiques ..............................................................................................9 1.2.5 Ressources en eau et en terres...................................................................................10

    1.3 FACTEURS HUMAINS ET CARACTRISTIQUES SOCIO-CONOMIQUE...................................12 1.3.1 Population, Dmographie .........................................................................................12 1.3.2 Caractristiques conomiques ...................................................................................13

    1.4 SCURIT ALIMENTAIRE ET TENDANCES DE CONSOMMATION..........................................14 1.4.1 Scurit alimentaire .................................................................................................14 1.4.2 Tendance volutive de la consommation alimentaire ..................................................14 1.4.3 Profils et tendances volutives de consommation nergtique .....................................15

    2. RESSOURCES FORESTIERES ET PASTORALES: ETAT PRESENT ET AMENAGEMENT.......................................................................................................... 15

    2.1 SYSTMESD 'INVENTAIRES ET D'INFORMATION FORESTIERS .............................................16 2.2 CARACTRISTIQUES DU PATRIMOINE FORESTIER............................................................16

    2.2.1 Aperu des statuts fonciers .......................................................................................16 2.2.2 Le patrimoine forestier global...................................................................................16 2.2.3 Le patrimoine de forts naturelles .............................................................................18 2.2.4 Le patrimoine de forts artificielles (plantations forestires) .......................................18 2.2.5 Le patrimoine des arbres hors-forts..........................................................................21 2.2.6 Notion dintgration des arbres aux systmes agricoles chez les paysans .....................26

    2.3 PORTE ENVIRONNEMENTALE DES FORTS....................................................................27 2.3.1 Prservation de la biodiversit ..................................................................................27 2.3.2 Protection des eaux et des sols ..................................................................................27

    2.4 INSTRUMENTS D'AMNAGEMENT, DE CONSERVATION ET D'EXTENSION DES RESSOURCES FORESTIRES ET PASTORALES .......................................................................................28

    2.4.1 Critres et indicateurs pour un amnagement forestier durable ....................................28 2.4.2 Amnagement des ressources forestires et pastorales : Situation des tudes et tat

    davancement des travaux.........................................................................................29 2.4.3 Instruments de sauvegarde, de conservation de lenvironnement et dextension du secteur

    forestier et pastoral...................................................................................................29 2.4.4 Soutien la participation et au partenariat dans le cadre du dveloppement intgr

    durable des ressources forestires et pastorales...........................................................30 2.5 PRODUCTION ET INDUSTRIE FORESTIRES: REPRES .......................................................31

    2.5.1 Produits du bois .......................................................................................................32 2.5.2 Production et consommation de bois de feu et de charbon...........................................32 2.5.3 Produits forestiers non ligneux..................................................................................33 2.5.4 Situation du secteur industriel utilisant le bois ............................................................36 2.5.5 Situation de loffre et de la demande en produits ligneux ............................................37

  • vii

    2.6 APPORTS DE LA FORESTERIE AU NIVEAU SOCIOCONOMIQUE..........................................37 2.6.1 Population riveraine des zones forestires..................................................................37 2.6.2 Contribution conomique de la foresterie...................................................................38 2.6.3 Contributions de la foresterie la gnration demplois et de revenus..........................39 2.6.4 Foresterie et scurit alimentaire ...............................................................................39

    3. SECTEUR FORESTIER................................................................................................ 40 3.1 CADRE INSTITUTIONNEL DE LA FORESTERIE...................................................................40

    3.1.1 Institutions de lEtat charges du secteur forestier ......................................................40 3.1.2 Aperu des statuts fanciers .......................................................................................43 3.1.3 Espace de comptence de la DGF .............................................................................43 3.1.4 Principales tche des forestiers..................................................................................44 3.1.5 La recherche forestire.............................................................................................45 3.1.6 La formation forestire.............................................................................................45

    3.2 CADRE LGISLATIF.......................................................................................................46 3.2.1 Lgislation forestire et pastorale ..............................................................................46 3.2.2 Loi sur la protection des terres agricoles ....................................................................47 3.2.3 Code de lEnvironnement .........................................................................................47 3.2.4 Loi et stratgie pour la Conservation des eaux et du Sol (CES) ...................................48

    3.3 APPUI EXTERNE ET ENGAGEMENTS INTERNATIONAUX ....................................................48 3.3.1 Dispositif de planification centralise........................................................................48 3.3.2 Planification decentralise ........................................................................................49 3.3.3 Planification inter-sectorielle ....................................................................................49

    3.4 APPUI/ASSISTANCE ET COOPRATION ............................................................................49 3.4.1 Appui multilatral international................................................................................51 3.4.2 Appuis bilatraux.....................................................................................................51 3.4.3 Autres appuis ...........................................................................................................51 3.4.4 Conventions internationals .......................................................................................51

    3.5 POLITIQUE ET STRATGIE DE DVELOPPEMENT DU SECTEUR FORESTIER: PERSPECTIVES...52 3.5.1 Evolution de la politique forestire............................................................................52 3.5.2 Evaluation de la Stratgie Nationale de Reboisement et de Lutte Contre la Dsertification

    (1990-2001) .............................................................................................................53 3.5.3 Stratgie Nationale de Dveloppement du Secteur Forestier (2002 - 2011)..................56 3.5.4 Plan Directeur National de Dveloppement Forestier et Pastoral (PDNDFP)................58

    4. CAUSES ET EFFETS DE LA DEFORESTATION ET DE LA DEGRADATION DES FORETS......................................................................................................................... 59

    4.1 CAUSES INDIRECTES.....................................................................................................59 4.1.1 Utilisation des eaux et des terres ...............................................................................59 4.1.2 Pauvret ..................................................................................................................63 4.1.3 Aptitude ragir en temps rel aux difficults issues de lutilisation inapproprie et

    abusive des ressources de base..................................................................................64 4.1.4 Problmes lis la politique forestire......................................................................66

    4.2 CAUSES DIRECTES ........................................................................................................67 4.2.1 Causes naturelles .....................................................................................................67 4.2.2 Causes lies lactivit humaine ...............................................................................68

    4.3 EFFETS DE LA DFORESTATION ET DE LA DGRADATION DES TERRES FORESTIRES ET PASTORALES................................................................................................................71

    4.3.1 Diminution de la productivit des terres.....................................................................71 4.3.2 Dgradation et dclin de la ressource de base.............................................................71 4.3.3 Erosion hydrique......................................................................................................72 4.3.4 Erosion olienne ......................................................................................................72 4.3.5 Salinisation des terres...............................................................................................72 4.3.6 Groupes de populations affects ngativement par les phnomnes de dforestation et de

    dgradation forestire...............................................................................................73 4.3.7 Qualit de lair et squestration du carbone................................................................73

  • viii

    5. ETAT DES CONNAISSANCES...................................................................................... 73 5.1 DFORESTATION ET DGRADATION...............................................................................73

    5.1.1 Etendue de la dforestation et de la dgradation des formations forestires et pastorales...............................................................................................................................73

    5.1.2 Consquences de la dforestation et de la dgradation des formations forestires et pastorales ................................................................................................................74

    5.2 LES ACQUIS .................................................................................................................75 5.3 LACUNES.....................................................................................................................76

    5.3.1 Appui la gestion participative des cosystmes forestiers et pastoraux ......................76 5.3.2 Autres aspects..........................................................................................................77

    6. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS............................................................... 77 6.1 CONCLUSIONS .............................................................................................................77

    6.1.1 Aspects socio-conomiques ......................................................................................77 6.1.2 Aspects organisationnels ..........................................................................................78 6.1.3 Aspects techniques...................................................................................................78

    6.2 RECOMMANDATIONS....................................................................................................79 6.2.1 Choix de dveloppement ..........................................................................................79 6.2.2 Aspects institutionnels et lgislatifs...........................................................................81 6.2.3 Changements dans lutilisation et lamnagement des ressources ................................83 6.2.4 Amlioration et promotion dur rle des forts et des arbres plants .............................85 6.2.5 Recommandations dans le cadre du processus de Thran ..........................................86

    REFERENCES......................................................................................................................... 88 ANNEXES ................................................................................................................................ 90

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    Liste des acronymes AFIC Association Forestire dIntrt Collectif ASAD Association de Soutien lAuto Dveloppement AVFA Agence de Vulgarisation et de Formation Agricole BV Bassin Versant CES Conservation des Eaux et du Sol CNDD Commission Nationale de Dveloppement Durable CRDA Commissariat Rgional de Dveloppement Agricole DCES Direction de la Conservation des Eaux et du Sol DGF Direction Gnrale des Forts DPP Diagnostic et Planification Participatif DT Dinar Tunisien FAO Organisation des Nations Unies pour lalimentation et lagriculture GCES Groupement pour la Conservation des Eaux et du Sol GDA Groupement de Dveloppement Agricole GFIC Groupement Forestier dIntrt Collectif IFPN Inventaire Forestier et Pastoral National INGREF Institut National de Recherche en Gnie Rural, Eaux et Forts INS Institut National de la Statistique JT Journes de Travail MARP Mthode Acclre de Recherche Participative MdA Ministre de lAgriculture MEAT Ministre de lEnvironnement et de lAmnagement du Territoire NU Nations Unies ODESYPANO Office de Dveloppement Sylvo-Pastoral du Nord-ouest OEP Office de lElevage et des Pturages ONG Organisation Non Gouvernementale OPDI Opration Pilote de Dveloppement Intgr PDF Projet de Dveloppement Forestier PDRI Programme de Dveloppement Rgional Intgr PDZF Projet de Dveloppement des Zones Forestires PDZMNO Projet de Dveloppement des Zones Montagneuses du Nord-ouest PFCF Pays Faible Couvert Forestier PGRN Projet de Gestion des Ressources Naturelles PNUD Programme des Nations Unies pour le Dveloppement PSPK Projet Sylvo-Pastoral de Kairouan PFN Politique Forestire Nationale PDES Plan de Dveloppement Economique et Social PDNDFP Plan Directeur National de Dveloppement Forestier et Pastoral PIB Produit Intrieur Brut REF Rgie dExploitation Forestire USF Unit Socio-Forestire (Terroir Forestier)

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    Sommaire excutif Prambule La superficie totale des pays faible couvert forestier (PFCF) est estime prs de 4,000 millions ha dont seulement 140 millions ha (3,5%) de forts composes de 52% de forts naturelles et 48% de forts artificielles, donc plantes. La population des pays en voie de dveloppement faible couvert forestier dpasse 800 millions dhabitants, dont 55% sont des ruraux, dpendant directement de lagriculture, de la pche et des ressources forestires pour leur bien-tre. En de telles circonstances, les rares forts naturelles et artificielles dans les PFCF constituent des ressources particulirement essentielles aux communauts rurales ; elles sont dailleurs profondment intgres aux conomies locales et aux valeurs sociales, culturelles et environnementales. Ltat de pauvret des populations les contraint accrotre la pression sur les ressources naturelles, de sorte que taux de dforestation et de dgradation des forts sont devenus alarmants. La perte conscutive de productivit des ressources naturelles est en train de compromettre le cadre de vie et de bien-tre des communauts rurales. Le rapport entre la superficie des forts et la population est estim 0,1 ha/personne. Toutefois, vu les niveaux de pauvret et de sous-dveloppement qui prvalent, il est craindre que lexploitation abusive des forts dans les PFCF soit appele persister, voire progresser de faon alarmante. Au vu de ce qui prcde, des tudes de cas de quelques PFCF dAfrique et du Moyen Orient, suivies dchanges dexpriences loccasion dateliers ont t envisags en application des recommandations du Processus de Thran. Cela devrait conduire lnonciation de certains amnagements institutionnels et lgislatifs et la formulation de programmes daction et de propositions de modles de dveloppement permettant d'difier une vritable base de conservation et damnagement durable des forts et de bien-tre des communauts rurales. Conslusions Datant de plus dun sicle, les plantations forestires les plus anciennes de Tunisie taient destines la protection de dunes littorales du nord-est de la Tunisie. Certaines plantations hors-forts (le long des routes et en milieu urbain) sont ges de 80 ans. Larboriculture et plus particulirement loliculture datent souvent de lpoque romaine. Cependant, lessentiel des plantations forestires et des arbres hors-forts a t ralis aprs 1956, date de lindpendance du pays. Les premires plantations initiales ainsi que les premiers amnagements des forts ont t raliss par ladministration forestire tunisienne voil plus de quarante annes. Cette priode a t le thtre de progressions stratgiques et conceptuelles importantes. Ltude de cas de la Tunisie, sur le rle des plantations forestires et des arbres hors- forts dans lamnagement forestier durable, a permis de tirer les leons apprises ainsi que la formulation des besoins prioritaires du pays en terme de stratgies et de mthodologie visant

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    amliorer ce rle. Au cours de ltude, un soin particulier a t apport lidentification des principales oprations nationales qui sont autant dacquis ou de carences permettant un transfert technologique des expriences entre les pays faible couvert forestier. Dans une premire partie, chapitres I, II et III, sont prsents le contexte gnral du pays, le secteur forestier, les arbres hors forts et les stratgies de dveloppement du secteur. Dans une deuxime partie, chapitres IV et V sont analyss les problmes fondamentaux, les causes directes et indirectes de la dforestation et leurs effets. Et dans une dernire partie, chapitres VI et VII est propose une synthse de ltat des connaissances, des acquis, des carences et des perspectives pour terminer avec les conclusions et les recommandations. Si en matire de plantations forestires, la politique et les stratgies sont claires et identifies, ce nest pas le cas pour certaines catgories de plantations hors forts o linventaire et lamnagement durable nont pas eu limportance quils mritent. Au cours de lanalyse de ce dernier thme, nous nous sommes heurts des problmes de dfinitions, de perception par diffrents intervenants et de disponibilit des donnes statistiques. Lune des recommandations forte de cette tude de cas, consiste en la promotion dchanges dexpriences et de connaissances entre pays couvert forestier faible, ainsi que la mise sur pied de rseaux, projets et programmes communs de dveloppement. Dfinitions des termes employs1 Les dfinitions ci-dessous sont celles en usage courant au niveau de la Direction Gnrale des Forts de Tunisie et employes dans le cadre de lInventaire Forestier et Pastoral National tunisien. Arbre forestier : Toute espce vgtale ligneuse, existant en fort et capable ltat adulte datteindre au minimum 4 mtres de hauteur et 7 cm de diamtre 1.30m. Boqueteau : Un boqueteau est constitu dun groupe darbres de dimensions et dages voisins appartenant une espce ou groupe despces foresti res ayant un recouvrement de 10% au minimum de lespace bois, et une superficie minimale de 0.5 ha. Fort : Une fort est une formation vgtale comportant une espce ou un groupe despces forestires ayant un recouvrement de 10% au minimum de lespace bois et une superficie minimale de prise en compte de 4 ha ou bien dune densit de 250 jeunes plants par ha. Formation steppique - steppe: Vaste tendue sans relief bien marqu, couverte de vgtation basse et discontinue. Formation dherbaces, ouverte, constitue par des touffes despces gramines espaces avec prsence parfois de quelques espces ligneuses, parcourue ou non par les feux. Formations vgtales des milieux ripisylves : Vgtation le long de cours deau plus ou moins ou moins prennes.

    1 Source: IFNP, 1995. DGF

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    Garrigues : Ce sont des formations ligneuses basses et lches sur sol nu ou couvert dun tapis herbac, se trouvant souvent sur sol calcaire du semi-aride et aride de la Tunisie (exemple, garrigue de romarin) dont le port et la taille sont naturels ou bien rsultent de traitements dgradants tels le broutage, les incendies, les coupes rptes etc. Maquis et garrigues arbores : Ce sont des formations particulires, associant par tches certaines espces forestires arbores (pins, chnes ) dautres espces arbustives (lentisque, arbousier, chne kerms, chne vert, romarin, genvrier, thuya ) se trouvant en sous tage. Maquis : Il sagit de formations ligneuses fermes, plus hautes que les garrigues mais sur substratum siliceux des tages bioclimatiques humides et sub-humides de la Tunisie (exemple, les maquis du Nord en Khroumirie et Mogods). Pays Faible Couvert Forestier: Pays dont la couverture forestire est infrieure 10% de leur superficie totale. Peuplements mlangs : Peuplements composs de deux ou plusieurs espces, au sein desquels, aucune espce noccupe elle seule plus de 75% de la surface. Produits Forestiers Non Ligneux : Ce sont tous les produits dorigine biologique aussi bien que les services sortant de la fort ou des terres dusage similaire, excluant le bois dans toutes ses formes. Steppes et pelouses vocation pastorale : Terrains formations herbaces et de ligneux bas ; elles englobent aussi les herbaces quand elles dominent, mme faible densit de recouvrement. Arbres forestiers: La dfinition FAO considre quils doivent tre susceptibles datteindre 5 m de haut lge adulte, tandis que la dfinition en cours en Tunisie estime quelle doit tre de 4 m. Fort: En ce qui concerne la fort, les dfinitions divergent au sujet de leur surface minimale : Tandis que pour la FAO cette dernire ne doit pas tre infrieure 0,5 ha, en Tunisie, on considre quune formation forestire doit couvrir au minimum 4 ha. Les steppes et pelouses vocation pastorale se rfrent sans doute aux steppes herbaces dont la FAO donne la dfinition suivante : Etendue herbeuse plus ou moins discontinue laissant voir le sol nu entre les touffes dherbes, en majorit gramines cespiteuses, peu leves, sous climat plus ou moins aride .

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    Introduction Selon FRA2 2000, les pays dont la couverture forestire est infrieure 10% de leur superficie totale sont au nombre de 71. Gnralement en voie de dveloppement, ces pays comptent au total plus de 800 millions dmes, dont 55% de ruraux qui le plus souvent, dpendent largement des ressources forestires encore disponibles. Laugmentation de la pression sur celle-ci induite par une pauvret largement rpandue et grandissante, conduit des taux alarmants de dgradation des forts et de dforestation. Une runion des pays faible couvert forestier (PFCF) tenue Thran en octobre 1999 a fait le point de la situation et formul des propositions visant lamnagement durable des forts dans les PFCF dans le document de travail adopt sous le nom de Processus de Thran . Dans le cadre du suivi de ce dernier, les Pays-Bas ont accept de soutenir la ralisation dtudes de cas dans six pays africains et du Moyen Orient, afin dorganiser un change dexpriences loccasion dateliers rgionaux dans le but dappuyer ltablissement dune base cohrente de conservation et damnagement durable des forts au service des communauts rurales en gnrale et forestires en particulier. Ces tudes de cas qui se droulent au Mali, en Ethiopie et en Namibie, pour lAfrique ainsi quen Tunisie, Oman et en Iran pour le Moyen Orient, ont pour objet dillustrer les causes et les effets de la dgradation forestire et de la dforestation. Elles insisteront particulirement sur les leons apprises ainsi que sur la formulation des besoins prioritaires en terme de stratgies et de mthodologies visant amliorer le rle des plantations forestires et des arbres hors forts, dans lamnagement intgr et soutenu des espaces forestiers et pastoraux. La mission dont la dure a t trop courte a eu lieu du 27 fvrier au 26 mars 2002. Les termes de rfrence, litinraire de la mission, ainsi que les personnes rencontres sont dtaills dans les annexes 1, 2 et 3 respectivement. Une erreur dinterprtation a fait que le consultant national na t recrut que suite au dpart du consultant international. Ce dernier a pu cependant bnficier de toute la sollicitude de son homologue dsign qui na mnag aucun de ses moments libres pour prendre part aux travaux et qui a aid la finalisation du rapport de la mission. La mission voudrait rendre un hommage particulier la Reprsentation de la FAO Tunis pour tout le support et la logistique mis sa disposition. A cet effet, elle tient remercier vivement Mr. Mustapha Sinaceur, Reprsentant Rsidant de la FAO, ainsi que tout le personnel de lorganisation pour leur hospitalit et leur aide prcieuse. Notre apprciation va galement la Direction Gnrale des Forts qui na mnag aucun effort pour aider la mission au niveau de la recherche documentaire et de lorganisation des visites de terrain. Elle tient tmoigner sa reconnaissance et adresser ses remerciements les plus vifs tous ceux qui lont accueillie et ont contribu au succs de ses travaux et plus particulirement MM. Ahmed Ridha Fkih et Ahmed Bouzid, respectivement Directeur Gnral des Forts et Directeur du Dveloppement Sylvo-pastoral la DGF.

    2 FRA: Programme FAO pour l'Evaluation des ressources forestires (Forest Resources Assessment)

  • 6

    1. Prsentation gnrale 1.1 Contexte

    1.1.1 Brve description gographique et historique du pays Pays le plus septentrional dAfrique, la Tunisie occupe une position stratgique en Mditerrane. Elle se trouve lextrme pointe du Nord-est de lAfrique et au centre du bassin mditerranen. Situe entre le 30me et le 37me degr de latitude Nord et couvrant 162.155 km2, elle est limite au Nord et lEst par la mer mditerrane sur 1250 km, lOuest par lAlgrie sur 1.050 km et au Sud dans sa partie saharienne par la Libye sur 480 km.

    1.1.2 Caractristiques dmographiques et conomiques Urbaine plus de 62%, la population tunisienne tait estime en 1999, environ 9,4 millions d'habitants. Le taux de croissance dmographique qui s'est tabli 1,15 % est parmi les plus faibles du continent africain. Au plan conomique, la Tunisie a ralis au cours du Neuvime Plan3 des avances significatives sur la voie de la stabilisation du cadre macro-conomique. Elle a enregistr entre autres :

    Une croissance moyenne soutenue de 5,4% du PIB pour les quatre premires annes du 9me plan ;

    La matrise de linflation ramene 2.7% en 1999 ;

    Une progression de linvestissement au rythme soutenu de 13.5% par an; Lamlioration des quilibres financiers extrieurs avec baisse du taux dendettement ;

    La prservation des quilibres financiers intrieurs avec la matrise du dficit budgtaire.

    Le secteur de lagriculture et de la pche, dont les performances ont permis d'atteindre lautosuffisance pour la plupart des produits, a contribu en moyenne hauteur de 13.5% au PIB, dans une fourchette raisonnable de 11 16%.

    1.1.3 Gouvernement et administration La Rpublique tunisienne a t proclame en 1957 et la premire constitution adopte en 1959. Le Ministre de lAgriculture est responsable de la conception et de la mise en uvre de la politique nationale de dveloppement agricole qui comprend la gestion durable des ressources

    3 1997-2001

  • 7

    naturelles. Les Commissariats Rgionaux de Dveloppement Agricole (CRDA) en sont les principales structures dintervention au niveau des gouvernorats. Le Ministre de lEnvironnement et de lAmnagement du Territoire est charg de la formulation et de la mise en uvre, en collaboration avec les autres ministres et institutions concerns, de la politique de lEtat dans les domaines de la protection de lenvironnement et de la nature, de lamlioration du cadre de vie, ainsi que de lamnagement du territoire.

    1.1.4 Cadre politique et juridique Le pays sengage dans le 10me plan de dveloppement conomique et social4 au cours duquel, il est prvu le maintien au sein de la stratgie agricole, de:

    La rduction des disparits entre les zones urbaines et rurales ; La promotion du dveloppement social ; Lamlioration la productivit agricole et des conditions du milieu.

    Les espaces forestiers tunisiens ont t soumis ds 1959 la premire lgislation forestire nationale communment appele code forestier. Celui-ci a t complment par la lgislation sur les parcours promulgue en 1975. Ces deux lois ont un caractre conservateur trop prononc et ncessitent dtre revues pour mieux tenir compte des ralits sociales des contextes forestier et pastoral (voir 3.2).

    1.1.5 Systmes de planification et plans nationaux de dveloppement La Tunisie ayant hrit un espace ingalement dvelopp du fait de son pass colonial a choisi lapproche de la planification pour la ralisation de son uvre de dveloppement. Dans ce cadre, le dveloppement rgional est consacr comme un axe fondamental de la politique de dveloppement conomique et social. Laction rgionale consiste diffuser dune manire aussi large que possible les fruits de la croissance lensemble des rgions du pays et dattnuer les dsquilibres rgionaux. On peut distinguer quatre priodes au cours desquelles le thme de dveloppement rgional a subi des modifications substantielles tant au niveau de la conception quau niveau institutionnel : 1. La premire priode (1962-1971) correspond la premire dcennie de dveloppement et

    marque par : 1) ladoption du systme de planification centralis, 2) limplantation des ples de dveloppement dcentraliss, 3) la cration dOffices de Mise en Valeur Agricole et de Commissariats Rgionaux de Dveloppement Agricole, 4) la collectivisation des terres agricoles.

    2. La deuxime priode (1972-1980) se caractrise par ladoption dune politique

    conomique dinspiration librale. Dans ce contexte, la stratgie de dveloppement rgional reste domine par le souci de rduire les disparits rgionales travers lintroduction des Programmes de Dveloppement Rural (PDR) visant la promotion de lemploi et lamlioration des conditions de vie de la population rurale ainsi que limplication des autorits rgionales dans la mise en place de la planification rgionale.

    4 (2002-2006)

  • 8

    3. La Troisime priode (annes 80) consacre le dveloppement rural et agricole en tant

    quaxe stratgique dominant du dveloppement rgional. Les outils de planification rgionale sont amliors par llaboration des monographies de cartes de priorits rgionales et par le lancement en 1984 du Programme de Dveloppement Rural Intgr (PDRI) dont les objectifs donnent la priorit entre autres, linvestissement productif, lintgration des actions, la participation des bnficiaires, lamlioration des revenus de la population rurale dfavorise, le dveloppement des ressources naturelles, la consolidation de la recherche et de la vulgarisation et le renforcement des quipements collectifs.

    4. La quatrime priode ayant marqu lvolution du dveloppement rgional a mis laccent

    sur la valorisation de linvestissement priv par la cration dun environnement favorable au dveloppement de lentreprise prive. Les rgions sont invites contribuer leffort national en mobilisant leurs capacits et potentialits, en encourageant linnovation et en incitant le secteur priv jouer un rle important.

    1.2 Caractristiques environnementales

    1.2.1 Gologie A cheval sur le domaine atlassique et le vieux continent africain, la Tunisie montre une structure plisse au nord et une structure monoclinale au sud. Les terrains sont sdimentaires sauf la Galite (roche ruptive).

    1.2.2 Physiographie et sols La Tunisie comprend 3 grandes rgions naturelles, savoir : Le Nord La Tunisie du Nord qui englobe dix gouvernorats, est faite de zones de relief au Nord-ouest et de la basse valle de la Medjerda et du Cap Bon au Nord-est. Forestire par excellence, la rgion de Kroumirie-Mogods (Nord-ouest) couvre une superficie de 300.000 ha, comprise dans une bande troite occupant toute la partie septentrionale de la Tunisie entre 400 m et 1203 m daltitude. Au Sud de cette bande et au Nord de la Dorsale, le Haut Tell se compose de plateaux dont laltitude moyenne oscille entre 500 m et 800 m, avec quelques hauts pics atteignant plus de 1.000 m. Le Nord-est est constitu par la basse valle de la Medjerda et le Tell maritime forms de plaines alluvionnaires et de basses collines drains par les oueds Joumine, Tine et Meliane. La pninsule du Cap Bon, prolongement de la dorsale faibles altitudes dispose dun relief lgrement plus accident dans sa partie occidentale. Le Centre La Tunisie du Centre couvre sept gouvernorats et comprend plusieurs sous rgions. La Dorsale est une chane de montagnes de moyenne altitude (400-600 m.) oriente SONE, large denviron 30 Km ; elle est domine par quelques hauts reliefs comme ceux de Jebel Serj (1.357 m.), Jebel Brno (1.419 m.) et Chaambi (1.544 m.). Plus au sud, se trouvent de vastes espaces pastoraux qui comprennent : i) les basses steppes de lEst (Kairouan et Sfax Nord) parsemes de vastes sebkhas et draines par les oueds Merguellil et Zroud ; ii) le Sahel

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    presque uniquement agricole ; et iii) les hautes steppes occidentales (altitudes variant de 700 m. au pied de la dorsale, 300 m. au sud) constituent un plateau tendu o lon trouve quelques reliefs trs prononcs comme Djebel Selloum (1.248 m.) et le Mghila (1.387 m.). Le Sud La Tunisie du Sud constitue une rgion de transition ve rs le Sahara. On y distingue les basses plaines qui stalent au sud des hautes steppes, de la frontire algrienne au Golfe de Gabs. La sous-rgion du Jrid concide avec les limites du Gouvernorat de Tozeur au sud-ouest. Les Matmatas constituent de petites montagnes pouvant atteindre 600 m. de haut, au milieu de vastes tendues plates. La sous-rgion de Jeffara-El Ouara la frontire avec la Libye, correspond la rgion pastorale la plus mridionale du pays, tandis que la rgion des Dahars est quasiment inhabite.

    1.2.3 Climat La Tunisie jouit dun climat mditerranen, doux et clment avec des tempratures moyennes de 11C en hiver et de 29 C en t. Elle est subdivise en cinq tages bioclimatiques selon un gradient croissant daridit Nord Sud. La couverture pdologique tunisienne prsente de la mme manire une succession de sols reprsentatifs de ce gradient. Ltage humide au nord, avec des prcipitations comprises entre 1.000 -1.500 mm, favorise les sols bruns, riches en matire organique, coloniss par les chnes lige et les chnes zeen. Plus bas, ltage sub-humide (pluviomtrie 700-1.000 mm /an) est caractris par des sols argileux (vertisols) alors quau niveau de ltage semi-aride de la Tunisie centrale, (prcipitations de 500-700 mm/an) ce sont les sols accumulation calcaire qui occupent lessentiel du paysage. Les sols salins (Kairouan), les sols bruns steppiques et les sols squelettiques (rgosols et lithosols) forment lessentiel de la couverture pdologique en milieu aride (prcip itations 300-500 mm/an) plus au sud. Enfin, lextrme sud du pays ltage saharien avec des prcipitations moyennes annuelles infrieures 300 mm/an, prsente des sols pavs par des dalles calcaires et des crotes gypseuses. Chaque tage possde des diffrences climatiques bases sur les moyennes des minima du mois le plus froid qui dterminent les variantes de ltage bioclimatique (chaud, tempr, frais, froid et trs froid). Les prcipitations annuelles sont irrgulires et ingalement rparties selon les saisons et les rgions.

    1.2.4 Ressources biologiques La fragilit des cosystmes, la variabilit inter-annuelle lie au caractre mditerranen du climat, la proximit du Sahara et la prsence dune population rurale importante en milieu forestier constituent des facteurs essentiels dans le faonnement des paysages. La vgtation naturelle est selon toute vidence troitement lie au zonage bioclimatique et la nature des sols. Elle varie en composition, structure, densit et hauteur selon une gradation Nord-Sud. Les forts denses et riches du point de vue floristique se trouvent au nord du pays 5. Au centre, elles sont plus ouvertes et plus basses, tandis quau sud, elles deviennent rares, trs fragiles et clairsemes. Tout aussi dterminante est linfluence de lhomme qui a largement contribu transformer la physionomie de la vgtation et la rpartition de la faune. Des nouvelles formations vgtales 5 Kroumirie-Mogods.

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    se sont substitues aux forts dtruites par action anthropique qui prennent la forme de maquis dans le nord, de garrigues dans le centre et de steppes dans le centre et le sud du pays. La flore se compose de 5500 espces et sous-espces. Selon une tude du MEAT6 la flore sauvage tunisienne se compose de 20 espces endmiques, 103 espces trs rares et 240 espces rares. La faune tunisienne comprend 75 espces de reptiles, batraciens et poissons et un nombre impressionnant d'invertbrs. Parmi les espces les plus menaces, 26 seraient des mammifres, 10 des reptiles et 9 des amphibiens.

    1.2.5 Ressources en eau et en terres Le capital des ressources naturelles bien connu aujourdhui est limit, fragile et ingalement rparti et utilis sur lensemble du territoire. Types, distribution et occupation des terres Le territoire tunisien occupe 16,5 millions ha ; il englobe 2,9 millions ha de terres fertiles haute aptitude agricole dont 570 000 ha irrigables ; 6,5 millions ha de terres au potentiel moyen faible et 7,1 millions ha de terres incultes dont:

    3,2 millions ha daccumulations sableuses (Grand Erg),

    2 millions ha d'espaces salins (chotts et sebkhas) et de 1,9 millions ha daffleurements rocheux nus.

    Loccupation moyenne des sols est de: i) 5.781.000 ha terres agricoles ; ii) 840.000 ha forts ; iii) 4.606.000 ha parcours ; et de 6.297.000 ha terres incultes. Loccupation agricole des terres se rpartit comme suit :

    Craliculture 2 100 000 ha

    Oliculture 1 476 000 ha

    Autres arboricultures 576 448 ha

    Cultures Fourragres 300 000 ha

    Cultures marachres 120 000 ha

    Autres cultures & friches 65 000 ha La superficie emblave en cultures annuelles varie considrablement dune anne lautre, en fonction des niveaux pluviomtriques atteints. Les primtres irrigus qui contribuent au tiers de la production agricole totale, couvrent une superficie de 340 000 ha, soit prs de 7% des superficies totales cultives. Les forts, les parcours naturels et les steppes alfa totalisent 5,674 millions ha tandis que les espaces de dunes, les chotts et les Sebkhas occupent plus que le tiers de la surface du pays. La croissance de type expansif qui caractrise le milieu urbain, se fait linsu de la planification urbaine et des lois relatives la protection de lenvironnement et se solde par

    6 Etude nationale de la diversit biologique en Tunisie MEAT/GEF/UNEP.1999. Cit par Stratgie nationale de Dveloppement Forestier et Pastoral Juillet 2001.

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    une perte annuelle de 4.000 ha de terres agricoles (Source : Rapport National de lEnvironnement 1997). Situation et caractristiques des ressources en eau Il tombe sur la Tunisie quelques 36 milliards de m3 de pluie/an dont la rpartition se prsente ainsi : Tableau 1 : Rpartition des pluies par surface en Tunisie

    Rubrique Nord Centre Sud Rpartition des pluies 41% 29% 30% Rpartition des surfaces 17% 23% 60%

    Source : MEAT Rapport National : LEtat de lEnvironnement 1997. Parce que limites, les ressources en eau potentielles (coulement total) qui totalisent 4 540 Mm3/an dont 3 844 Mm3 mobilisables, sont vitales pour le pays. Ces ressources se rpartissent en 2 700 Mm3 deaux de surface (60%) et 1 840 Mm3 deaux souterraines (40%). Ces dernires sont distinguer en eaux de nappes phratiques (664 Mm3/an) et en eau des aquifres profonds (1 176 Mm3/an). Les eaux de surface se rpartissent ainsi :

    2 185 Mm3/an au Nord ;

    290 Mm3/an au Centre ;

    225 Mm3/an au Sud. La variabilit dans le temps des eaux de surface, fait quen ralit et par rapport la moyenne de 2 700 Mm3/an, lon ne dispose que de :

    2 230 Mm3 une anne sur deux ;

    1 500 Mm3 une anne sur cinq ;

    1 250 Mm3 une anne sur dix. Les eaux souterraines se rpartissent quant elles, de la sorte :

    828 Mm3/an dans le Sud, en partie sous forme fossile ;

    549 Mm3/an dans le Nord ;

    463 Mm3/an dans le Centre. Les volumes deau susceptibles dtre utilises sans aucune restriction (salinit < 1,5 g/l) reprsentent peine 50% de la ressource totale disponible. La croissance dmographique et laugmentation de la consommation deau potable/habitant constituent un vritable dfi, surtout en zone aride. La stratgie mise en oeuvre depuis 1990, comporte un plan dcennal de mobilisation des ressources hydrauliques qui prvoit la construction de : 21 barrages, 203 barrages collinaires et 1000 lacs de retenues, 1760 forages et 98 stations d'puration.

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    1.3 Facteurs humains et caractristiques socio-conomique

    1.3.1 Population, Dmographie Paramtres dmographiques Depuis la 2me moiti de la dcennie 80 le taux de croissance naturelle de la population est en rapide diminution puisquil na atteint que 1,7 % pour la priode 1994-2000. Les prvisions de croissance dmographique faites par lInstitut National de la Statistique sont les suivantes : 1,4 % pour la priode 2000-2010 et 1,0 % pour la priode 2010-2025. La population du pays voluerait de 8 785 364 en 1994 9 730 000 en 2000, puis de 11 200 000 en 2010 11 300 000 en 2025. La population rurale semble avoir atteint son maximum et devrait progressivement dcrotre. Cette caractristique est capitale pour toute rflexion future portant sur les modes de dveloppement long terme des zones rurales, ainsi que sur les modalits dexploitation des ressources naturelles. Mobilit spatio-temporelle des populations Ltude stratgique "Migration intrieure et dveloppement rgional" a mis en vidence : i) une mobilit de plus en plus intercommunale et interrgionale ; ii) une corrlation positive entre la taille dune ville et son pouvoir attractif ; et iii) une croissance naturelle nettement plus faible en milieu urbain compare au milieu rural, les migrations intrieures tant en partie compenss par des diffrentielles de croissance naturelle. Selon les prvisions, la population rurale qui reprsentait 39% de la population totale devrait passer 29% en 2010, puis 24% en 2025. La problmatique genre Les droits essentiels de la femme tunisienne ont t acquis ds lindpendance dans le cadre du Code du Statut Personnel. Cest en 1992 que le Ministre des Affaires de la Femme et de la Famille a t cr. Depuis, les VIIIme et IXme Plans (1992-1996 et 1997-2001) ont accord une importance particulire la consolidation des acquis des femmes et la mise en uvre de programmes daction visant leur promotion. Une stratgie et un plan daction visant la promotion de la femme rurale ont t labors partir de 1998 avec pour orientations principales :

    La cration dune banque de donnes et de statistiques par genre ;

    La conception et la mise en uvre de projets ciblant la femme rurale et montagnarde ; Lamlioration du contexte socio-conomique et culturel de la femme rurale et

    montagnarde ;

    Limplication des femmes dans les structures associatives et professionnelles et leur soutien en termes daccessibilit aux ressources, aux services et aux facteurs de productions.

    Emploi Les recensements de la population et de lhabitat (1966, 1975, 1984, 1994) et les enqutes sur lemploi (1989, 1997, 1999, 2000, 2001) effectus par lInstitut National de la Statistique (INS) montrent quactuellement:

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    La population active est de lordre de 3,3 millions de personnes;

    Le secteur agricole fournit du travail environ 22% de la population active occupe;

    Le commerce et les services y contribuent pour 44,1% et les autres activits - industrie, mines, nergie etc. - pour 33,9% ;

    Le taux de chmage est de 15%.

    1.3.2 Caractristiques conomiques Systmes de production agricoles, pastoraux et forestiers Les principaux systmes de production agricoles, pastoraux et forestier se prsentent comme suit : 1-Systmes de production agricole : La production agricole est base sur quatre systmes principaux : craliculture, arboriculture, levage et cultures marachres.

    Craliculture : La superficie moyenne annuelle emblave durant le 8me Plan est de 1.598 000 ha. Lutilisation dengrais chimiques, le recours au dsherbage chimique, les labours mcaniss et en pente, lrosion et la destruction de la vgtation forestire pour la mise en culture constituent la problmatique de ce systme de production agricole ;

    Systmes fourragers : la production des 270 000 ha des cultures fourragres est de 900 millions dUF/an reprsentant prs de 14% des besoins alimentaire du cheptel. Le reste est combl dune part concurrence de 13,5% par la production de concentr (850.000 t/an) et le reste (72,5 %) par le pturage des couverts vgtaux naturels. Les contraintes des systmes fourragers sont relies linadaptation des semences importes, des techniques de production et des principes de rotation des cultures ;

    Cultures industrielles : La superficie annuelle de la betterave sucre durant le 8me Plan a atteint 5.730 ha/an. La production moyenne est de 269 000 t/an. La superficie moyenne de tabac ralise durant le mme plan est de 4.072 ha ;

    Arboriculture : La superficie rserve larboriculture dpasse lgrement 2 millions ha, avec pour principale culture lolivier (1.470.000 ha en 1996) ;

    Cultures marachres : Elles occupent prs de 148.300 ha dont 13.000 ha sont conduits en sec, ce qui reprsente environ 3% de SAU et presque 50% des cultures irrigues du pays. Du fait de lintensification, cette faible superficie contribue concurrence de 15% de la valeur de la production agricole totale, soit un peut moins que les crales qui occupent 30% de SAU.

    2-Les systmes dlevage : En Tunisie llevage a toujours revtu une grande importance conomique, sociale et cologique. Les dernires dcennies ont t marques par un bouleversement total dans les mthodes dlevage. Deux modes de gestion sont observs :

    Elevage organis ou intensif : animaux gnralement de race pure importe, disposant de terres agricoles et dun systme de cultures fourragres ;

    Elevage traditionnel ou extensif : Cest le mode dlevage le plus rpandu chez les petits (85% du total de llevage) et moyens exploitants agricoles. Ce type dlevage utilise souvent des races locales (essentiellement dovins et de caprins) et ne dispose que de peu de terres pour la pratique des cultures fourragres. La plupart des leveurs utilisent principalement les formations vgtales naturelles sans aucune notion de gestion des

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    ressources naturelles. (Source : Etude de la diversit biologique de la Tunisie, rapport de synthse, MEAT, 1996).

    Rle du secteur agricole dans lconomie nationale Le secteur agricole qui a contribu 9% des exportations de biens en 2002, continue davoir une place importante dans lconomie du pays mme si sa part dans le PIB a tendance baisser rgulirement ; elle tait en effet de 13,2% en 2000 contre 16,3% en 1990. En dpit de fortes variations inter annuelles, le secteur agricole a bnfici dune croissance moyenne annuelle de 4% depuis 1976. Les investissements publics bnficient de faon prpondrante au secteur de lagriculture et lhydraulique, surtout la construction de barrages, qui a reprsent 2/3 des investissements publics.

    Les produits alimentaires sont importants puisquils reprsentent 10% la fois des exportations et des importations. Larboriculture fruitire couvre elle seule 50 % des superficies cultives. Avec prs de 8 millions dovins et caprins et 800.000 bovins, llevage reprsente pour sa part 36% de la valeur de la production agricole nationale. Rle de la foresterie dans lconomie du pays Le secteur forestier participe de faon souvent dguise, mais nanmoins marquante lconomie nationale et cela grce de nombreux produits tels le bois, le lige lalfa, les fourrages, les plantes mdicinales et autres produits forestiers non ligneux, quil offre soit la transformation, soit la consommation directe. Les recettes directes provenant de la production forestire ont volu de manire significative passant de 1 2 millions de dinars entre les annes 70 et 80, pour atteindre ensuite 5 millions de dinars en 1991 puis 11,6 millions de dinars en 1997. Les quantits importantes de fourrages et de bois de feu prlevs directement et sans redevances par les usagers des forts correspondent des valeurs conomiques estimes respectivement 100 et 35 millions de dinars. Les recettes globales de la production forestire sont de lordre de 145 millions de dinars, tandis que la faune exporte rapporte 4 millions de dinars. Enfin, les nombreux PFNL des forts tunisiennes participent de faon significative lconomie forestire en ralisant 30 % de la moyenne annuelle des revenus des usagers.

    1.4 Scurit alimentaire et tendances de consommation

    1.4.1 Scurit alimentaire Les performances du secteur agricole ont permis au pays d'atteindre son autosuffisance au niveau de la plupart des produits alimentaires. La Tunisie reste cependant dficitaire en matire de crales dont la production fluctue au gr des annes pluviomtriques. Des pnuries saisonnires sont observes galement au niveau de la production des pommes de terre.

    1.4.2 Tendance volutive de la consommation alimentaire LINS ralise tous les cinq ans une enqute nationale sur le budget et la consommation des mnages. Sept enqutes sont ralises depuis lindpendance :1967, 1975, 1980, 1985, 1990, 1995 et 2000. Lenqute touche deux domaines dtudes : les dpenses des mnages et la consommation alimentaire. Les dpenses moyennes par mnage et par an se sont multiplies

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    par 7 durant les 25 dernires annes, comme indiqu au tableau 2. La structure de la consommation des mnages montre que lalimentation a toujours t la premire source de dpense de la famille tunisienne (voir tableau 3). Tableau 2: Dpenses moyennes annuelles par mnage Objet 1975 1980 1985 1990 1995 2000 Dpense moyenne par mnage et par an (dinars) 874 1 469 2 665 4 033 5 115 6 505

    Source : INS Tableau 3: Structure des dpenses des mnages tunisiens Fonctions 1975 1980 1985 1990 1995 2000 Alimentation (%) 41,7 41,7 39,0 40,0 37,7 - Habitation (%) 27,9 29,0 27,7 22,0 22,2 - Habillement (%) 8,8 8,5 6,0 10,2 11,9 - Hygine et soins (%) 5,4 5,7 7,0 8,7 9,6 - Transport et tlcommunication (%) 4,7 4,9 9,0 8,2 8,7 - Enseignement, culture et loisir (%) 8,0 7,7 8,9 8,5 8,9 - Autres dpenses (%) 3,5 2,5 2,4 2,4 1,0 - Total (%) 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 -

    Source : INS La consommation alimentaire a t multiplie par le mme coefficient 7 durant les 25 dernires annes, ce qui implique un passage dune socit traditionnelle une socit de consommation do une plus grande dpendance vis--vis de limportation dune part, ainsi quun plus grand recours aux systmes de production trs intensifs, qui ne sont pas, souvent, adapts aux conditions du pays.

    1.4.3 Profils et tendances volutives de consommation nergtique Avec plus de 4% de croissance annuelle, la consommation d'nergie atteint 5,4 Mtep7 en 1996 dont 36 % provenant de gaz naturels. Une tude portant sur l'nergie issue du bois 8 indique qu'il joue encore un rle dcisif en ce qui concerne la satisfaction des besoins en nergie des mnages en Tunisie, notamment au sein des mnages ruraux.

    2. Ressources forestires et pastorales: tat present et amnagement

    Daprs les rsultats de linventaire national des ressources forestires et pastorales (IFPN,1995), la superficie du couvert vgtal naturel en Tunisie est de 5.744.000 ha et se rpartit comme suit :

    970 000 ha de forts naturelles et artificielles ;

    743 000 ha de nappes alfatires ;

    4 031 000 ha de parcours naturels.

    7 Millions de tonnes en ptrole 8 Analyse du bilan de Bois Energie et Identification dun Plan dAction en Tunisie : DGF, Avril 1999.

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    2.1 Systmesd'inventaires et d'information forestiers Le premier inventaire forestier et pastoral national (IFPN) qui a t ralis au cours de la priode 1989-1995 a permis de: i) avoir une bonne connaissance des ressources forestires et pastorales ; ii) crer une base de donnes cartographique et statistique de ces ressources ; iii) mettre en place un systme dinformation forestier et pastoral9 ; iv) mettre en place un systme informatique de planification forestire (SIPF) ; et v) acqurir des quipements et outils (cartes, photos ariennes, logiciels informatiques ) ayant contribu lamlioration des amnagements forestiers et pastoraux.. Un programme de mise jour de linventaire est en cours. Il permettra dapprhender toute volution dans la couverture du sol concernant notamment les forts incendies, les dfrichements, les reboisements et lexploitation forestire.

    2.2 Caractristiques du patrimoine forestier

    2.2.1 Aperu des statuts fonciers10 Ladministration forestire gre plus de 2,793 millions ha de terres, composes de : i) 1,055 millions ha appartenant au domaine de lEtat, dont 287.000 ha de reboisements; ii) 1,691 millions ha de parcours collectifs; iii) 47.000 ha de forts prives, dont 30.000 ha de reboisement. La situation foncire des terrains forestiers et des terres de parcours nest toujours pas apure, loin sen faut. Le processus dimmatriculation du domaine de lEtat est en fait gel depuis longtemps. Selon les donnes disponibles la DGF, la situation foncire du domaine forestier de lEtat (forts domaniales) est dfinie comme suit : i) Terrains dfinitivement immatriculs au profit de lEtat : 532 363 ha ; ii) Terrains en cours dimmatriculation au profit du domaine de lEtat : 188 627 ha ; iii) Terrains dont les demandes dimmatriculation ont t rejetes : 204 746 ha.

    2.2.2 Le patrimoine forestier global Daprs les statistiques de lIFPN 51,8% de la superficie forestire totale est considre comme productive. Les maquis et garrigue couvrent 33,8% de la surface forestire totale tandis que les tranchs pare-feu, les pistes et les clairires forestires reprsentent 14,4% de celle-ci. Le tableau 4 dtaille les principales formations vgtales tunisiennes. A lchelle nationale, le taux du couvert vgtal naturel slve 11,6% (partie dsertique et saharienne non comprises). Dans les rgions sahariennes, qui reprsentent la moiti de la superficie concerne par linventaire, le taux du couvert vgtal est infrieur 1%. Il est de 10% dans le centre du pays qui reprsente de la superficie inventorie. Ce taux est suprieur 15% dans le Nord qui reprsente aussi de la superficie inventorie. Un examen plus dtaille de la vgtation donne la rpartition des groupements ci-aprs (tableau 5) : 9 GIS SIFOP. 10 Source: Plan Directeur National de Dveloppement Forestier et Pastoral.

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    Tableau 4: Principaux types de formations vgtales de la Tunisie

    Type de vgtation Superficie (ha) Pourcentage

    Forts 500.826 3,02% Boqueteaux 2.164 0,01% Maquis et garrigues arbors 132.898 0,80% Maquis et garrigues non arbors 194.849 1,18% Total forts 830.737 5,02% Prairies et pelouses 3.687 0,02% Nappes alfatires 743.306 4,49% Autres formations pastorales 3.338.965 20,16% Vgtation des milieux ripicoles 45.788 0,28% Complexe steppe/agriculture 528.055 3,19% Autres formations vgtales 46.228 0,28% Total terrains de parcours 4.706.029 28,42% Autres terrains forestiers 12.974 0,08% Autres terrains 128.006 0,77% Terrains cultivs 4.774.023 28,83% Eaux et zones humides 393.421 2,38% Terrains btis 179.639 1,08% Total gnral 16.561.595 100,00%

    Tableau 5: Principaux groupements et secteurs sylvo-pastoraux de Tunisie:

    Principaux groupements

    Surface(ha) Commentaires Utilisation

    Srie du pin d'Alep 400.000 50% de fort et 50% de garrigues

    Bois, pturage, PFNL, lutte contre rosion

    Srie du chne lige 90.379 60.379 ha de fort et 30.000 ha de maquis

    Lige, PFNL, pturages

    Srie du Thuya de Berbrie

    33.000 forts moyennes et garrigues Bois, Pturage, rosion

    Srie du chne kerms

    10.000 souvent mlangs avec espces introduites

    Pturage, bois, PFNL, fixation de dunes, tourisme

    Srie du chne zen 6.414 En altitude dans la Kroumirie Bois, PFNL, pturages, tourisme Srie du chne vert 5.000 sommets de la Dorsale et du

    Haut Tell Bois, pturage, PFNL, charbon de bois

    Srie du pin maritime 3.930 trs localises (ouest de Tabarka)

    Bois, pturage, PFNL

    Parcours Artrophytum sp.

    869.100 Pturage, PFNL, lutte contre rosion

    Steppes alfa 743.300 Trs dgrads

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    2.2.3 Le patrimoine de forts naturelles Il n'a pas t possible de distinguer dans les donnes de lIFPN entre les forts naturelles et les forts artificielles. Les chiffres donns au tableau 6 concernent lensemble des espces dont les superficies se rpartissent comme suit : Les forts naturelles sont composes essentiellement des espces suivantes : Pin dAlep, Chne lige, Chne zen, Genvrier de Phnicie et Cyprs, Thuya, Chne kerms, Pin maritime, Chne vert etc. Ces espces se trouvent ltat pur ou en mlange avec dautres espces forestires. Les forts de Chne lige, de Chne zen et de pin maritime sont situes dans le nord de la Tunisie (Kroumirie- Mogods). Par contre, les forts de Pin dAlep se trouvent dans le centre et le sud, essentiellement au niveau de la Dorsale et les Hautes Steppes. Les forts rsineuses couvrent 457.000 ha (55% de la superficie forestire). Les feuillus occupent 179.000 ha correspondant (22% de la superficie forestire totale). Les maquis-garrigues couvrent 194.000 ha (23% de la surface forestire totale). Tableau 6: Rpartition des espces forestires en Tunisie. Principales espces Superficies % Principales espces Superficies % Les feuillus 178.986 ha 22 % Les rsineux 456.902 ha 55% Acacias 12.624 ha 7 % Pin dAlep 296.571 ha 65 % Chne lige 45.461 ha 25 % Pin maritime 3.811 ha 1 % Chne zen 6.414 ha 4 % Thuya 21.786 ha 5 % Autre chnes 1.452 ha 1 % Rsineux divers 35.713 ha 8 % Eucalyptus divers 28.360 ha 16 % Mlanges prpondrance feuillue

    29.643 ha 17 % Mlange prpondrance rsineux

    11.186 ha 2 %

    Maquis/garrigues arbors feuillus

    45.064 ha 5 % Maquis/garrigues arbors rsineux

    87.834 ha 19 %

    Maquis et ou garrigues 189.849 ha 23 % Source : IFPN

    2.2.4 Le patrimoine de forts artificielles (plantations forestires) Il est difficile davoir des chiffres fiables sur les reboisements raliss avant 1990. On connat cependant avec quelque prcision les superficies reboises depuis. Avant cette date il ne sagissait le plus souvent que destimations difficiles vrifier en labsence dinventaire et qui se chiffrent 285 000 ha11 de plantations. Les superficies reboises de 1990 2000 ont port sur 123 000 ha (Tableau No 7). Les reboisements intressent des terrains de statuts juridiques diffrents. Il sagit dans la majorit des cas de terrains nus et de dunes littorales et continentales relevant du domaine forestier. Environ 30 000 ha de terres prives ont t reboises dans les annes soixante. On distingue les reboisements de protection et les reboisements de production. Les espces couramment employes sont :

    11 Daprs Mongi Ben MHamed Rapport de la Tunisie . Cinquime cession du comit des forts mditerranennes Sylva Mediterranea Faro (Portugal) 16-20 mars 1992.

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    Eucalyptus camaldulensis ;

    Eucalyptus astringens ;

    Pinus pinea ;

    Pinus pinaster ;

    Acacia spp. Actuellement, une grande importance est accorde lutilisation des espces autochtones suivantes dans leur aire naturelle, do la difficult de diffrenciation entre fort naturelle et fort artificielle:

    Pinus halepensis ; Cupressus sempervirens ;

    Quercus suber. Pour les brise-vent, les principales espces plantes sont Casuarina, Cyprs, Tamarix et Peuplier alors que lEucalyptus est utilis pour les plantations routires. Les plantations ralises se rpartiraient par gouvernorat comme indiqu au tableau 7.

    Les incertitudes concernant les chiffres montrent quel point il est urgent de disposer, au-del des donnes de lIFPN, dune valuation priodique consolide des reboisements raliss.

    Tableau 7: Plantations forestires sur domaine forestier par gouvernorat de 1990 2000

    Gouvernorat Superficie ha

    % du total

    Gouvernorat Superficie ha

    % du Total

    Bja 13.701 11,1% Ariana 3.647 3,0% Kairouan 11.565 9,4% Ben Arous 3.055 2,5% Siliana 11.303 9,2% Sousse 2.811 2,3% Jendouba 11.189 9,1% Tataouine 2.708 2,2% Nabeul 8.057 6,5% Mdenine 2.577 2,1% Le Kef 7.295 5,9% Sfax 2.178 1,8% Bizerte 7.218 5,9% Kbili 1.605 1,3% Gafsa 6.971 5,7% Tunis 1.589 1,3% Kasserine 6.858 5,6% Monastir 1.176 1,0% Zaghouan 6.496 5,3% Mahdia 875 0,7% Gabes 5.631 4,6% Tozeur 781 0,6% Sidi Bouzid 3.958 3,2%

    TOTAL 123.240 ha Source: DGF/ DD Ppinires forestires au service des plantations forestires et arbres hors fort Il existe 94 ppinires forestires qui ont produit 51 millions de plants de bonne qualit et despces trs diverses en 1999 selon la rpartition suivante :

    42 % espces forestires ;

    36 % espces pastorales ; 15 % espces pour le brise-vent ;

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    6,5 % espces dornement ;

    0,5 % espces agroforestires. 1-Rhabilitation des ppinires forestires : A compter de 1990, et pour rpondre aux besoins des programmes nationaux dembellissement des villes et de cration despaces verts, il a t dcid de spcialiser certaines ppinires rgionales des gouvernorats ctiers et touristiques, dans la production exclusive de plants dornement. Il a t par ailleurs convenu que 5% de la capacit de production des autres ppinires forestires seraient rservs la production despces ornementales. Ainsi, la production de cette catgorie de plants a progress de 60.000 plants en 1990 3,37 millions en 1999. Dans le cadre dune plus grande diversification de plants produits en ppinire, la catgorie despces usages multiples (agro-forestires) a t fortement dveloppe partir de 1995, avec la mise en production de lolivier, le figuier, le caroubier et le noyer. Paralllement cela, un effort consquent a t fourni afin damliorer les techniques de production de plants en ppinire forestire. Cest ainsi que la production de plants hors-sol a t adapte avec succs au contexte tunisien. Base sur un conteneur rigide sans fond qui vite la formation de chignon, un substrat base de compost forestier12, un systme dirrigation et de fertilisation programmable, ainsi quun dispositif dombrage, cette technique permet la production de plants sains, faciles transporter et disposant de systmes racinaires quilibrs et bien mycorhizs (pour les pins). Cette technique a t applique au niveau de 9 ppinires forestires dune capacit de production d1 million de plants chacune. Il est prvu mettre en uvre cette technique de production de plants au niveau de 1/3 des ppinires forestires du pays. 2- Les nouvelles orientations en matire de ppinires forestires: Afin de satisfaire les besoins de la nouvelle stratgie de reboisement, 70 millions de plants devront tre produits annuellement selon la ventilation suivante:

    24 millions de plants forestiers pour reboiser 15 000 Ha ;

    22 millions de plants pastoraux pour planter 22 000 Ha ; 9 millions de plants pour faire les regarnis ;

    5 millions de plants ornementaux ;

    10 millions de plants dalignement et de brise vent. Pour atteindre ces objectifs, il est ncessaire de :

    Augmenter la production de plants dornement ;

    Choisir les espces appropries et prometteuses pour les reboisements de production ;

    Lcher 30% des ppinires prsentant des difficults et dont lutilisation est irrationnelle.

    Contribution lextension du patrimoine forestier national Les dfrichements se sont acclrs depuis les annes 1920 du fait de: la mcanisation de l'agriculture coloniale en plaine, du cantonnement des paysans dans les zones marginales et

    12 50% dcorces broyes de pin pignon ou pin dAlep, et 50% de bois pulvris dAcacia cyanophylla.

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    les milieux arides, de laccroissement dmographique fulgurant qui a entran une pression accrue sur les massifs sylvo-pastoraux. La sdentarisation des populations paysannes par la distribution de terres collectives a acclr ces processus de dgradation en fixant une exploitation prcdemment sporadique. Les massifs forestiers ont rgress de 1.100.000 ha 690.500 ha entre 1920 et 1964. La nappe alfatire passait durant la mme priode, de 1.800.000 743.000 ha. Cette tendance est contenue actuellement grce aux efforts consentis en termes de reboisement et dveloppement des ressources naturelles. Les donnes sur le bilan plantation-perte sont rares. Seul le rapport national tabli loccasion de la Fte Nationale de lArbre (8 Novembre 1998) prsente le bilan suivant :Les pertes durant la saison 1997-1998 sont estimes 1490 ha dont:

    Incendies : 1 280 ha Dfrichements : 200 ha Changement de vocation (dutilisation des terres) : 10 ha

    Les plantations effectues durant la mme saison sont de lordre de 31 513 ha, dont :

    Plantations forestires : 14 539 ha Plantations pastorales : 16 974 ha

    Soit un bilan positif de lordre de 30 000 ha.

    2.2.5 Le patrimoine des arbres hors-forts Dfinitions relatives la notion de patrimoine darbres hors forts La dfinition propose par la FAO pour les arbres hors-forts (AHF) est la suivante : Arbres et arbustes (forestires et non forestires) sur des terres nappartenant pas la catgorie des forts et autres terres boises. Comprenant (non exclusif) :

    Arbres sur des terres ayant les caractristiques des forts et autres terres boises mais : ? Dont la superficie est infrieure 0,5 ha ; ? Dont les arbres sont capables datteindre une hauteur dau moins 5 m maturit in

    situ mais o le niveau de matriel sur pied est infrieur 5% ; ? Dont les arbres natteignent pas 5 m maturit in situ mais o le niveau de matriel

    sur pied est infrieur 10% ; ? Arbre dans des rideaux-abris et ripisylves de moins de 20 m de large et couvrent une

    superficie de 0,5 ha ou moins.

    Arbres dissmins dans des prairies et des pturages permanents ;

    Cultures arbores permanentes, vergers et prs-vergers comme les arbres fruitiers industriels, les cocotiers, les palmiers dattiers ;

    Arbres des systmes arbors agroforestiers comme le caf, la cacao, les arbres des jardins de case ;

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    Arbres des environnements urbains et autour des infrastructures, comme les parcs et les jardins, autour des btiments et en bordure des rues, des routes, des cours deau et de canaux.

    Selon cette dfinition, les arbres hors fort sont localiss sur les autres terres , cest dire sur les terres agricoles, les terres bties, les terres dnudes et les terres nues. Les arbres hors fort constituent les systmes agroforestiers, les vergers, les bosquets de faible superficie ; ils se trouvent dans les prairies, les espaces pastoraux et les exploitations agricoles o ils sont dissmins le long des rivires, des canaux et des routes ou dans les villes, les jardins et les parcs. Fonctions, importance et enjeux des AHF Tous les arbres ont potentiellement plusieurs usages. Dans le cas des arbres hors-forts et du fait dun emplacement assez souvent privilgi et accessible, ces potentialits sont davantage mises profit. Arbres hors-forts et arbres usages multiples recouvrent souvent la mme ralit. Les utilisations nombreuses de cette ressource induisent une importance socioconomique indniable et laissent supposer un enjeu environnemental de premier plan. Les arbres hors fort font partie de la vie quotidienne de tout un chacun, elles constituent : un moyen de subsistance et une scurit alimentaire pour certains paysans, une source de production (bois, fourrage, fruit, usage mdical et aromatique), de service (abri, ombre, barrire), de protection (eaux, sols, cultures), de refuge pour la faune, damlioration de lenvironnement rural et paysager. Un mme arbre remplit souvent plusieurs de ces fonctions et il est rare quune espce soit entretenue pour un seul usage ou un seul produit. Notion darbres hors fort dans le contexte tunisien Par rfrence la dfinition de la FAO, certaines observations doivent tre formules dans ltude de cas de la Tunisie :

    a. LIFPN a identifi les peuplements forestiers et pastoraux dont la superficie minimale est de 0,5 ha.

    b. Les arbres en bordure des routes et les brise-vent ne sont pas inventoris dans lIFPN, les chiffres prsents ont pour origine des enqutes ralises par les dpartements concerns ;

    c. Ltude de la stratgie damnagement rural na pas pris en considration les arbres hors forts ;

    d. En Tunisie, larboriculture fruitire (tableau 8) couvre environ 2 millions dhectares, dont 1,5 millions ha dolivier, 14 000 ha dagrumes ; 320 000 ha damandier, 23 334 ha de palmier dattier et 42 500 ha de pchers. Si on comptabilise toute cette superficie avec le taux de couverture forestire du pays, la Tunisie nest plus un PFCF ;

    e. Plusieurs dpartements ministriels soccupent des arbres hors fort (agriculture, environnement, quipement, intrieur). Dans chaque dpartement une multitude doprateurs existe. Les principales municipalits (communes) disposent dun service des espaces verts.

    f. Un important nombre darbres hors- forts est inclus dans le taux de couverture forestire du pays : Plantations pastorales, plantations de CES et darbres ripisylves ;

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    g. La notion de plantations rurales est trs ancienne dans le pays, elle englobe les bosquets dombrage ou ceux situs en zone non cultive ;

    h. Au Sud, les paysages englobent plusieurs plantations en bande : la bande routire (cinq ranges dEucalyptus de part et dautre de la route Gafsa-Tunis sur 20 Km) et les bandes qui dlimitent les terroirs des grandes familles ;

    i. Si lon tient compte des arbres dissmins dans les pturages, une grande partie de la steppe est inclure dans le patrimoine des arbres hors forts ;

    j. Labsence dinventaire particulier des arbres hors fort, la confusion et les problmes de dfinition, la mconnaissance de leur rle, de leur production et leur importance conomique en fait une ressource cache qui mrite dtre dbattue au cours de latelier qui doit conclure les prsentes tudes de cas.

    Tableau 8: Arbres fruitiers en Tunisie (1996)

    Espces Superficie ha

    Production en Tonnes

    Espces Superficie ha

    Production en Tonnes

    Agrumes 14 000 210 000 Oliviers 1 476 000 109 000 Amandiers 320 000 52 000 Poiriers 19 000 36 000 Abricotiers 19 000 27 000 Pistachiers 50 000 900 Dattiers 23 334 74 000 Nfliers 500 3 600 Pchers 42 500 66 000 Grenadiers 15 000 50 000

    Pruniers 10 622 11 500 Cognassiers 986 2 600

    Figuiers 31 000 30 000 Cerisiers 1 506 3 000 Pommiers 29 000 61 000

    -

    Total 2 052 448 739 600Source : MEAT/ 1996 Au vu de ce qui prcde, une dfinition prcise des arbres hors fort dans le contexte tunisien, reste difficile tablir. Larboriculture fruitire est mal accepte pour y tre inclue. Lessentiel du patrimoine darbre hors fort en Tunisie est constitu par les plantations urbaines et priurbaines, les brises vents, les arbres usage multiple (agroforesterie), les plantations pastorales, les plantations non fruitires de CES, les plantations routires et les formations vgtales des milieux ripisylves. Vu la complexit de la notion darbres hors-forts et les rpercussions que cela implique au niveau de leur amnagement, mais aussi vu leur potentiel et leur importance, il serait souhaitable dajouter lordre du jour des ateliers de Nairobi et de Thran, la question des arbres hors- forts. Foresterie urbaine et pri-urbaine Lveil de la population urbaine la protection de lenvironnement et, dans une plus large mesure, au got de la nature a favoris lintrt croissant des gens sentourer de vgtaux dans leur voisinage immdiat (villes, villages, quartiers, rues et routes, villas), en particulier darbres. Les arbres et les vgtaux dornement ( lintrieur et lextrieur des habitations) participent par ailleurs la valeur montaire de la proprit sur laquelle ils sont situs. Tous ces facteurs

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    ont contribu au dveloppement dune foresterie urbaine en Tunisie. Autour de la capitale Tunis, un projet de ceinture verte a t initi depuis le dbut des annes 80. Le MEAT a engag compter de 1992 un programme national de reboisement urbain, en collaboration avec les partenaires. Le suivi et lvaluation sont raliss par le MEAT. Le Ministre de lIntrieur intervient par le biais de la Direction Gnrale des Collectivits Publiques et Locales, des Communes et des Comits de Quartiers. Le MdA intervient par le biais de la DGF qui fourni les plants, lexpertise technique ainsi que la main duvre. Les composantes du Programme se prsentent ainsi :

    Programme National de suivi du reboisement et de cration despaces verts : Mis en place ds 1992, il a pour objet le suivi des diffrentes oprations de plantations et de cration despaces verts en milieu urbain. Les enqutes effectues dans ce cadre indiquent que la moyenne nationale despaces verts a volu de 4,4 m2/habitant en 1994, 10 m2/habitant en 2001;

    Programme National des boulevards de lenvironnement : Dmonstratif, ce programme vise instaurer un modle damnagement par plantation, clairage et de plantation de rues, davenues et de boulevards ;

    Programme National des parcs urbains : Ce programme initi en 1996 prvoit lamnagement de 100 parcs en 10 ans ;

    Programme National des itinraires verts : Elabor en 1995, il vise lembellissement de lentre des villes ainsi que lamlioration de la qualit des routes reliant les aroports aux grands axes touristiques ;

    Programme National des esplanades : Dmarr en 1996 et ralis 80%13, il vise lamnagement de 20 esplanades le long des ctes;

    Programme National des chanes vertes : Vise le reboisement dautoroutes par le biais du volontariat des jeunes ;

    Programme National des arbres centenaires : Lanc en 1993, ce programme vise prserver les arbres centenaires du pays, considrs comme patrimoine national sur les plan historique, biologique et cologique. La stratgie du secteur repose sur : i) le renforcement des capacits de production de plants dornement ; ii) le dveloppement de lenseignement de la floriculture et de larchitecture paysagiste; iii) le recrutement par les municipalits de personnel technique comptent ; iv) la cration ou le dveloppement dun service de reboisement au sein des section techniques des municipalits ; v) la sensibilisation des populations et leur participation aux travaux ; vi) linstauration de systmes de protection des plantations ; et vii) le dveloppement de moyens dincitation et dencouragement.

    Les plantations en brise-vent Jusquen 1998, les brise-vents totalisaient 11.952 km. Les ralisations particulires des deux campagnes 98/99 et 99/2000 sont de lordre de 5.000 km, soit un total de 16 952 km en 2000 qui ne couvrent cependant que 12,5% seulement des besoins des primtres irrigus. La stratgie quinquennale vise atteindre 20% la fin du 10me Plan -2006. (Source : Direction Gnrale de la Production Vgtale, Unit de suivi-valuation des primtres irrigus, rapport non publi, dcembre 2000). 13 En 1997, date de la parution du Rapport National intitul : LEtat de lEnvironnement 1997.

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    Les plantations agroforestires Ces plantations sont relativement rcentes ; elles couvrent de faibles superficies et intressent les zones montagneuses et les clairires forestires. Les espces dintrt identifies sont les noyer, pistachier, pacanier, noisetier, caroubier, cprier etc. en plus des espces traditionnelles fruitires locales telles lolivier, lamandier, le figuier etc. Le 10me Plan prvoit un programme de 25. 000 ha de plantations agroforestires, y compris les plantations chez les privs. Les plantations pastorales Les plantations pastorales couvrent une superficie totale de 208.000 ha, dont 91.000 ha en forts et 117.000 hors-forts. Elles sont composes essentiellement dAcacia spp. Atriplex spp. et Medicago arborea. Ces plantations sont comptabilises dans le taux de boisement du pays. Les plantations de cactus Elles ne sont pas incluses dans le taux de boisement du pays. Elles couvrent 198 000 ha dont 82.000 ha dans les forts et 116.000 hors-forts. Le cactus est gnralement plant entre les arbres forestiers, en ligne dans les terrains cultivs et pour la consolidation des ouvrages et des amnagements de CES. Au centre et au Sud du pays, les cactus constituent aussi des haies vives pour la dlimitations des parcelles agricoles et les habitats traditionnels, notamment les Jnnes dans le Gouvernorat de Sfax. (Source : Stratgie Nationale de Dveloppement et dAmlioration des Exploitation Pastorales, MdA, document en Arabe, mars 2000). Plantations de consolidation de CES La stratgie 1990-2000 de CES prvoit entre autres lamnagement de 600.000 ha de bassins versants par des ouvrages (banquettes, cordons, seuils) consolids par des plantations agro-pastorales et fruitires sur 230.000 ha.. Les ralisations jusquen 2001 sont de lordre de 224.265 ha, essentiellement des plantations pastorales et de cactus (70%) et fruitires (30%). Les plantations pastorales de CES, sont comptabilises dans les ralisations au paragraphe prcdent. Plantations routires Les donnes sur les plantations routires sont rares. Les ralisations en matire de plantation routire et brise-vent sont de lordre de 16.000 ha. Un atelier spcifique y a t consacr en 1992 et une commission nationale des plantations routires a t cre en 1993. Un cahier des charges techniques relatif linstallation, lentretien et lexploitation des plantations routires a t formul. Sagissant du domaine public routier de lEtat, toutes les plantations de bord de routes sont soumises au rgime forestier de lEtat ; elles sont exploites par autorisation et selon les conditions techniques de la DGF. La rvision de lIFPN devrait fournir des statistiques sur ces plantations. Format