Lettre d'information de la veille scientifique et ...veille-et- ?· Cellule Veille scientifique et technologique…

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<ul><li><p> Cellule Veille scientifique et technologique http://www.inrp.fr/vst</p><p>la lettre dinformation n 22 novembre 2006 </p><p>vous abonnerconsulter la lettre en ligne</p><p>Les parents et lcole Les recherches ont abord les relations parents-cole de multiples faons. Certaines sefforcent didentifier les styles dducation familiale les plus favorables la russite scolaire et se posent mme la question dduquer les parents. Dautres sattachent plutt aux relations entre lcole et la maison, en soulignant combien le dialogue parents-enseignants peut tre contrari par de nombreux dcalages mais en montrant aussi que des partenariats plus fructueux peuvent tre expriments. Des programmes insti-tutionnels en ce sens sont dvelopps par plusieurs gouvernements. La participation collective des pa-rents dans lcole est aussi parfois scrute comme facteur dencouragement une implication plus citoyenne , non sans tensions quand les parents pntrent dans le domaine implicitement rserv aux professionnels. Si lon parle facilement de parentocratie dans certains pays, lexpression est peut-tre encore trop forte pour la France. Pour autant, des analyses constatent que les stratgies de choix et dvitement des parents sont dj constitutives de quasi-marchs scolaires dans de nombreuses rgions et agglomrations, o loffre scolaire devient lun des critres prpondrants de certaines catgories so-ciales pour choisir leur lieu de rsidence ! </p><p>Nous vous proposons ici un aperu de ces diffrentes approches partir de quelques rsultats des recher-ches franaises et internationales rcentes. </p><p>Le rle des parents dans la russite scolaire | Du parent usager au parent partenaire de l'cole | Stratgies parentales et marchs scolaires | Bibliographie</p><p>Avertissements au lecteur : </p><p> la plupart des liens renvoient vers les fiches correspondantes de notre base bibliographique collaborative, qui comprennent les rfrences compltes et, le cas chant, des accs aux articles cits (en accs libre ou en accs payant, selon les cas et selon les abonnements lectroniques souscrits par votre institution) ; </p><p> sauf indication contraire, toutes les traductions comprises dans cette Lettre ont t ralises par les rdac-teurs ; </p><p> vous pouvez faire part de vos ractions cette Lettre, suggrer des pistes complmentaires ou demander des prcisions, en laissant un commentaire sous larticle correspondant dans notre blog : crans de veille en ducation . </p><p>Les relations entre les parents et lcole nont pas cess dtre un questionnement pour tous les acteurs ducatifs. Histori-quement, lcole et la famille sont deux espaces aux frontires marques entre instruction et ducation. Au fil des annes, on est pass dune cole sanctuaire du savoir une cole ouverte - par choix ou par obligation - sur la socit. Cest ainsi que les familles viennent en aide aux enseignants de maternelle, cooprent sur certaines activits au primaire et simpliquent dans des rles consultatifs au secondaire. Mais ltroite imbrication de lcole dans la socit a galement modifi les attentes des diffrents partenaires face un objectif commun : la russite du dveloppement de lenfant et de llve. </p><p>Le rle des parents dans la russite scolaire </p><p> L'ide que l'implication des familles est ncessaire pour que les enfants russissent l'cole parat aller de soi aujourd'hui. Elle n'aurait pas t admise dans les annes 30 o, quelles que soient les difficults de l'enfant, le rle de l'cole tait d'ap-porter les connaissances de base tous les enfants de la Rpublique (Durning, 2006). Ainsi que le rappelle Paul Durning, la contribution des parents la part scolaire de lducation fait dsormais partie des ides consensuelles. De nombreuses tudes ont mis en lumire depuis les annes 60 combien le contexte social et culturel dorigine, mais aussi les valeurs et les actions spcifiques des familles vis--vis de lducation, peuvent faciliter ou contrarier les performances scolaires. </p><p>Un domaine de recherche, qui dpasse la sphre scolaire, sest dailleurs dvelopp autour de lducation familiale ds la fin des annes 60 dans les pays anglo-saxons et vingt ans plus tard dans lespace francophone. Les lecteurs intresss pourront se reporter la gnalogie quen retrace P. Durning (in Beillerot &amp; Mosconi, 2006). </p><p>Quelles pratiques familiales efficaces ? </p><p>Un dossier spcial Pratiques ducatives familiales et scolarisation de la Revue franaise de pdagogie, paru en 2005, a t consacr aux manires dont les parents duquent leur enfant au domicile et leurs rpercussions lcole. Son introduction prsente les grandes orientations de recherche en la matire (Bergonnier-Dupuy, 2005) en prcisant lobjet, savoir l'analyse des styles ducatifs familiaux, l'analyse de l'accompagnement parental la scolarit et, pour les plus jeu-</p><p> Lettre dinformation de la VST, n 22 novembre 2006 </p><p> 1 </p><p>http://www.inrp.fr/vsthttp://www.inrp.fr/vst/http://www.inrp.fr/vst/LettreVST/novembre2006.htmhttp://wikindx.inrp.fr/biblio_vst/index.php?action=listKeywordProcess&amp;id=173http://www.inrp.fr/blogs/vst/index.php/2006/10/30/relations_parents_ecolehttp://wikindx.inrp.fr/biblio_vst/index.php?action=resourceView&amp;id=1661http://wikindx.inrp.fr/biblio_vst/index.php?action=resourceView&amp;id=2038http://wikindx.inrp.fr/biblio_vst/index.php?action=resourceView&amp;id=1680</p></li><li><p>nes, l'tude des pratiques ducatives et des interactions parents-enfant lies l'apprentissage (rsolution de problmes, interactions langagires, pratiques de lecturisation). En fait, la question pose est la suivante : qu'est-ce qui, en fonction de l'ge de l'enfant, dans la socialisation et l'ducation familiales, de faon directe ou indirecte, favorise la russite et l'intgration scolaire ou, au contraire, est susceptible d'entra-ner des problmes d'adaptation ? Les rsultats de recherches provenant des diffrents champs sont relativement cohrents entre eux et mettent en avant les avantages d'une ducation familiale base sur l'autonomisation et l'panouissement de l'enfant. La combinaison de la disponibilit affective et de l'encouragement l'autonomie a toujours un effet favorable sur les comportements de l'enfant et sur ses rsultats aux valuations, notamment l'cole. </p><p>Est-ce le cas dans tous les milieux sociaux ? L'hypothse a t teste selon laquelle l'influence de l'ducation familiale sur les performances scolaires ne serait non seulement pas indpendante du milieu socioculturel, mais qu'en outre les mmes styles d'ducation familiale n'auraient pas les mmes effets ou la mme importance selon qu'ils caractrisent l'ducation familiale dans les milieux populaires ou non populaires (Tazouti, Flieller &amp; Vrignaud, 2005). Il se pourrait que les performances scolaires des enfants de milieux populaires soient dabord dpendantes de linfluence spcifique de lcole alors que celles des enfants de milieux favoriss seraient plus influences par leur ducation familiale. </p><p>Une revue de littrature pour le compte du ministre anglais de lducation (Desforges &amp; Abouchaar) notait en 2003 quil existe de nombreuses et solides recherches sur les relations entre la russite des lves et la participation spontane des parents l'ducation de leurs enfants. </p><p>Au vu des recherches analyses, limplication des parents l'ducation a un effet significatif sur le comportement et la rus-site des enfants, mme quand l'influence d'autres facteurs tels que l'origine sociale ou la taille de la famille a t neutralise. Ceci dit, l'engagement des parents est fortement corrl l'origine sociale des parents (la participation crot avec la position sociale). </p><p>Parmi les exemples de signes d'engagement ou dimplication des parents, le rapport relevait : un suivi efficace la maison des enfants en ge pr-scolaire, en terme de scurit, de stimulation intellectuelle et de prise </p><p>de confiance en soi ; lentretien d'un modle familial d'aspirations l'ducation et de valeurs citoyennes (visites de muses, frquentation de </p><p>bibliothques...) ; des rendez-vous avec les enseignants pour comprendre les rgles de l'cole ainsi que les procdures, les programmes, les </p><p>devoirs et les valuations ; des participations aux manifestations de l'cole ; des coups de mains l'cole et aides diverses (encadrement de sorties, etc.) ; la participation au management et la gestion de l'cole. </p><p> Les valeurs positives des parents envers l'ducation et leur intrt pour l'cole sont intgrs par les enfants et participent leur motivation, mme si la force de cette influence dcrot avec l'ge et le niveau scolaire. Autre enseignement majeur de ltude : l'engagement des parents la maison est largement plus efficace que leur engagement dans l'cole, et les variations de rsultats en fonction de lengagement des parents sont plus impor-tantes que les variations dues aux caractristiques de ltablissement scolaire. </p><p>Des expriences </p><p>Sachant que les attitudes parentales observes oscillent entre rsignation, dlgation, ambivalence et partenariat, des cher-cheurs du Service de la recherche en ducation de Genve ont men des observations qualitatives (enqutes, entretiens). Au-del des observations et des premiers lments de rponse comme mieux communiquer, crer du lien social, mieux r-partir les rles, ils ont tent de dterminer ce que lcole devait faire pour aider les familles ayant un enfant en difficult (ai-der, valoriser, soutenir). Ils ont estim ncessaire daller au-del dun simple problme de relation famille-cole et denvisager la question de manire plus globale, du point de vue du capital social et de son rle dans la carrire scolaire dun enfant (Favre, Jaeggi &amp; Osiek, 2004 et 2003). </p><p>Il apparat clairement que lquipe ducative a un rle moteur dans tout processus coopratif avec les parents. Elle se doit dinitier cette coopration, de sinvestir au-del du temps normalement d et surtout de jouer un rle social vis vis des familles en retrait. </p><p>Lors des Rencontres de la Fondation de France, en 2004, les 22 expriences en cole primaire prsentes ont montr que lenfant reste le principal bnficiaire du climat de confiance qui peut sinstaurer. Cest une forme de rconciliation qui en-trane des changements de comportement de llve : moins dabsentisme, plus de respect, dattention, de dsir dapprendre. Llve trouve une cohrence pdagogique devant des attentes similaires. Mme si la russite scolaire nest pas toujours garantie au final, la coopration parents-enseignants a pour le moins permis plus de prvention et un meilleur quilibre pour lenfant. Les moyens mis en uvre peuvent tre assez divers : des initiatives ponctuelles, comme des activits familiales se rapportant lcole, la co-ducation, ou lintervention des parents dans lcole, tout passe par une plus grande communication (Fondation de France, 2004). </p><p>M. Millet et D. Thin invoquent le capital scolaire pour chercher comprendre les parcours de rupture scolaire. Plus le capital scolaire des membres familiaux est lev, plus les ressources informationnelles et cognitives mobilisables dans le cadre de la scolarit auront des chances dtre en adquation avec les exigences scolaires et donc, inversement, plus pro-fond sera le sentiment dabandon, de relgation qui alimentera le processus de rupture (Millet &amp; Thin, 2005). </p><p>Dans son dernier livre chec scolaire : travailler avec les familles, D. Verba sest plus particulirement intress au lieu de focalisation de lchec scolaire : le collge. Il distingue deux types de parents : les parents loigns de linstitution sco-laire, par fuite ou par dsillusion, et les parents impliqus , cooprants ou critiques (Verba, 2006). Son approche resitue les relations parents-cole dans un contexte historique (place de lcole dans la socit, contexte idologique fort, culture scolaire, rle des classes moyennes). La lutte contre lchec scolaire ne doit pas tre un parcours de combattants mais doit passer par des lieux dchanges constructifs, bass sur une confiance mutuelle, au-del de stigmatisations et dans un respect mutuel plus constructif. Ces espaces de dialogues sont relier avec la notion de communaut, prsente plus loin. </p><p> Lettre dinformation de la VST, n 22 novembre 2006 </p><p> 2 </p><p>http://wikindx.inrp.fr/biblio_vst/index.php?action=resourceView&amp;id=1679http://wikindx.inrp.fr/biblio_vst/index.php?action=resourceView&amp;id=1727http://wikindx.inrp.fr/biblio_vst/index.php?action=resourceView&amp;id=1750http://wikindx.inrp.fr/biblio_vst/index.php?action=resourceView&amp;id=1751http://wikindx.inrp.fr/biblio_vst/index.php?action=resourceView&amp;id=1733http://wikindx.inrp.fr/biblio_vst/index.php?action=resourceView&amp;id=1638http://wikindx.inrp.fr/biblio_vst/index.php?action=resourceView&amp;id=1639</p></li><li><p>duquer les parents : une affaire de comptence parentale ? </p><p>Comme il est gnralement constat, la participation des familles lducation scolaire ne va pas de soi. Pour quil y ait impli-cation des parents dans les apprentissages, il est ncessaire -mais non suffisant- quil y ait motivation. Pour R. Deslandes et R. Bertrand, les parents dcident de participer au suivi scolaire de leur enfant sils ont le sentiment davoir cette comptence. Cest en tout cas ce que les auteurs dduisent de leurs analyses partir dun chantillon de 1 227 lves du primaire. La participation parentale ne peut se faire que sil y a invitation participer de la part des enseignants, puis comprhension du rle parental (Deslandes &amp; Bertrand, 2004). Les rsultats montrent que si l'objectif consiste influencer directement les rsultats scolaires et les apprentissages, l'cole et les enseignants doivent intervenir en priorit sur les sentiments de comptence parentale. Les parents sont motivs participer s'ils croient que leurs interventions feront une diffrence quant la russite et aux apprentissages de l'enfant. Ce qui suppose aussi qu'on leur explique les programmes et les dmarches d'apprentissage, par-fois trs diffrentes de celles qu'ils ont connues comme lves ! En outre, les enseignants ne doivent pas seulement donner de l'information, mais penser des activits qui permettront aux parents d'changer avec les enseignants et avec d'autres parents, et de vivre des expriences positives (apporter une aide qui se traduit concrtement et visiblement dans la progres-sion de lenfant). </p><p>J.M. Miron aborde ce problme dans un article de la revue Recherche et formation. La comptence parentale peut tre dfinie comme une combinaison de savoir, de savoir-faire et de savoir-tre, adapte aux situations rencontres par les parents. Or, il y a une sorte de maltraitance des institutions et de la socit envers les familles en ce sens que celles-ci vont juger incomp-tents des parents sans prendre en compte les conditions conomiques et sociales qui entravent cette comptence, sans pren-dre en compte les conflits dintrts ou de valeurs entre le mieux tre des enfants et les enjeux politiques ou conomiques. Dautre part, au-del de jugements de valeurs souvent abrupts, les enseignants peuvent usurper cette comptence en dci-dant, au nom de lcole, dun projet pour llve. Allant plus loin, J.-M. Miron pose la question : la construction parentale est-elle possible dans un milieu suspicieux ? . En rponse cette question, des formations parentales sont organises sous forme de groupes de paroles, dchanges et de...</p></li></ul>

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