esope fables 1

Download Esope fables 1

Post on 08-Aug-2015

34 views

Category:

Documents

1 download

Embed Size (px)

TRANSCRIPT

  1. 1. sope FABLES Tome I Illustres par Arthur Rackham ditiondugroupeEbookslibresetgratuits
  2. 2. TABLE DES MATIRES PROPOS DE CETTE DITION LECTRONIQUE
  3. 3. 3 propos dsope (VIIe VIe sicles avant J.-C.) On le considre comme le pre de la fable. Mais a-t-il vraiment exist ? Rien nest sr, mais quimporte ! (Il est convenu dsormais de parler plutt de textes sopiques que de fables dsope). Ses fables constituent une somme de la sagesse populaire des Grecs. Elles inspireront en- suite Phdre Rome, puis les conteurs arabes. Les fables dsope ont t compiles et publies au XIVe sicle, par Pla- nude, un moine byzantin. Isaac Nicolas de Nivelet avait publi en 1610 une version dsope en latin, et cette traduction avait t rdite en 1660. La Fontaine la srement lue. La lgende disait sope laid et boiteux.
  4. 4. 4 Fables dsope Illustres par ARTHUR RACKHAM Tome I
  5. 5. 5 Dun Coq et dune Pierre prcieuse. Un Coq en grattant un fumier, y trouva par hasard une Pierre prcieuse ; il la considra pendant quelque temps, et dit avec une espce de mpris : De quoi me peut servir une chose si belle et si brillante ? Elle serait bien mieux entre les mains dun Lapidaire qui en connatrait le prix, et lusage quil en faut faire. Mais pour moi qui nen puis retirer aucune utilit, je pr- frerais un seul grain dorge toutes les Pierres prcieuses du monde.
  6. 6. 6 Dun Loup et dun Agneau. Un Loup buvant la source dune fontaine, aperut un Agneau qui buvait au bas du ruisseau ; il laborda tout en colre, et lui fit des reproches de ce quil avait troubl son eau. LAgneau, pour sexcuser, lui reprsenta quil buvait au-dessous de lui, et que leau ne pouvait remonter vers sa source. Le Loup redoublant sa rage, dit lAgneau quil y avait plus de six mois quil tenait de lui de mauvais discours. Je ntais pas encore n, rpliqua lAgneau. Il faut donc, repartit le Loup, que ce soit ton pre ou ta mre. Et sans apporter dautres raisons, il se jeta sur lAgneau et le dvora, pour le punir (disait-il) de la mauvaise volont et de la haine de ses parents.
  7. 7. 7 Du Rat et de la Grenouille. Dans le temps que la guerre tait allume entre les Gre- nouilles et les Rats, une Grenouille fit un Rat prisonnier, et lui promit de le traiter favorablement. Elle le chargea sur son dos pour faire le trajet dune rivire quelle tait oblige de passer pour rejoindre sa troupe. Mais cette perfide se voyant au milieu du trajet, fit tous ses efforts pour secouer le Rat et pour le noyer. Il se tint toujours si bien attach la Grenouille, quelle ne put jamais sen dfaire. Un oiseau de proie les voyant se dbattre de la sorte, vint tout coup fondre dessus, et les enleva pour en faire sa proie.
  8. 8. 8 Du Cerf et de la Brebis. Un Cerf accusa une Brebis devant un Loup, lui redeman- dant un muid de froment. Elle ne lui devait rien. Cependant le Loup la condamna payer ce que le Cerf lui demandait ; elle promit de satisfaire et dexcuter la sentence au jour marqu. Quand le temps du paiement fut chu, le Cerf en avertit la Bre- bis. Elle protesta contre la sentence, et dit quelle ne payerait pas, ajoutant que si elle avait promis quelque chose, ce ntait que par la seule crainte du Loup son ennemi dclar, et quelle ntait nullement oblige de payer ce quelle ne devait pas, puis- quelle ne lavait promis que par force.
  9. 9. 9 Du Chien et de son Image. Un Chien traversant une rivire sur une planche, tenait dans sa gueule un morceau de chair, que la lumire du Soleil fit paratre plus gros dans leau, comme cest lordinaire. Son avidi- t le poussa vouloir prendre ce quil voyait, et il lcha ce quil portait, pour courir aprs cette ombre. Cest ainsi que sa gour- mandise fut trompe, et il apprit ses dpens quil vaut mieux conserver ce que lon possde, que de courir aprs ce quon na pas.
  10. 10. 10 Du Lion allant la chasse avec dautres btes. Un Lion, un ne et un Renard tant alls de compagnie la chasse, prirent un Cerf et plusieurs autres btes. Le Lion ordon- na lne de partager le butin ; il fit les parts entirement ga- les, et laissa aux autres la libert de choisir. Le Lion indign de cette galit, se jeta sur lne et le mit en pices. Ensuite il sadressa au Renard, et lui dit de faire un autre partage ; mais le Renard mit tout dun ct, ne se rservant quune trs petite portion. Qui vous a appris, lui demanda le Lion, faire un partage avec tant de sagesse ? Cest la funeste aventure de lne, lui rpondit le Renard.
  11. 11. 11 Du Loup et de la Grue. Un Loup stant enfonc par hasard un os dans la gorge, promit une rcompense la Grue, si elle voulait avec son bec retirer cet os, dont il se sentait incommod. Aprs quelle lui eut rendu ce bon office, elle lui demanda le salaire dont ils taient convenus. Mais le Loup avec un rire moqueur et grinant les dents : Contentez-vous, lui dit-il, davoir retir votre tte saine et sauve de la gueule du Loup, et de navoir pas prouv vos dpens combien ses dents sont aigus.
  12. 12. 12 Le Laboureur et le Serpent. Un Laboureur trouva dans la neige une Couleuvre transie de froid ; il lemporta dans son logis et la mit auprs du feu. Mais quand elle se sentit rchauffe, et quelle eut repris ses for- ces, elle se mit rpandre son venin par toute la maison. Le La- boureur irrit dune ingratitude si noire, lui fit de grands repro- ches, et ajoutant leffet aux menaces, il prit une cogne pour couper en mille morceaux le Serpent ingrat qui rendait le mal pour le bien, et qui voulait ter la vie son bienfaiteur.
  13. 13. 13 Du Sanglier et de lne. Un ne ayant rencontr par hasard un Sanglier, se mit se moquer de lui et linsulter ; mais le Sanglier frmissant de courroux et grinant les dents, eut dabord envie de le dchirer et de le mettre en pices. Ensuite faisant aussitt rflexion quun misrable ne ntait pas digne de sa colre et de sa ven- geance : Malheureux, lui dit-il, je te punirais svrement de ton audace, si tu en valais la peine ; mais tu nes pas digne de ma vengeance. Ta lchet te met couvert de mes coups, et te sauve la vie. Aprs lui avoir fait ces reproches, il le laissa aller.
  14. 14. 14 Dun Rat de Ville, et dun Rat de Village. Un Rat de Ville alla un jour faire visite un Rat de campa- gne de ses amis, qui lui donna un repas frugal compos de raci- nes et de noisettes. Aprs le repas, le Rat de Ville prit cong de son hte, qui lui promit de laller voir son tour. On le rgala magnifiquement de confitures et de fromages ; mais le repas fut souvent interrompu par les valets de la maison, qui allaient et qui venaient de tous cts, et qui causrent de mortelles alarmes au Rat de Village ; de sorte que saisi de crainte, il dit au Rat de Ville quil prfrait un repas frugal fait en repos et en libert, et la pauvret du Village, la magnificence des Villes, et une abondance pleine dinquitudes et de dangers.
  15. 15. 15 De lAigle et de la Corneille. Un Aigle voulant manger une hutre, ne pouvait trouver moyen, ni par force, ni par adresse, de larracher de son caille. La Corneille lui conseilla de slancer au plus haut de lair, et de laisser tomber lhutre sur des pierres pour la rompre. LAigle suivit ce conseil. La Corneille qui tait demeure en bas pour en attendre lissue, voyant quil avait russi, se jeta avidement sur le poisson quelle avala, ne laissant lAigle que les cailles pour le prix de sa crdulit.
  16. 16. 16 De lAigle et du Renard. Une Aigle et un Renard ayant fait socit ensemble, convinrent, pour serrer plus troitement les noeuds de leur ami- ti, de demeurer lun auprs de lautre. LAigle choisit un arbre fort lev pour y faire son nid. Le Renard se creusa une tanire au pied de larbre, et il y mit ses petits. tant un jour sorti pour aller leur chercher la proie, lAigle presse de la faim vint fondre sur les petits du Renard, dont elle fit faire cure ses Aiglons. Le Renard tant de retour, et voyant la perfidie de sa voisine, fut moins attrist du malheur de ses petits, que du dsespoir dtre hors dtat den tirer vengeance, parce quil ne pouvait slever dans lair pour poursuivre son ennemie. Se tenant donc lcart, il donnait lAigle mille imprcations, ne pouvant se venger au- trement de sa perfidie. Peu de temps aprs, quelques-uns im- molrent une chvre, quils firent brler dans un champ voisin. LAigle vint fondre dessus, et enleva une partie de la victime quelle porta dans son nid, avec quelques charbons ardents qui y mirent le feu. Le vent venant souffler avec imptuosit, les aiglons qui navaient point encore de plumes, tombrent au pied de larbre. Le Renard y accourut, et les dvora tous la vue de lAigle.
  17. 17. 17 Du Corbeau et du Renard. Un Corbeau stait perch sur un arbre, pour manger un fromage quil tenait en son bec. Un Renard qui laperut, fut tent de lui enlever cette proie. Pour y russir et pour amuser le Corbeau, il commena le louer de la beaut de son plumage. Le Renard voyant que le Corbeau prenait got ses louanges : Cest grand dommage, poursuivit-il, que votre chant ne r- ponde pas tant de rares qualits que vous avez. Le Corbeau voulant persuader au Renard que son chant ntait pas dsa- grable, se mit chanter, et laissa tomber le fromage quil avait au bec. Cest ce que le Renard attendait. Il sen saisit inconti- nent, et le mangea aux yeux du Corbeau, qui demeura tout hon- teux de sa sottise, et de stre laiss sduire par les fausses louanges du Renard.
  18. 18. 18 Le Lion cass de vieillesse. Le Lion dans sa jeunesse abusant insolemment de sa force, et de lascendant quil avait sur les autres animaux, se fit plu- sieurs ennemis. Quand ils le virent us et affaibli par les annes, ils rsolurent de concert de tirer vengeance de ses cruauts, et de lui rendre la pareille. Le Sanglier le meurtrissait avec ses d- fenses ; le Taureau lattaquait avec ses cornes. Mais laffront le plus sensible au Lion, tait les coups de pied que lne, le plus vil et le plus mprisable de ses ennemis, lui donnait en linsul- tant.
  19. 19. 19